Lourdeurs administratives : le système de parrainage des réfugiés Ukrainiens patauge

Par Léonie Bayon | Publié le 06/04/2022 à 11:00 | Mis à jour le 06/04/2022 à 11:00
Photo : Daniele Franchi - unsplash
enfant devant une fresque du drapeau ukrainien

Le Royaume-Uni s’est engagé mi-mars à accueillir autant de réfugiés ukrainiens qu’il le pourrait. C’était sans compter la procédure de visa, lente et semée d’embûches.

 

Le gouvernement a mis en place deux procédures distinctes pour répondre à la demande d’asile des réfugiés ukrainiens. L’une repose sur la présence de proches britanniques, l’autre confère aux volontaires de « Homes for Ukraine » le statut de parrain dans une procédure qui s’avère bien plus complexe qu’attendue - et très critiquée.

 

Deux procédures différentes et des titres de séjour inégalement répartis

La procédure est séparée selon deux cas de figures : d’abord, les réfugiés ukrainiens peuvent obtenir facilement un visa s’ils ont de la famille au Royaume-Uni. La procédure fonctionne relativement bien, et plus de 23 000 titres de séjour ont déjà été accordés sur 31 000 demandes.

 

Le second programme concerne ensuite ceux qui n’ont pas d’attache au Royaume-Uni : c’est ici que la procédure se complexifie. Ce programme, reposant sur le parrainage d’un réfugié par un résident britannique, est plus chaotique. Pour preuve, seuls 2 700 visas de parrainage ont été pour l’instant accordés sur plus de 28 000 demandes. C’est presque neuf fois moins que le programme de regroupement familial, bien loin des 200 000 propositions d’hébergement solidaires faites par les foyers britanniques depuis le lancement de la campagne « Homes for Ukraine » le mois dernier.

 

Une procédure longue et compliquée malgré les allégements

Si le nombre de visas obtenus est si peu élevé, c’est que les réfugiés font face à une lourdeur administrative mise en cause depuis le début de la crise humanitaire ukrainienne. Début mars déjà, le gouvernement avait dû revoir sa réponse suite aux critiques de la France, où des milliers d’Ukrainiens étaient bloqués à Calais, en attente de leur visa. La France avait jugée trop peu solidaire la réaction britannique, dont les démarches d’accueil étaient trop peu ouvertes et surtout trop sinueuses pour des personnes en grande situation de crise.

 

Malgré des améliorations, la procédure d’obtention de visa conserve des absurdités techniques : parrains britanniques et réfugiés dans les pays de l’Est de l’Europe doivent remplir de longs questionnaires à distance. Le dossier est ensuite traité sous dix jours selon le gouvernement. En réalité, il ne faut pas moins de trois semaines à la procédure de visa pour aboutir et apporter une réponse aux réfugiés ukrainiens.

 

Une procédure « déshumanisante » pour les Ukrainiens

Mais ce qui interroge le plus, c’est l’incapacité du gouvernement britannique à mettre en contact les volontaires de « Homes for Ukraine » et les réfugiés ukrainiens, qui, sans contact d’un possible parrain britannique, sont laissés dans l’expectative.

 

Depuis le début de l’ouverture du pays aux réfugiés ukrainiens, le gouvernement britannique est largement critiqué à l’international pour ses procédures trop bureaucratiques. La procédure serait même « déshumanisante » selon un témoignage recueilli par BBC News. Beaucoup en sont arrivés à se demander si ces difficultés administratives n’étaient pas un moyen pour le pays d’accueillir moins de réfugiés, malgré la promesse affichée d’un engagement sans limite.

 

En France, quelque 36 000 réfugiés sont arrivés depuis le début de la guerre. Les Ukrainiens peuvent y bénéficier d’une procédure d’entrée très souple, sans visa, comme dans toute l’Union européenne.

 

 

Léonie Bayon journaliste stagiaire à Londres

Léonie Bayon

Etudiante à Sciences Po en stage à la rédaction. Passionnée et aspirante journaliste.
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