Renault ou l'image du "Made in France". Philippe Dauger, directeur Italie, revient sur les difficultés et les points forts de la marque sur un marché de l'automobile très concurrentiel. Rencontre
Au niveau du secteur automobile, quelles sont les spécificités du marché italien ?
L'Italien est très différent des clients européens. En Italie, deux choses sont très importantes : l'effet de mode et le design. Si un produit sort avec un design attrayant, voire différenciant, le produit connaîtra un succès très fort. C'est le cas par exemple de la Mégane berline, de la Smart ou de la mini. La force du "made in France"est très variable d'un secteur d'activité à l'autre. En mode, cuisine ou parfum, ce peut être un avantage. Dans l'automobile pas forcément car nous n'avons pas l'image haut de gamme d'une marque allemande. Nous nous retrouvons donc en concurrence directe avec Fiat, leader sur le marché italien. Ce peut être un avantage quand Fiat était en perte de vitesse il y a trois ans. Ca ne l'est pas aujourd'hui, où Fiat est en nette progression.
L'Association européenne des constructeurs automobiles a annoncé une augmentation de 7,5% des ventes de voitures entre janvier et août 2007 par rapport à 2006. Gian Primo Quagliano, le Directeur du centre d'étude du marché automobile (Centro Studi Promotor) annonce un recul des ventes en septembre mais reste confiant pour les résultats 2007. Comment vous situez-vous ?
Renault représente environ 6% du marché italien. Fiat se taille la part du roi, suivi de Ford et d'Opel. On trouve ensuite dans un mouchoir de poche Toyota, Volkswagen, Renault, etc.
2005 et 2006 ont été des années difficiles, à cause notamment de l'absence de sorties de nouveaux modèles. L'année 2007 marque la première étape du redémarrage en Italie. Je devrais terminer l'année en ayant vendu 10.000 voitures de plus par rapport à 2006. Nous avons un plan produit d'une richesse exceptionnelle avec le lancement de trois nouveaux modèles : la Twingo, la Laguna et la Clio break. En 2008, nous lancerons pratiquement un nouveau produit par mois. Nous avons des objectifs clairs énoncés dans le Renault contrat 2009. En 2009, Renault vendra dans le monde 800.000 voitures de plus par rapport à 2005 et nous serons dans le top 3 de la qualité. Après deux années difficiles, nous sommes donc enthousiastes.
Quels sont les points forts de Renault sur le marché italien ?
En Italie, notre identité est développée sur trois concepts : la fiabilité, la proximité et l'enthousiasme. Nos modèles sont perçus comme fiables, des voitures sur lesquelles on peut compter. Notre objectif est par exemple d'être dans le Top 3 qualité en 2009. Nous soignons par ailleurs notre réseau après-vente. Renault est une marque sur laquelle on peut compter. Nous voulons ensuite être ressentis comme proche de nos acheteurs. La Renault est une voiture à vivre, un véhicule présent dans chacun des moments importants de notre vie. Nous développons en parallèle des modèles qui tiennent compte des préoccupations écologiques de nos clients. C'est la raison pour laquelle un très grand nombre de nos modèles respectent le label ECO2. Enfin, nous souhaitons être perçue comme enthousiastes en innovant sur certains segments du marché (Twingo, Espace, …) ou en passionnant collaborateurs et réseau avec nos victoires en Formule 1.
Quelle est votre stratégie pour développer des points de vente en Italie ?
Aujourd'hui en Italie, nous avons 140 concessionnaires et un millier d'agents. C'est une capillarité suffisante. Nous travaillons donc plus sur la qualité du service. Sur ces 140 concessionnaires, quelques-uns sont en dessous de la moyenne. Nous devons les aider à progresser. Pour ceux qui ne remplissent pas les critères qualités, nous serons amenés à les changer. Nous avons mis en place divers plans d'action pour la qualité de service. Si les indicateurs dérapent, le rappel à l'ordre est sonné.
Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) mardi 16 octobre 2007









































