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Devons-nous dire adieu à l’immunité collective ?

Par Marie Lagache | Publié le 11/02/2021 à 12:30 | Mis à jour le 11/02/2021 à 13:40
Photo : NeONBRAND-Unsplash
Efficacité Vaccin AstraZeneca Variant

Le vaccin Oxford/AstraZeneca fait tourner les têtes. Après l’annonce de sa potentielle efficacité amoindrie contre le variant sud-africain, les scientifiques et politiques changent de stratégie et souhaitent limiter les dégâts de la pandémie.

La saga des vaccins continue. Une étude menée par l’Université de Witwatersrand conclut que le vaccin Oxford/AstraZeneca serait moins efficace contre le variant sud-africain du coronavirus. Ce rapport a inquiété le Royaume-Uni qui produit le vaccin et le distribue. L’information pousse en effet les scientifiques et politiques à redéfinir la notion “d’efficacité” des vaccins contre le Covid-19.

Le grand espoir d'obtenir une immunité collective pour regoûter à la vie d’avant, reposant sur l'efficacité des vaccins à nous prémunir contre l’infection, s’est donc quelque peu éloigné. Le monde d’après semble de plus en plus ressembler à un univers où nous devrons apprendre à vivre avec le Covid, qui causerait néanmoins moins de décès et de maladies graves grâce à l'efficacité des vaccins.

 

Déplacer l'objectif ambitieux de l'immunité collective à la protection contre des maladies graves

Le porte-parole d’AstraZeneca a en effet rapidement répondu sur Sky News au sujet de l’étude sud-africaine : “Nous pensons que notre vaccin pourrait protéger contre les maladies graves”. Dans ses conclusions, Shabir Madhi, professeur à l'Université du Witwatersrand et chercheur en chef de l'essai réalisé en Afrique du Sud, évoquait déjà ce problème.

Ces résultats nous obligent également à recalibrer la réflexion sur la façon d'aborder le virus et à déplacer l'attention de l'objectif ambitieux de l'immunité collective contre la transmission à la protection de tous les individus à risque contre des maladies graves” explique Shabir Madhi.

C'est vraiment important pour les systèmes de santé. Même si nous avons des infections légères et asymptomatiques, empêcher les gens d'aller à l'hôpital à cause du Covid aurait un effet majeur” estime Sarah Gilbert, professeure à l’Université d’Oxford au micro de la BBC. L’actuelle campagne de vaccination ne nous débarrassera peut-être pas du Covid-19.

 

Pas de variant sud-africain au Royaume-Uni, pas de problème de vaccin

Le gouvernement suit la même logique que les chercheurs cités et adapte sa stratégie en conséquence. “Les vaccins en cours de déploiement semblent bien fonctionner contre les variants du Covid-19 actuellement dominants au Royaume-Uni” écrivait Nadhim Zahawi, ministre britannique des Vaccins, dans le Telegraph. Si le variant sud-africain a déjà été détecté sur le territoire, le gouvernement entend bien stopper sa propagation.

Cette nouvelle approche se perçoit aussi dans l’allocution de Matt Hancock, secrétaire à la Santé, donnée au sujet de l’obligation de passer deux tests Covid pendant l’isolement en revenant de l’étranger et de l’instauration d’hôtels de quarantaine pour les Britanniques voyageant depuis les pays de la liste rouge.

Matt Hancock expliquait en effet que la lutte contre les variants étrangers et en faveur du programme de vaccination au Royaume-Uni reposait sur 4 piliers. Maintenir un faible de nombre de cas de coronavirus (grâce au confinement actuel), favoriser le séquençage génomique (pour traquer les variants), continuer la vaccination et protéger les frontières sont les objectifs du gouvernement. Advienne que pourra.

 

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