Vendredi 5 mars 2021

Glastonbury annulé, les festivals nous manquent tellement

Par Swali Guillemant | Publié le 22/01/2021 à 16:48 | Mis à jour le 25/01/2021 à 12:59
Photo : Aranxa Esteve - Unsplash
Glastonbury festivals covid-19 france angleterre

Le très connu festival de musique de Glastonbury en Angleterre annule son édition 2021, pour la deuxième année consécutive, à cause de la pandémie qui ravage actuellement l’Angleterre.

 

 

Pas besoin de sortir votre casquette et vos bottes de pluie cette année, le plus grand festival d’Angleterre, Glastonbury, est officiellement annulé. Cette annonce intervient alors que l’un des organisateurs avait déclaré être optimiste grâce à la campagne de vaccination. La mauvaise nouvelle rajoute encore un peu plus de pression sur les comités d’organisation, les festivals demeurant une industrie particulièrement touchée par la Covid-19.

 

Le festival

Le festival de Glastonbury se déroule dans une ferme à Eavis, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Il fut créé en 1970 par les agriculteurs Eavis et Jean, qui se sont inspirés d’un autre festival anglais, le Bath Festival of Blues. Il attire habituellement plus de 200 000 personnes fin juin et constitue l’un des plus célèbres festivals de la musique rock du monde.

L’annonce de son annulation, pour la deuxième fois consécutive est tombée hier, jeudi 21 janvier 2021, sur le compte Twitter du festival :

« C’est avec un grand regret que nous devons annoncer que le festival de Glastonbury n’aura pas lieu cette année. […] Nous sommes désolés de vous décevoir. »

Sa 50e édition aurait dû avoir lieu en 2020 mais sera reportée à 2022 à cause de la pandémie mondiale, à priori avec les mêmes têtes d’affiche, notamment Paul McCartney et d’autres artistes connus tels que Taylor Swift et Kendrick Lamar. En octobre 2019, plus de 135 000 billets (50£ chacun) avaient été vendus en une demi-heure pour l’édition 2020. Comme pour la plupart de ces évènements, les billets obtenus seront valables pour l’année prochaine.

 

La crise des festivals

Comme le démontre le cas de Glastonbury, les festivals doivent se confronter à une crise sans précédent et se retrouvent littéralement au bord du précipice, que ce soit en Angleterre, en France ou partout ailleurs.

Le Royaume-Uni étant le pays le plus durement touché en Europe par le coronavirus, l’industrie musicale souffre énormément des interdictions de rassemblement et des confinements qui s’enchaînent, d’autant que les artistes ne peuvent plus circuler librement des deux côtés de la manche. 

Cependant, bon nombre d’organisateurs persistent dans leur optimisme pour l’été 2021 car la campagne de vaccination se déroule jusqu’à présent comme prévu. Melvin Benn, directeur des festivals Reading and Leeds et Download, a déclaré être enthousiaste pour la fin de l’été, à condition que 50 % à 60 % du public soient vaccinés d’ici la fin de l’été. Melvin Benn n’est pas seul à espérer, les patrons du festival TRNSMT de Glasgow et de celui de l’Île de Wight sont aussi confiants. Gare ceci étant, la crainte est toujours présente, notamment pour les plus petits d’entre eux. Sacha Lord, cofondateur du festival Parklife à Manchester a affirmé que de nombreux évènements pourraient être annulés dès la fin du mois de janvier si le gouvernement n’éclaircissait pas d’urgence ce qui pourrait être possible et de l’aide pour les assurances.

En France, la situation n’est guère plus encourageante. Une étude de France Festival a estimé à 2 640 le nombre de festivals musicaux français annulés seulement entre avril et août 2020 et jusqu’à 5,8 milliards de pertes économiques. Mercredi 20 janvier, les organisateurs du festival de métal Hellfest, se déroulant dans la région de Nantes, ont envoyé une lettre à la Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, afin de déterminer rapidement si leur édition 2021 pourra avoir lieu. De part et d’autre du tunnel sous la manche, les organisateurs de festivals espèrent encore percevoir la lumière au bout de 2021. D’ailleurs, en novembre dernier une tribune intitulée « On sera là en 2021 » fut plébiscitée par les signatures une centaine d’organisateurs français pour donner rendez-vous au public cette année.

 

En manque

Profitons de ce manque exacerbé pour nous rappeler au pourquoi du comment nous adorons tant les festivals et garder espoir.

Le côté humain associé fait si cruellement défaut en ces temps de confinement et isolement. L’aspect presque familial ressenti nous réconforterait tant.

Tous ces inconnus super sympas (les enfants ne faites surtout pas ça !) originaires de différents endroits et différents milieux et avec qui nous nous enthousiasmons de devenir amis pour juste un moment ou même pour la vie. Quand nous chantons si faux, mais que tout le monde s’égosille ensemble, tant et si bien nous devenons convaincus que le public ne chante que d’une seule et même voix. Nous dansons à n’en plus pouvoir collés les uns aux autres malgré la sueur qui perle d’endroits dont nous ignorions jusque là l’existence. Bref, de la chaleur humaine de la vraie. Nous nous égarons dans la foule, prenant toute la mesure de cette goutte d’eau que nous incarnons dans une vague de monde, mais de s’y complaire au possible parce qu’après tout la seule chose qui compte, c’est le moment présent et rien d’autre.

Nous serions prêts à tout donner pour goûter à nouveau aux plaisirs partagés en plein air avec des milliers d’autres personnes. Même les détails dont nous n’étions pas forcément très fans et qui semblaient insurmontables comme le mec à côté de nous, à moitié soûl, qui nous renverse sa bière tiède dessus, le t-shirt mouillé parce qu’il fait beaucoup trop chaud ou qu’il pleut, la sieste par terre parce que nous avions rendu les armes de fatigue n’ayant dormi que dix heures en trois jours, etc. Tous ces inconvénients nous paraîtraient au bord de l’insignifiant et en viendraient même eux aussi à nous manquer. Un bien petit prix à payer finalement.

Je veux sentir à nouveau les vibrations de la musique du bout des orteils jusque dans la pointe des cheveux. Avoir les poils qui se hérissent de bonheur au début du spectacle et les pleurs bienvenus à la fin, tant de fatigue que de tristesse, que de bien-être et de nostalgie.

Ce que je souhaiterais par dessus tout en fait, c’est pouvoir agrandir ma collection de verres en plastique, ces cups assez laides et de mauvaise qualité mais que je garde parce que c’est le souvenir des souvenirs. J’en ai toute une ribambelle à la maison et les voir me fait réaliser à quel point j’aspire à en choper davantage ! Comme beaucoup, les choses dont je raffole me sautent aux yeux quand je les ai perdues, et me font réaliser à quel point nous nous devons de les apprécier au contraire de les considérer comme un dû. Une chose est sûre, une fois cette satanée crise sanitaire derrière nous, je ne manquerai pour rien au monde de participer à un rassemblement et prendre du plaisir avec les autres. En attendant, nous pouvons toujours nous consoler grâce aux festivals organisés en ligne.

 

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Swali Guillemant - Journaliste

Swali Guillemant

Étudiante en journalisme culturel, curieuse et impliquée. Passionnée par la culture et les arts.
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