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L’empreinte de Donato Bramante à Milan, inventeur de la vraie architecture

Par Jill Bordellay | Publié le 29/12/2021 à 17:42 | Mis à jour le 29/12/2021 à 18:00
Photo : La coupole de Santa Maria delle Grazie (Milan)
coupole de l'église Santa maria delle grazie

L’architecte Bramante a largement influencé le développement de la Renaissance lombarde. Visite guidée et historique de ces plus grands chefs-d’œuvre.

 

La ville de Milan doit son nom, Mediolanum (pays du milieu), aux Celtes qui la fondèrent au Vème siècle avant Jésus-Christ. Conquise par les Romains en 222 avant JC, elle n’a cessé depuis de jouer un rôle commercial de premier plan et de susciter des convoitises de la France, de l’Empire germanique et de l’Espagne. La ville s’est construite au milieu de la vallée du Pô.
Mais c’est au XVème siècle que le Duché de Milan atteint son apogée culturelle et artistique avec Ludovico Sforza (1494-1499) et que de grands génies tels que Bramante, Léonard de Vinci sont passés par sa cour. En effet, au XVème siècle, le changement de dynastie entre les Visconti et les Sforza marque la transition entre le gothique tardif et le nouveau modèle de la Renaissance humaniste.

Si l’on parle de Donato “Donnino” di Angelo di Pascuccio dit Bramante, c’est essentiellement en tant qu’architecte bien qu’il eût bien d’autres cordes à son arc : peintre, graveur, musicien, poète. Il est né en 1444 à Fermignano près de la Cité d’Urbino dans l’actuelle région des Marches et mort en 1514 à Rome.  Formé à Urbino, qui était l’un des principaux pôles de la culture italienne du XVème siècle ; Bramante est d’abord actif à Milan, influençant le développement de la Renaissance lombarde, puis à Rome où il réalisa le projet de la basilique Saint Pierre et les jardins du Vatican.
C’est à Milan que le Maître développe une prestigieuse école artistique, laquelle grâce au mécénat de Ludovic le More, peut se confronter avec des maîtres d’autres villes de l’Italie.

 

la tribune de l'église santa maria delle grazie à Milan
La tribune de Bramante (Santa Maria delle Grazie à Milan) @Carlo Dell'Orto | Wikimedia commons


Bramante, inventeur de la bonne lumière

En tant qu’architecte, il est la personnalité la plus importante de son époque, considéré comme l’inventeur de la bonne lumière et de la vraie architecture.
Son premier séjour à Milan date de 1478. Ses premières commandes en tant qu’architecte datent de 1479 alors qu’il est au service de Ludovic Sforza. Il donne à l’église de Santa Maria delle Grazie son élégante coupole, sa tribune et son cloître en même temps que Léonard de Vinci peint la fresque de la Cène dans le réfectoire.

Bramante s’installe à Milan en tant que peintre et y reste jusqu’en 1499 travaillant comme architecte en acquérant la maîtrise de la perspective, comme en témoigne l’impressionnante sacristie en trompe l'oeil de l’église Santa Maria presso San Satiro au cœur de Milan (via Torino). Son bagage culturel appris entre autres auprès de Piero della Francesca lui permet d’exercer une grande influence et une autorité sur la culture lombarde en même temps que celle de Léonard de Vinci présent à Milan depuis 1482 et avec lequel il échange beaucoup.

Entre 1486 et 1487, Bramante peint un cycle de fresques dont il reste des fragments pour la Casa Panigarola aujourd’hui La Pinacothèque de Brera à Milan.

Des œuvres peuvent être admirées : Le Christ à la colonne dans l’abbaye de Chiaravalle et la fresque Argo dans la salle des trésors du Château des Sforza et la fresque d’hommes d’armes plus grands que nature, debout dans des niches et les portraits en buste de Démocrite et Héraclite séparés par un globe dans la maison Gaspare Visconti.

En 1487, Bramante participe comme Léonard de Vinci au concours pour la tour-lanterne de la cathédrale de Milan, il rédige à cette occasion un rapport sur le sujet comme sous le nom d’opinio super Domicilium seu  templum magnum. C’est le seul document d’architecture théorique de Bramante qui soit conservé.

Durant cette période à Milan, Bramante exerce sa passion pour la littérature dans le milieu de la cour du Duc. Il est applaudi et reconnu comme musicien et poète “il était d’une grande faconde en vers”. Il écrit un recueil de 25 sonnets qui traitent de l’amour.

 

sacristie de l'église san satiro
Eglise San Satiro (Milan) @AlbertsFlyStudio | wikimedia commons

 

Milan, laboratoire d'architecture contemporaine

Actuellement Milan transforme sa circonférence et la hauteur de ses constructions. Le chef-lieu lombard représente le laboratoire le plus important de l’architecture contemporaine. Des gratte-ciels toujours plus nombreux caractérisent l’innovation dans sa diversité, à l’instar des deux tours végétalisées nommées Bosco verticale, qui associent à la pierre 700 arbres et 5000 arbustes et végétaux de toutes sortes. A cette prouesse s’érigent d’autres bâtiments aussi importants par la taille comme la Tour Solaria qui s’élève à 143 mètres, mais c’est la tour Unicredit de 231 mètres qui par sa hauteur vertigineuse fait un clin d’œil au Duomo.
Un gigantisme technologique qui aurait sans doute stupéfait les génies de la Renaissance !

 

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Jill Bordellay

Jill Bordellay

Critique d’art pour des revues d’art à Paris, docteur en philosophie et collaboratrice à l’encyclopédie Universalis, elle aussi écrit des essais et des nouvelles sur l’art et la relation entre les humains et les animaux.
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Marie Astrid Roy

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