A l’instar de la France, une grande journée de mobilisation contre la hausse du coût de la vie s’est déroulée ce samedi 17 octobre en Italie. Plusieurs rassemblements ont basculé dans la violence, notamment à Milan, transformée en champ de bataille de nouveau le lendemain.


L'appel à se mobiliser en France ce samedi 17 octobre, largement suivi dans le pays, a inspiré les voisins européens. En Italie, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues contre la hausse du coût de la vie, le prix de l'essence et la pression fiscale, répondant à l'initiative du syndicat CGIL (Confédération générale italienne du travail) et d’une centaine d’associations de la société civile.
Et comme en France, des rassemblements ont basculé dans la violence, particulièrement à Turin, Bologne, Brescia, Bergame et surtout Milan où les émeutes ont repris ce dimanche.
Sur l’ensemble du territoire, 197 personnes ont été interpellées, dont 28 ont été arrêtées, parmi lesquelles 12 mineurs.
Un demi-million de dégâts à Milan
Dans la capitale lombarde – où quelque 5 000 manifestants ont été comptabilisés -, la situation a dégénéré dans la soirée jusque tard dans la nuit, avec des affrontements d’une rare intensité entre émeutiers armés de trottinettes, de poubelles et de bâtons, et forces de l'ordre, des scènes de pillage et d'incendies. Au lendemain du champ de bataille, Piazza Duomo s’est réveillée dans un spectacle de désolation entre les vitrines saccagées, les tables de café renversées et les poubelles brûlées.
Les premières estimations pour la journée de samedi font état d’un demi-million d’euros de dommages causés aux seuls commerces et établissements, d’après Confcommercio Milano, tandis que 40 personnes auraient été hospitalisées et 104 personnes blessées parmi les forces de l'ordre.
Le bilan fait également état de 72 personnes interpellées, dont 17 ont été arrêtées et au moins 22 ont fait l'objet d'une plainte. Parmi les personnes arrêtées, 9 sont mineures.
« Les raisons de la manifestation étaient compréhensibles. Les violences contre les forces de l'ordre et les graves dégâts causés à la ville sont injustifiables. La classe politique peut choisir d'instrumentaliser la situation, dans le but de gagner des voix. Ou bien d'aborder avec sagesse ce moment historique si difficile : j'espère que ce sera ce choix-là qui prévaudra », a réagit le maire de Milan, Giuseppe Sala (Parti démocrate).
Selon les forces de l'ordre, ces centaines de jeunes sont venus de leur propre initiative et sans coordination, depuis les banlieues, la périphérie, mais aussi d'autres départements. Ils auraient répondu à l’appel du réseau de militants « Italia in Piazza » lancé principalement sur Tik Tok la veille au soir.
De nouvelles violences à Milan
[actualisé] Après les affrontements de samedi, Milan a connu de nouveaux moments de violence dès le lendemain après-midi, dimanche 18 octobre. Quelque mille jeunes encagoulés (selon le Corriere della Sera) a renversé des poubelles, saccagés des terrasses, et brisé les vitrines des magasins à l'aide de tables et de chaises entre piazza Duomo et les colonnes de San Lorenzo.
La présidente du Conseil, Giorgia Meloni, a convoqué pour ce lundi une réunion d’urgence consacrée aux questions d'ordre public.
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