La véritable histoire entre Margaret Thatcher et le féminisme

Par Charles Flageul | Publié le 27/11/2020 à 13:33 | Mis à jour le 18/12/2020 à 14:26
Photo : Unknown - Wikimedia Commons
premier ministre Thatcher féminisme

Fille d’un épicier et d’une couturière, Margaret Thatcher commence par étudier la chimie au Somerville College à Oxford mais devient finalement avocate de profession. En 1975, elle est la première femme à diriger d’une main de fer le Parti conservateur britannique. Quatre ans plus tard, après avoir remportée les élections générales, elle exerce la fonction de Premier ministre, une première pour une femme britannique ! Connue sous le nom de la « Dame de Fer », Margaret Thatcher fait partie des figures politiques les plus renommées du Royaume-Uni ! Entre révolution conservatrice et grande fermeté, la Dame de Fer a considérablement marqué la politique britannique de ces dernières années.

Retour sur la montée au pouvoir d’une femme de caractère !

 

Ascension au pouvoir

 

Si le Royaume-Uni est habitué aux souveraines, la fonction de Premier ministre britannique a longtemps été occupée par des hommes. Margaret Thatcher, élue député en 1959, leader du Parti conservateur en 1975 et Première ministre britannique entre 1979 et 1990, apparaît comme une exception dans l’histoire politique du Royaume-Uni. Dans les années 80, la politique britannique était un univers exclusivement masculin, exceptions faites de Barbara Castle ou de Shirley Williams.

L’ascension au pouvoir de « That Bloody Woman » a suscité de nombreux débats houleux au sujet de la masculinité et féminité en politique ! Source d’espoir pour les féministes, la prise de fonction de Margaret Thatcher fut à de nombreuses reprises critiquée. Sa façon autoritaire de gouverner le pays était bien éloignée de l’image classique de la femme de l’époque ; ses ministres issus principalement des grands milieux bourgeois et conventionnels avouaient leur irritation d’être commandés par une femme.

 

Idées et convictions

 

Fidèle à ses valeurs conservatrices et libérales, Margaret Thatcher a mené une politique symbolisée par l'anticommunisme, la promotion de l’atlantisme et d’une Europe libre-échangiste au sein de la Communauté économique européenne.

De plus, sa politique économique a été déterminée par un libéralisme économique traditionnel avec d’importantes vagues de privatisations, une baisse des impôts directs ainsi qu’une maîtrise de l’inflation et du déficit public.

Très fortement critiquées par l’opposition politique, les mesures de Margaret Thatcher ont entraîné, dans les années 90, une augmentation du chômage annuel et un accroissement des inégalités sociales au Royaume-Uni. Durant sa carrière, elle a dû faire face à de nombreux soulèvements et évènements majeurs comme la grève de la faim organisée par l’IRA provisoire, la grève des mineurs en 1984 ainsi que la guerre des Malouines. Mais étant une responsable politique de conviction, elle a toujours réussi à faire preuve d’une fermeté déconcertante dans les moments les plus tendus de sa vie politique. Ce n’est pas pour rien que le journal de l’Armée Rouge, le Red Star, l’a surnommée « la Dame de Fer. »

 

Une antiféministe à la tête du gouvernement

 

En accédant à la fonction prestigieuse de Premier ministre, Margaret Thatcher a-t-elle servi la cause des femmes ?

Barack Obama voit en elle un espoir pour toutes les jeunes filles qui voudraient s’engager en politique : « L’exemple Thatcher est une preuve pour nos filles qu’il n’y a aucun plafond de verre qui ne puisse être brisé. »

Pourtant, Margaret Thatcher, fidèle conservatrice, n’a jamais caché son mépris à l’égard du féminisme : « Je déteste le féminisme, c’est un poison. » Comment est-ce possible ? Une femme à la tête du pouvoir renonce même à travailler avec d'autres collaboratrices :

« Quand elles occupent les postes de haute fonction, elles ont tendance à être trop émotionnelles ! », répond Margaret Thatcher à la reine Élisabeth II dans la série The Crown.

Selon l’écrivaine féministe Beatrix Campbell, Margaret Thatcher n’a jamais encouragé les femmes à la suivre : « Elle a exercé le pouvoir non pas en disant aux femmes vous pouvez être comme moi, mais en disant ‘je suis l’exception’. » En somme, la Dame de Fer n’a jamais cessé de haïr le féminisme en donnant simplement un visage féminin à une société politique intrinsèquement patriarcale.

 

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Charles Flageul - Journaliste Londres

Charles Flageul

Étudiant en Troisième Année à Sciences Po Aix, je me destine au reportage vidéo.
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