Après un week-end marqué par des affrontements, saccages et pillages qui ont secoué Milan et d'autres villes italiennes, le gouvernement de Giorgia Meloni répond par un tour de vis sécuritaire.


Au lendemain de deux jours d'émeutes d’une violence inédite à Milan et dans d’autres villes italiennes, survenues en marge de manifestations contre la vie chère – 14 policiers blessés, 271 personnes interpellées, un million d'euros de dégâts à Milan –, la réponse institutionnelle ne s’est pas fait attendre. Le conseil des ministres a signé un décret-loi mardi soir, contenant plusieurs mesures répressives et préventives ciblées à l'encontre des auteurs de violences.
Des « baby gang » dans une guérilla hybride
Ces affrontements marquent un tournant dans la gestion de l'ordre public en Italie. Près de 80 % des personnes interpellées sont mineures, tandis que sur les 32 personnes arrêtées, 23 ont moins de 18 ans, selon le bilan communiqué le 19 octobre. Il s'agit majoritairement de très jeunes – certains sont âgés de seulement onze et douze ans - résidant en périphérie des grandes villes.
Ces casseurs, décrits comme des « voyous opportunistes » par les autorités, ont répondu à des appels à la violence diffusés sur les réseaux sociaux, mais ne prennent part à aucune organisation structurée. D’où la difficulté pour les autorités à anticiper leurs agissements isolés et spontanés.
Des mesures plus strictes visant les mineurs et 500 militaires supplémentaires déployés à Milan
La cheffe du gouvernement a réaffirmé sa « ferme intention » de « garantir la liberté de manifestation », mais aussi son engagement à « réagir immédiatement » pour lutter contre les « comportements délictueux et criminels ».
« 500 militaires supplémentaires arriveront à Milan d'ici la fin de l'année, aux côtés de la police et des carabiniers ; quant à la justice des mineurs, nous lui allouons davantage de magistrats et de places dans les établissements pénitentiaires, afin que la certitude de la peine s'applique également aux jeunes de 16 ans », annonce Giorgia Meloni, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux après l'approbation par le Conseil des ministres, mardi soir.
Un autre volet concerne les jeunes âgés de 14 à 18 ans. Le gouvernement prévoit une présomption de capacité de discernement, modifiant les règles applicables à l’imputabilité pénale des mineurs.
Responsabilité pénale des mineurs
Cette mesure, déjà prévue dans le projet de loi sur la sécurité approuvé par le Conseil des ministres en juillet et actuellement examinée par le Sénat, prend effet immédiat avec le décret du gouvernement. La procédure prévoit également l'extension de la garde à vue aux mineurs pour une durée supérieure à 12 heures, et l'arrestation différée à partir d’images vidéo ou de photographies permettant d’identifier les auteurs présumés de violences et de dégradations, ainsi que l'interdiction de rassemblement pour les personnes jugées dangereuses pour l'ordre public.
En outre, « il existe une infraction distincte », « punie de 4 à 12 ans d'emprisonnement pour toute personne qui, notamment par le biais d'outils informatiques ou télématiques, encourage la formation d'un groupe » en vue de ces « manifestations violentes », a expliqué le ministre de la Justice, Carlo Nordio.
Détention préventive dans les lieux très fréquentés
La détention préventive a ensuite été étendue « aux personnes qui commettent des faits et des actes portant atteinte à l'ordre et à la sécurité publique dans des lieux caractérisés par une affluence importante de personnes », et non plus uniquement, comme cela était déjà prévu, « à l'occasion de manifestations publiques ».
Les parents des mineurs responsables également concernés
Le texte prévoit enfin la possibilité d’infliger aux titulaires de l’autorité parentale une sanction administrative de 500 à 1 000 euros lorsqu’un mineur, y compris non imputable pénalement, participe à certains faits délictueux dans des circonstances visées par le décret. Le montant pourrait être doublé en cas de récidive.
Cette mesure s’inscrit dans la volonté affichée par l’exécutif de responsabiliser les familles face aux violences commises par des jeunes.
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