

Plus de 1.500 personnes ont répondu présentes hier à l'appel au rassemblement lancé par Milan Accueil, l'association des Français de Milan, soutenu par le Consulat général en hommage aux 17 victimes de l'attaque à Paris ce 7 janvier 2015, contre la rédaction du journal satirique de Charlie Hebdo. Français, Italiens, Somaliens, Albanais, chrétiens, juifs, musulmans, athées, de droite et de gauche, ils sont venus manifester. La rédaction a tenu à rendre hommage aux victimes mais aussi à celles et ceux, qui, crayon à la main, continueront à porter ces valeurs de liberté demain.

Annie Rea, présidente de Milan Accueil et Olivier Brochet, Consul général de France à Milan brandissent leur crayon pour la Liberté
C'est sous les applaudissements d'une foule impatiente qu'Annie Rea, présidente de l'association Milan Accueil a remercié la présence de tous Les Charlie de Milan. Peu après 15h, alors que dans plusieurs villes de France, s'élançaient des milliers de personnes dans des marches de solidarité, que des rassemblements fleurissaient dans le monde entier, portant en symbole un crayon de couleur ou une affichette pour exprimer leur attachement à la liberté, qu'elle exprimait "le besoin, la nécessité, des Français de Milan de se regrouper pour rendre hommage aux 17 victimes tombées dans les journées de violence contre Charlie Hebdo".
Olivier Brochet, Consul général de France à Milan, a parlé d'une "communion avec les millions de nos compatriotes descendus dans les rues de France pour des marches républicaines" avant de citer une à une les victimes, sans oublier les journalistes et les dessinateurs de presse tués chaque année. Un rassemblement placé sous le signe de la sobriété, de la mémoire et des "valeurs universelles que les assassins veulent nier : la liberté, l'égalité, la fraternité" a-t-il ajouté. "En proclamant "Je suis Charlie" nous ne disons pas que nous adhérons à tout ce qu'écrivait et à ce que continuera d'écrire, nous l'espérons Charlie Hebdo. Mais nous disons avec force que nous voulons que les Charlie du monde entier, quels qu'ils soient puissent exister, créer librement, nous faire rire, nous choquer, nous critiquer, nous provoquer." car "Sans la liberté d'expression, la tyrannie menace".
Après avoir respecté une minute de silence et chanté la Marseillaise en brandissant hauts les crayons, symboles de liberté, les drapeaux du Consulat en berne depuis 3 jours ont de nouveau soufflé au vent ; et les participants se sont libérés avec des mots, des dessins, mais toujours crayon à la main.
Un rassemblement contre le racisme et l'antisémitisme, qui s'est tenu dans le respect et dans l'expression la plus intime que la rédaction a souhaité immortaliser.
Émeline, en Italie depuis 2007, mariée à un italien et vivant à Crema
"J'avais envie de montrer l'unité des Français. Trop de sentiments me sont venus en tête ces derniers jours : je suis passée de l'horreur à la colère, à la peur mais je me dis qu'il ne faut pas avoir peur justement. Je pense aux enfants et aux générations futures et c'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui. Un grande pensée pour les enseignants qui ont du expliquer ce geste à leurs élèves. Il faut qu'on parle d'amour, de paix et de tolérance."
René, habite Novara. Il vit en Italie depuis 51 ans
"Je me devais d'être là. Je suis venu porter les valeurs de la République et défendre la Liberté. Je suis venu montrer aux terroristes que nous n'avons pas peur."
Isabelle F.
"Il y aurait tellement à dire…en tant que Français, on a tous été touchés. Peut-être plus que les autres. La Liberté, c'est le fondement de la démocratie. C'est notre existence même. Et la France, c'est le pays de la Liberté."
Franck et Stéphanie, avec leurs 2 enfants
"Nous sommes ici aujourd'hui pour expliquer à nos enfants ce qui vient de se passer. On habite en Italie depuis 10 ans, et il était important pour nous de venir faire un acte de fraternité pour la Civilisation, et éviter les amalgames et les discriminations."
Zoé (CM1): "Ces gens ont dit qu'ils sont venus tuer pour leur Dieu, mais Dieu ne leur a rien demandé. Je suis désolée pour les journalistes et les dessinateurs alors que leur seule arme était un crayon."
Bastien (maternelle) : "Je suis triste parce qu'ils ont tué le chef" (NDLR : allusion à Charb.)
Marie, depuis 5 ans en Italie. Elle habite la Brianza
"Je suis venue honorer les morts. Depuis 3 jours, je suis sous le choc. Ma première réaction a été la peur. Mais elle s'est vite transformée en colère. Je suis pour une liberté d'expression totale. Et cet acte me laisse sans voix. La réunion des 50 chefs d'État à Paris est une très belle image."
Sept Italiens de 21 ans, dont une franco-italienne
"C'était un devoir pour nous de venir aujourd'hui." "Nous sommes là pour défendre la Liberté." "Surtout pour rendre hommage aux victimes." "Nous sommes arrivés à un tel niveau culturel que nous sommes obligés de défendre la Liberté sans censure." "Je ne suis pas forcément d'accord avec toutes les caricatures que j'ai vu publiées, mais je suis là pour dire qu'elles ont droit d'exister." "La présence de Renzi ? Per fortuna !"
Jean Jacques "Comme Rousseau" dit-il. Est en Italie depuis 10 ans
"Je suis Sénégalais. Je suis venu défendre l'Humain peu importent les couleurs et les religions. Ce qui s'est passé, c'est une attaque qui a visé tout le monde, pas seulement les journalistes, pas que les Français, mais tout le monde ! Je suis venu défendre une certaine idée du vivre ensemble car au Sénégal, catholiques et musulmans ont toujours vécu en harmonie."
Massimo U.
"Je suis venu en signe de solidarité avec la France, avec le peuple français. Pour les hommes qui veulent la liberté. Je regrette beaucoup ce qui se passe."
Patricia L.
"Je voudrais apporter un témoignage d'amitié. Il faut arrêter d'être silencieux, parce que l'on considère que Paris est loin. Les informations m'ont touchée, mais ce qui m'a également touchée, c'est que dans ma petite entreprise personne n'en a parlé. La terreur je ne l'accepte pas".
Jean-Marc S.
"Je suis en Italie pour le travail. Je suis venu en signe de solidarité pour ne pas accepter. Lorsque je l'ai appris, je suis resté collé devant la télévision. J'espère que ça ne se reproduira plus. Je suis lecteur de Charlie Hebdo quand je suis en France. Il ne faut pas que ça s'arrête."
Marilou R.
"J'ai pris conscience que la devise "liberté, égalité, fraternité" a pris son sens ces jours-ci. C'était comme quelque chose de figé, qui prend désormais toute sa dimension. Ca m'a énormément touchée. On ne peut pas rester chez soi. C'est quelque chose de très grave, inouï. J'ai la sensation, je crains que ce ne soit qu'un commencement. Il faut que ce soit une démonstration de force aujourd'hui, que ce soit un poids dans un équilibre aussi précaire."
Alessandra est italienne. Elle travaille dans le groupe GDF Suez
"Je suis venue pour témoigner. J'appelle à un esprit d'amour, de liberté, de fraternité", la larme à l'œil.
Carolina C.
"Je suis très préoccupée. C'est un problème gigantesque. Je crois que ce qui c'est passé peut nous faire réfléchir, sur la liberté d'expression notamment et de la presse, qui n'existe pas en Italie."
Elisabeth B.
"Je suis venue pour mener un acte citoyen pour la Liberté. Je suis restée scotchée sur la télévision et sur la radio française. Ce n'est plus possible. Il va falloir prendre des mesures radicales. On ne peut pas continuer comme ça. Ces gens sont Français."
Michel D. et Quentin M.
"Nous travaillons ici et nous avons appris par les médias. On se sentait éloignés, alors on a tenu à être ici pour montrer notre cohésion. Aujourd'hui, je ne pense pas qu'aux récents attentats, mais aussi à Hervé Gourdel, qui avait perdu la vie en septembre, par exemple."
Nicole Q.
"Je suis venue car je suis voltairienne, car la France puis l'Europe se sont octroyées toutes les libertés. C'est extrêmement important de vivre libre. On doit tolérer que certains aient une religion, on doit tolérer que d'autres n'en ait pas. On ne peut pas massacrer au nom de Dieu. C'est à la fois très douloureux, très navrant, très angoissant. Il y a toujours moins de liberté d'expression, au nom du politiquement correct. C'est très grave. C'est une erreur qu'il faut rectifier."
Marie A et sa fille Pénélope en 6ème vivent en Suisse
"Nous sommes francophones, et nous sommes très proches de la France et de sa culture. J'ai deux enfants qui vivent en France. Je suis venue en solidarité. Ce n'est pas seulement quelque chose de français, c'est quelque chose d'universel. Je suis venue avec ma fille partager cette émotion. J'étais à l'étranger quand je l'ai appris la nouvelle par l'un de mes enfants à Paris. C'était extrêmement émouvant et triste. Mais il n'y a pas de désespoir."
Toni et Martine A.
"Je suis italien, je suis français, je suis allemand, je suis espagnol, je suis européen. Je n'ai pas peur. Je suis triste, désolé, mais je n'ai pas peur. Je suis désolé pour ce journal, fâché, en colère, anéanti. Ils pensent qu'ils nous ont terrorisé. Ils nous ont indignés."
Francesca Z.
"Je suis venue aujourd'hui car cette attaque est une attaque contre l'Europe. Je suis Italienne. Je suis Européenne. Mais c'est aussi une attaque aussi contre la Liberté. Et la Liberté, ils ne peuvent pas nous l'enlever comme ça. Certaines personnes cherchent à ce que d'autres ne puissent pas s'exprimer. Ils ont aussi menacé l'Italie. Ce n'est pas une situation tranquille."
Martine est Française calédonienne. Adriano est Italien. Installés depuis 18 ans en Italie, ils sont venus accompagnés de leur fille Giulia
"Nous sommes présents car nous ne voulons pas laisser passer un tel acte. Plusieurs sentiments ce sont mélangés ces derniers jours. La peur d'abord, qui s'est ensuite transformée en courage. Nous avons demandé à notre autre fille qui vit à Paris de nous acheter 5 exemplaires du Charlie Hebdo qui sortira mercredi."
John F.
"Je suis Français. Je suis de la génération de Cabu. Et c'est atroce que Cabu et Wolinski n'existent plus. Difficile à croire. Je ne suis pas contre les musulmans. Aujourd'hui ce qui choque, c'est la destruction matérielle ; le nombre. Là il s'agit de Cabu et de Wolinski. J'ai passé 3 jours à regarder France 24 en anglais. Ce rassemblement, c'est un rassemblement au nom des valeurs républicaines."
Yves G.
"Wolinski, c'est comme un ami d'enfance. Cavana avant lui. J'ai connu Hara Kiri. Ces trois jours ? Un cauchemar. Qu'est ce qui va se passer maintenant ?"
Sylvain R.
"Mobilisation. Union de la France. J'ai ressenti un profond mal-être."
Emiliano AM.
"J'ai eu un sentiment d'anxiété, surtout en voyant la mort du policier. Cet événement a été dévastant. Vendredi, je suis allé à la moquée pour mon travail. Et le discours était que ce n'est pas cela l'Islam. En Italie on est un peu loin de la réalité. La presse instrumentalise. J'ai l'impression qu'en France, la presse est plus libre."
Anne Catherine P.
"Cette prise de conscience de citoyen est fondamentale. Je suis venue surtout pour les enfants. Pour qu'ils reçoivent des valeurs de solidarité, de vie paisible, toute communauté incluse."
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Une journée de mobilisation lancée par Milan Accueil et rendue possible grâce aux associations françaises présentes à Milan et en Lombardie : L'association des parents d'élèves du Lycée Français Stendhal - L'association des Anciens Elèves du Lycée Français Stendhal - La Communauté Française de Milan et de Lombardie - La Société française de bienfaisance - L'ADFE - L'UFE; mais aussi toutes les institutions françaises qui ont largement adhéré et contribué à cette initiative : Le Lycée Français Stendhal - L'Institut Français Milano - La Chambre Française de Commerce et d'Industrie - Atout France – Ubifrance - Les Conseillers du Commerce Extérieur – L'Agence Française pour les Investissements internationaux - Les élus de l'Assemblée des Français de l'Etranger et les Conseillers Consulaires; ainsi que toutes les initiatives privées françaises et italiennes, de toute nationalité, dont lepetitjournal.com. |
La rédaction (www.lepetitjournal.com de Milan) - lundi 12 janvier 2015
Crédits photo : AB/SH/TD pour lepetitjournal.com
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