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Wimbledon 2021 : deux ans plus tard, retour en Terre Sainte

Par Maël Narpon | Publié le 01/07/2021 à 15:57 | Mis à jour le 01/07/2021 à 16:33
Photo : Shep McAllister - Unsplash
Le Centre Court de Wimbledon

Nous y voilà. Lundi les meilleures joueuses et meilleurs joueurs de tennis du monde ont lancé les hostilités sur le gazon légendaire de Wimbledon, que beaucoup considèrent comme le temple du tennis. Plus encore que les trois autres tournois du Grand Chelem que sont l’Open d’Australie, Roland-Garros et l’US Open, Wimbledon et son Centre Court jouissent d’un prestige sans pareil.

 

Une balle jaune fusant sur une pelouse impeccable, des sportifs vêtus de blanc de la tête au pied, un public attentif et un protocole bien huilé. Pas de doute, la quinzaine de Wimbledon vient de débuter, accompagnée de son lot de surprises. Après le forfait de la légende espagnole Rafael Nadal, ce fut au tour de Serena Williams, sept fois titrée à Wimbledon, de jeter l’éponge après avoir contracté une blessure à la cuisse lors de son entrée en lice dans le tournoi.

Ces malheureuses nouvelles mises à part, quel bonheur que de retrouver ce tournoi dont l’édition 2020 avait été purement et simplement annulée. Les amateurs de tennis se rappelleront le dernier match joué sur le court central avant l’édition de cette année, celui ayant opposé Roger Federer, détenteur de huit trophées sur ce même gazon (un record absolu), à Novak Djokovic, numéro un mondial et tombeur de nombreux records ces dernières années. Un match légendaire qui s’était terminé au bout du suspense sur la victoire du Serbe, après cinq sets et 4h55 de jeu.

 

Un incontournable de la planète tennis

Comment ne pas profiter de cette occasion en or pour revenir sur la place toute particulière accordée à ce tournoi dans le monde du tennis ? Il y a peu, nous vous parlions du prestigieux tournoi masculin du Queen’s et de tous les grands noms l’ayant disputé. A Wimbledon, à l’inverse, ce ne sont pas seulement les hommes qui peuvent faire montre de leurs talents, il y a bien sûr un tableau féminin. Outre donc les McEnroe, Borg, Sampras ou Edberg, ce sont Billie Jean King, Chris Evert, Steffi Graf, Martina Navratilova, Monica Seles, ou, côté français, Amélie Mauresmo, qui ont écrit l’histoire du tournoi et de leur sport tout au long de leurs carrières respectives.

Depuis sa création en 1877, cet événement a été le théâtre de tant de confrontations mythiques qu’en dresser ici une liste exhaustive relève de l’impossible. Même en ne remontant que jusqu’en 1922 avec la création du Centre Court qui, aujourd’hui encore, reste perçu comme le court le plus prestigieux au monde.

Ceci étant dit, les premières années de vie de ce fameux court central nous donnent envie de crier Cocorico. Assumons donc notre chauvinisme en rappelant que le gazon londonien était à l’époque le jardin des joueurs français, du côté féminin comme du côté masculin. L’illustre Suzanne Lenglen ne laissait que des miettes à ses adversaires tandis que trois des célèbres Quatre Mousquetaires se partageaient les titres six années d’affilée. Ces trois champions répondaient aux noms de René Lacoste, Jean Borotra et Henri Cochet.

 

Une identité reposant fortement sur la tradition

Si Wimbledon dégage une aura plus noble que les autres tournois du Grand Chelem, cela n’est certainement pas dû qu’à son palmarès. Certaines traditions abandonnées depuis longtemps par ses semblables subsistent encore, telle que l’obligation pour les participants de porter une tenue blanche. Aussi, aucune publicité ne peut être affichée pour les sponsors autres que les fournisseurs d’équipements tennistiques sur les différents courts du complexe.

Mais l’élément le plus emblématique est sans aucun doute l’existence d’une loge royale dans les tribunes du Centre Court. Des décennies durant, la coutume voulait que les joueurs s’inclinent devant cette même loge en cas de présence d’un membre de la famille royale. Une tradition aujourd’hui délaissée, excepté si Sa Majesté elle-même a fait le déplacement (ce qui n’est pas arrivé depuis 2010, sa précédente venue remontait à 1977).

La tenue du tournoi marque aussi l’arrivée de l’été, car survenant chaque année à la fin du mois de juin. Une symbolique très bien illustrée par la tradition culinaire du tournoi : les fraises à la crème chantilly. Un mets extrêmement consommé durant toute la quinzaine et d’ailleurs récemment revisité par le traiteur français Sweet & Salted, pour le plaisir de vos papilles. Tout ne relève pas pour autant de la coutume du côté du All England Lawn Tennis and Croquet Club qui s’évertue à rendre son tournoi toujours plus moderne. Là où Roland-Garros ne s’est doté d’un toit rétractable sur son court central qu’en 2020, son pendant britannique en possédait déjà un depuis 2009 et s’en est offert un nouveau sur le Court numéro 1 en 2019.

 

Du plus haut niveau aux joueurs de seconde zone, Wimbledon émerveille

Quel fan de tennis n’a jamais rêvé de jouer sur le Centre Court ? Si, comme moi, vous êtes tombé amoureux de la petite balle jaune, vous savez de quoi il retourne. Dans les lignes qui vont suivre, je vais mettre de côté mon costume journalistique et céder la place au mordu de tennis que je suis.

En tant que modeste joueur de troisième série en France et fan inconditionnel de Roger Federer, je ne connais que trop bien l’importance de Wimbledon aux yeux d’un amateur. Je sais ce qui nous vient à l’esprit à l’évocation de ce nom. Nous avons tous un jour prétendu reproduire la finale d’un Grand Chelem avec nos amis, en jouant un match au meilleur des cinq sets avec une préparation physique plus qu’approximative, et en imaginant une foule en délire à chacun de nos coups de raquette.

Si les amateurs en rêvent, qu’en est-il des professionnels qui ont pu fouler ce gazon mythique ou s’apprêtent à le fouler à nouveau ? Il ne faut pas oublier qu’aussi talentueux soient-ils, ces joueurs et joueuses de tennis ont tous commencé en bas de l’échelle. Leurs rêves étaient et demeurent les mêmes que les nôtres, particulièrement en ce qui concerne Wimbledon.

Même le roi incontesté de la terre battue, Rafael Nadal, avouait dans ses jeunes années rêver de soulever le trophée sur le gazon londonien plus que nulle part ailleurs. Ce qu’il est parvenu à accomplir deux fois au cours de sa carrière, notamment en 2008 au cours d’une partie épique face à Federer, considérée comme l’un des plus grands bras de fer de l’histoire. Son forfait pour l’édition 2021 le forcera cependant à attendre au moins un an avant d’espérer réitérer une telle performance.

En attendant, nous pouvons nous délecter d’un cru 2021 qui promet d’être riche en émotions avec la présence de Novak Djokovic, Roger Federer, et du revenant Andy Murray qui, pour le plus grand plaisir du public britannique, s’est hissé au 3ème tour hier soir.

Pour les petits chanceux ayant réussi à se procurer des tickets, on ne peut que vous souhaiter de profiter au maximum de cette expérience. Faites-nous savoir ce qu’il en était (et invitez-nous la prochaine fois).

 

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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