La National Portrait Gallery de Londres propose en ce moment une exposition unique au monde sur Lucian Freud, petit-fils du célèbre Sigmund Freud. Surtout, l’exposition révèle une facette méconnue du génie britannique : son obsession pour le dessin et son approche du portrait. Lucian Freud: Drawing into Painting, du 12 février au 4 mai 2026, met en lumière les carnets, esquisses et peintures de l’artiste, offrant au public une immersion inédite dans le processus créatif d’un des plus grands peintres outre-Manche, depuis l’enfance jusqu’à la maturité.


Lucian Freud, figure majeure de l’art figuratif britannique, se révèle sous un jour inédit à la National Portrait Gallery, jusqu’au 4 mai ; l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’un des génies méconnus du public international. Comme le souligne la directrice de l’exposition : “Ce qui rend cette rétrospective si différente, c’est qu’elle se concentre sur son travail sur papier et révèle un Freud que le public n’a jamais vu. Nous avons rassemblé des prêts extraordinaires du monde entier, et beaucoup de ces œuvres n’avaient jamais été exposées.”
Dessins et carnets : le moteur secret de l’art de Lucian Freud
Si Lucian Freud est plutôt connu pour ses portraits impitoyables, Sarah Howgate, co-commissaire et conservatrice principale de la collection contemporaine, explique que : “Beaucoup connaissent Freud peintre, mais moins son rôle de dessinateur. Le dessin a été au cœur de toute sa pratique et offre une clé pour comprendre ses tableaux.”
L’exposition commence donc par ses dessins d'enfance réalisés à Berlin à neuf ans, emportés avec lui par sa mère lors de l’exil en 1933. Ces premiers croquis révèlent déjà un regard précoce sur le corps et le visage humain. Plus tard, au fil de l’exposition, ses croquis, lettres et études préparatoires, conservés dans 48 carnets du Lucian Freud Archive, dévoilent ses obsessions, ses motifs récurrents et ses réflexions intimes, de notes sur les tableaux à des croquis improvisés pour étudier un modèle.

Quand peinture et dessin entrent en dialogue
L’exposition ne se contente pas de montrer des dessins : “elle met en dialogue dessins et peintures pour illustrer comment Freud utilisait le dessin comme outil d’exploration et non simplement comme préparation,” soulignent les curateurs du jour. Certaines œuvres étonnent les spectateurs par leur approche inversée : dans Large Interior, W11 (after Watteau), Freud réalise des dessins après la peinture, comme aide-mémoire pour analyser sa propre œuvre.
À l’entrée, un autoportrait inédit nous décrit sa méthode : Freud commence par le centre du visage, nez et front et laisse le reste presque inachevé, révélant la minutie qui caractérise sa pratique. Comme le rappelle Sarah Howgate : “Ces dessins ne sont pas seulement préparatoires : ils sont essentiels pour comprendre la manière dont Freud observait et comprenait ses sujets.”
Une expérience unique à la National Portrait Gallery
Avec 175 œuvres issues de prêts publics et privés, dont certaines jamais vues, cette exposition offre un panorama complet du travail de Freud. Mais elle permet surtout de découvrir ses gravures, études, esquisses et peintures, tout en comprenant comment le dessin a rythmé et nourri sa carrière. Sarah Howgate affirme d’ailleurs que l’exposition va voyager puisqu’elle est attendue dans quelques mois au Louisiana Museum of Modern Art au Danemark.
Alors si vous vous rendez à la National Portrait Gallery attendez-vous à littéralement pénétrer l’atelier et l’esprit d’un artiste obsédé par l’observation humaine. Le musée a tenu à comprendre ses méthodes, ce qui peut être émouvant, fascinant et quelque part dérangeant, pour quiconque souhaite comprendre l’homme derrière le pinceau et la puissance de son regard !
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