Giorgia Meloni a fait adopter sa réforme de la loi électorale ce jeudi, pourtant très décriée par les partis d’opposition. La Première ministre promet qu'elle offrira davantage de stabilité au pays.


Les députés italiens ont approuvé, jeudi 8 octobre, une réforme de la loi électorale. Il s’agit de la cinquième depuis le début des années 1990. Le texte, qui avait déjà été approuvé par le Sénat, a été voté largement par la Chambre des députés – mais sur fond de querelles politiques - par 227 voix, tandis que 164 s’y sont opposées. La cheffe du gouvernement avait donné un enjeu important à ce vote, déclarant à sa coalition au pouvoir qu’elle démissionnerait si la réforme échouait. Or, peu de parlementaires désiraient se retrouver si tôt devant les électeurs.
La nouvelle loi change profondément les règles du système électoral. Actuellement, ce dernier prévoit un scrutin majoritaire uninominal et une répartition proportionnelle. La nouvelle loi garantit une majorité parlementaire à toute alliance recueillant plus de 42 % des voix, grâce à l’attribution de 70 sièges supplémentaires à la Chambre des députés, et de 35 au Sénat. Si atteindre ce seuil ne serait aisé ni pour la droite ni pour la gauche, le gouvernement affirme que cette nouvelle loi, baptisée « Stabilicum », apportera davantage de stabilité politique à l’Italie.
L’exécutif italien soutient également que la nouvelle loi bénéficierait aux électeurs en obligeant les partis ou les coalitions à définir leur programme de gouvernement et à désigner leur candidat au poste de premier ministre en amont des élections.
Une tâche qui pourrait s’avérer difficile pour l’opposition de gauche aujourd’hui. Les sondages actuels indiquent qu'une gauche unie pourrait franchir le seuil des 42 %, mais elle reste profondément divisée sur sa stratégie, son programme et le choix du leader de la coalition.
« Une entrave à la démocratie »
La nouvelle loi est « un dispositif alambiqué, conçu uniquement pour trouver une formule permettant d’obtenir un avantage aux prochaines élections », a estimé auprès de l’AFP Giuseppe Conte, ancien premier ministre et dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S). Les partis de l’opposition dénoncent à l’unisson une entrave à la démocratie.
« Cette loi devrait s'appeler le 'Melonellum' car elle tord les règles démocratiques pour servir les intérêts de Giorgia Meloni et sa coalition », a fustigé Riccardo Ricciardi, chef de groupe du M5S à la chambre des députés.
De possibles élections anticipées en 2027
La nouvelle loi ne tardera pas à être appliquée. L'actuelle législature arrive à son terme en septembre 2027, mais Giorgia Meloni pourrait décider d’organiser des élections anticipées dès le printemps prochain. Les partis d’opposition entendent bien contester la nouvelle loi électorale devant les tribunaux d’ici-là.
Giorgia Meloni a battu le mois dernier le record de longévité au Palazzo Chigi. Si la cheffe du gouvernement bénéficie encore aujourd’hui d’une forte popularité, elle est toutefois défiée par le parti de la droite ultra-radicale Futuro nazionale, dirigé par l'ex-général Roberto Vannacci, qui pourrait jouer un rôle dans la dispersion des électeurs de droite.
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