Édition internationale

LIVRE – La Comtesse de Ricotta de Milena Agus

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 mars 2013

Le dernier roman de Milena Agus, La Comtesse de Ricotta est aussi étonnant que délicieux. Elle nous entraîne dans sa Sardaigne d'origine pour nous raconter l'histoire de trois comtesses plus originales les unes que les autres.

Dès les premières pages, on pénètre dans le palais des Comtesses, dont les appartements ont déjà été vendus, à l'exception de trois ; ceux des trois s?urs aux caractères aussi différents que bien trempés. C'est à Cagliari, dans le quartier du Castello que se déroule leur histoire singulière. Tout semble d'abord opposer ces trois s?urs pourtant si proches. L'ambition de l'aînée, Noémie est de reconquérir la richesse et le prestige perdus de la famille. Celle de la benjamine, Maddalena est de procréer ? car un mariage n'est pas heureux sans enfant ?. La cadette, elle, se concentre davantage sur la modestie et l'altruisme.

La Comtesse de Ricotta, c'est le surnom qui lui a été donné par sa gouvernante lorsqu'elle était enfant. On la connaît désormais sous cette appellation à cause de ses maladresses et de ses "mains de Ricotta". Maladroite, elle l'est à un point qu'elle ne finit aucun de ses remplacements en tant qu'institutrice et qu'elle ne peut pas démouler un gâteau sans le démolir! Cette maladresse la rend incapable de garder un homme, même le père de son petit Carlino.

Les trois s?urs, très différentes ont un point commun : leurs histoires d'amour, souvent imparfaites.

Milena Agus nous conte cette histoire de famille avec beaucoup de douceur et d'humour. Alors que la perfection n'est qu'une illusion ? puisqu'on ne la voit que de loin ou de dos ? c'est justement l'imperfection des personnages et leur description laissant grande place à l'imagination, qui rendent la lecture succulente.

On se promène dans ce monde enchanté, guidé par les escaliers de marbre du palais mais également par la lumière et les vents sardes. Dans un quartier où pauvres et riches, intellectuels et ignorants vivent encore dans les mêmes immeubles, où la proximité nous renseigne sur comment ils vivent et ce qu'ils mangent, c'est surtout la convivialité et le partage qu'on en retient. "S'était-il déjà demandé, lui, pourquoi on ne s'y ennuie jamais ? C'est parce que la ville est à la verticale, avec des descentes et des montées, une multitude de points de vues différents, des passages brusques de l'ombre à la lumière, et tellement de variations de couleur selon les vents qu'une vie entière ne suffirait pas à les voir toutes."

Dans ce roman coloré où le présent n'existe pas sans le futur et où le passé est muséifié, les trois comtesses semblent déambuler en dehors du monde, à la recherche d'un bonheur qui semble parfois à portée de main mais qui s'éloigne de nouveau, laissant place à une certaine tristesse que Milena Agus dépeint avec malice et tendresse.

Mais alors que le bonheur apparait et disparait derrière le mur du jardin, tout n'est peut-être pas encore joué pour la Comtesse de Ricotta et ses s?urs?

Milena Agus naît à Gênes de parents sardes en 1959 vit et travaille à Cagliari. Il y a cinq ans à peine, elle était encore inconnue ; il a fallu que son deuxième roman Mal di petre soit traduit en français en 2007 pour qu'elle connaisse le succès en France puis en Italie. Elle est aujourd'hui traduite dans 26 pays.

Audrey Scarbel (Lepetitjournal.com de Milan) ? jeudi 14 mars 2013

La Comtesse de Ricotta, éditions Liana Levi, traduit de l'italien par Françoise Brun, 119 p.
Egalement en italien La Contessa di Ricotta, edizioni Nottetempo.
Du même auteur, chez le même éditeur, Mal de pierres, 2007, Battement d'ailes, 2008, Quand le requin dort, 2010.

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Publié le 14 mars 2013, mis à jour le 14 mars 2013
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