Et si même Wonder Woman ne pouvait pas sauver l’industrie du cinéma ?

Par Marie Lagache | Publié le 23/12/2020 à 12:45 | Mis à jour le 23/12/2020 à 13:04
Photo : 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC
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Face à la crise que traverse l’industrie du cinéma, les plateformes de streaming apparaissent comme une bouée de sauvetage, qui peut cependant s’avérer plus destructrice que la vague du Covid-19. La rédaction fait le bilan d’une année difficile pour le septième art et s’interroge sur l’avenir de nos salles sombres. Deuxième et dernière partie.

Bande annonce de l’année 2021. Netflix, Amazon Prime, Disney+, Canal+, Apple TV+, même Salto, ces sites et applications sont inévitablement devenus la source principale de films pour les amoureux de cinéma. Ces plateformes proposent en effet un catalogue très large de films déjà sortis, et vont jusqu’à proposer de véritables créations originales. Ces dernières, d’autant plus cette année, ont pris une place plus importante dans l’industrie cinématographique. Une bonne nouvelle pour certains et une mauvaise selon d’autres. De manière générale, 2020 a ainsi été marquée par The Trial of the Chicago 7 produit par Netflix et Chemical Hearts d’Amazon Prime.

Certains longs métrages initialement prévus pour sortir en salle ont même été directement achetés par les plateformes. Le cas qui a fait couler le plus d’encre est le prochain James Bond : No Time To Die. Initialement programmé pour le début de l’année, ce film fait partie de la longue liste des blockbusters repoussés plusieurs fois en 2020 pour finalement ne pas encore avoir de date de sortie précise. Le studio de production aurait, selon de multiples rumeurs, essayé de vendre No Time To Die aux plateformes de streaming pour la modique somme de 600 millions de dollars. Une affaire qui n’a pas été conclue, mais qui semble malgré tout en avoir inspiré d’autres.

Wonder Woman : un modèle hybride pour sauver le cinéma

Face aux dates de sortie repoussées puis encore repoussées des tant attendus blockbusters américains, la Warner Bros a adopté une nouvelle stratégie. Wonder Woman 1984 est bel et bien sorti le 16 décembre dernier dans les très rares salles européennes ouvertes et sera disponible fin décembre aux États-Unis, en même temps au cinéma et sur la nouvelle plateforme HBO Max. Selon les dernières informations du magazine Variety, le film sera cependant disponible à la location au Royaume-Uni dès le 13 janvier 2021, le service de VOD qui l’accueillera n’a cependant pas encore été révélé.

La stratégie de Warner Bros peut paraître assez déroutante au premier abord : sortir en même temps un film dans les quelques salles de cinéma ouvertes et le proposer à l’achat en streaming. Un dispositif hybride initialement réservé uniquement aux Américains, la plateforme HBO Max n’étant disponible qu’aux États-Unis, mais qui semble déjà en train de s’ouvrir aux autres pays, en ce qui concerne Wonder Woman 1984 en tout cas. La société souhaite appliquer ce système à toutes ces productions. Une annonce qui a le don de contrarier certains réalisateurs.

Pourquoi il nous faut vite retourner au cinéma

Ce modèle hybride concernera tous les films de la société de production prévus pour 2021, comme la nouvelle adaptation de Dune, le prochain opus de Matrix, ou encore l’affrontement tant attendu de Godzilla vs Kong. Si l’objectif affiché est de soutenir l’ensemble de l’industrie en offrant l’opportunité à tous les fans de visionner les films, ce système a été fortement critiqué. Denis Villeneuve, réalisateur de la version 2021 de Dune, a publié une tribune dans Variety où il explique ne pas avoir été consulté pour cette décision et déclare : “Il n’y a absolument aucun amour du cinéma ou du public, ici”.

Denis Villeneuve souhaite offrir aux spectateurs une “expérience cinématographique unique”, qui implique de voir le film au cinéma et non sur un ordinateur chez soi. Une position aussi défendue par Christopher Nolan et qui avait motivé la sortie de Tenet en salles et non en streaming l’été dernier. Nous pouvons ainsi observer une bataille entre les fervents défenseurs des salles sombres et les amateurs de plateformes de streaming. Une tension qui s’accentue avec la crise du Covid-19, mais qui était déjà visible aux différentes cérémonies au sein desquelles l’industrie du cinéma refuse d’ouvrir les portes des récompenses aux créations originales Netflix. Une approche qui risque néanmoins de changer en 2021.

En définitive, l’envie de retourner dans les salles sombres est plus que jamais présente chez les amateurs de cinéma. Une nécessité pour les exploitants et une volonté forte des réalisateurs. Cependant, la crise du Covid-19 s’annonce encore longue partout sur la planète et risque de pousser les gouvernements à garder les cinémas fermés. Pourtant le monde de la culture se mobilise de plus en plus pour être considéré et reconnu comme essentiel. En même temps, les plateformes de streaming regorgent d’idées de contenus originaux et disposent de moyens financiers pour sauver les longs métrages initialement prévus pour 2020. Un dilemme se pose pour l’avenir du cinéma. Des perspectives très incertaines pour 2021. Mais les bons films resteront toujours à l’affiche.

 

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