Entre l’école, les copains et la culture omniprésente de la capitale britannique, l’anglais finit souvent par devenir généralisé dans les familles expatriées. La compréhension du français reste souvent facile mais le passage à l’oral peut devenir un combat au quotidien pour beaucoup. Quand les cours traditionnels ne suffisent plus, des méthodes alternatives, qu'elles soient numériques comme Diluu ou associatives comme le réseau Parapluie FLAM, se mobilisent pour aider les jeunes Londoniens à retrouver le plaisir de parler français.


Entre l'école et la vie londonienne, l'anglais prend souvent le dessus. À chaque fin de journée, le retour à la maison devient souvent un casse-tête pour beaucoup de familles. Pour Violaine, installée en Angleterre depuis 15 ans, c’est le moment où la barrière des langues arrive. ”Si je lui parle en français, elle comprend tout, il n’y a aucun problème. Mais elle va avoir tendance à me répondre systématiquement en anglais”, confie-t-elle à propos de sa fille Rose, 9 ans. Un scénario répandu où l’enfant se trouve dans un environnement anglophone et choisit naturellement la voie la plus simple.
Le défi du bilinguisme à Londres
Pour beaucoup d'enfants expatriés, le français devient une langue passive. Morgane, qui travaille au sein de Diluu, une école en ligne spécialisée pour les familles expatriées, se rend compte de ce phénomène au quotidien. “L'obstacle majeur, c'est l'omniprésence de la culture anglophone, avec les films, les musiques, YouTube... Et surtout, à Londres, ces familles ne sont pas toujours entourées d'une communauté francophone immédiate.”
Sans cet espace d'échange, le français se parle seulement voire très rarement à la maison. Et c'est là que le problème s’installe. Souvent, les couples mixtes ou les foyers très intégrés, finissent par adopter la langue du pays pour faciliter le quotidien. ”On ne connaît pas d'enfants qui parlent français ici”, admet Violaine. Les parents, eux, manquent souvent de temps ou d'outils adaptés et transforment la leçon de français en moment de tension. ”Vous vous rappelez quand vous faisiez les devoirs avec vos parents ? Voilà ! Ce n’est pas possible”, s'amuse Violaine. Passer du rôle de maman à celui de professeur est un exercice périlleux.
“Tant qu'il comprend, on est sur la bonne voie”
C'est là qu'interviennent des structures qui mettent en avant le collectif et l'amusement pour résoudre les problèmes linguistiques. Que ce soit à travers des plateformes en ligne qui regroupent les enfants par niveau comme Diluu, ou via les associations locales du réseau FLAM (Français Langue Maternelle), l'idée est de créer un environnement sécurisant. Pour Sophie Gavrois-Karnavos, présidente du Parapluie FLAM, le but est de structurer cette offre partout au Royaume-Uni. “Notre rôle est de soutenir les structures FLAM partout à travers le pays.” explique la présidente. Sous l'impulsion de l'association, ces groupes permettent aux enfants de pratiquer le français par le théâtre ou le jeu, loin des structures scolaires classiques. “Bien que considérées comme des activités extra-scolaires, la plupart des Petites Écoles FLAM emploient des professeurs qualifiés”, précise-t-elle. Même s’il y a une exigence pédagogique, le but est de mettre les enfants à l’aise. Comme l'explique Morgane, l’objectif est qu’ils voient ”qu'ils peuvent faire des fautes ou avoir un accent sans que ce soit un problème.”
Maintenir le français, est avant tout garder un lien affectif. ”On est français, on parle français, tout simplement” insiste Violaine. C'est le pont vers les grands-parents restés en France et vers une culture qui définit leur identité. Le message de Morgane aux parents qui se sentent coupables est la patience : ”Ne grondez pas votre enfant s'il répond en anglais. Continuez de lui parler français, mettez la télé ou des podcasts en français. Tant qu'il comprend, on est sur la bonne voie.” Une fois que la barrière du devoir change pour laisser place à l’amusement, apprendre la langue devient une partie de plaisir.
Sur le même sujet

























