Glasgow : pourquoi le Duc de Wellington porte-t-il un cône orange sur la tête ?

Par Ines Tancrede | Publié le 30/06/2021 à 12:03 | Mis à jour le 30/06/2021 à 12:50
Photo : Oscar Sarazin
Devant la Modern Art Gallery de Glasgow, la statue du Duc de Wellington est chapeautée d’un cône de circulation orange.

Paris va de pair avec la Tour Eiffel au même titre que Londres avec Big Ben. Je vous pose la question, chers lecteurs : quel est le monument emblématique de Glasgow ? Il s’agit d'une statue baptisée “Coneheid”, sur laquelle un cône orange est perché sur la tête du Duc de Wellington ainsi que sur celle de son fidèle destrier.

 

Héros politique et militaire, on ne compte plus le nombre de statues à l’effigie du Duc de Wellington érigées sur tout le territoire de sa Majesté mais également autour du globe. Cette emblématique figure britannique est connue pour avoir contré à Waterloo la menace expansionniste de l’Empire français, alors déjà étendu sur la moitié de l’Europe en 1811. La rédaction s’est intéressée à sa statue à Glasgow, conçue par le sculpteur italien Carlo Marochetti puis érigée en 1844 aux quatre coins de Royal Exchange Square. Mais pourquoi cette statue a-t-elle commencé à faire parler d’elle un soir des années 1980, alors qu’un mystérieux cône orange fut placé à son sommet ?

Chapeau, les jeunes !

Deux potentielles explications à ce cône de circulation révèlent des points fondamentaux de la culture festive écossaise. D’abord, l’alcoolisme foudroyait les jeunes générations, prêtes à se risquer à un parcours d’équilibriste pour atteindre le sommet de la statue.

Outre ce problème d’ivresse, la vraie question qui vous turlupine est sans doute la suivante : pourquoi un cône de signalisation ? La réponse, assez anodine, est liée à la période post-industrielle que connaît alors la ville de Glasgow. Le centre-ville, où est située la statue du Duc, subit de considérables travaux routiers. Avec peu d’efforts, les habitants avaient donc accès à plus d’un cône sous la main !

Le jeu du chat et de la souris entre la mairie et les habitants

Pour pallier aux dangers de blessures des farceurs escaladant la statue mais aussi aux dommages subis par ce monument historique, la mairie de Glasgow a tenté à maintes reprises de retirer le cône. De vaines tentatives, puisque cette solution n'empêche pas de ré-apercevoir un cône sur la statue quelques heures à peine après qu’il ait été enlevé par les forces de l’ordre. Mot d’ordre : Keep the cone !

Récemment, la mairie a même lancé un projet afin de rehausser la plinthe de la statue. Et ce, pour un coût non des moindres : £65 000. Toutefois, ce projet détruirait l’esprit même d’une tradition inhérente à la ville de Glasgow, et entraînerait, selon ses habitants, un coût non-essentiel à leur charge. D’où un tel mécontentement qui se manifeste par une pétition rassemblant des milliers de signatures sur un groupe Facebook ‘Keep the Cone’ en moins de 24 heures.

Bien plus qu’un couvre-chef conique le temps d’un soir, une véritable tradition...

Cette statue est désormais un lieu de rendez-vous des locaux pour connaître les actualités sous le feu de la rampe. Vous apercevrez parfois, par exemple, le Duc brandissant un drapeau en soutien à une prochaine manifestation politique. Plus probable en cette période de l’EURO 2020, vous le verrez vêtu du t-shirt de l’équipe de football national.

...Devenue nationale !

Rien à faire, le duc ne se décoiffe plus de son cône ! Le temps d’un soir ou d’une semaine, c’est au bon vouloir des intrépides fans de ce cône orange qui semble avoir trouvé sa place pour l'éternité. Morale de cette anecdote : le peuple écossais reste coûte que coûte victorieux face à la police et la municipalité tant il est fervent de son héros militaire et politique, mais aussi de sa culture locale entre humour et ivresse.

Par ailleurs, cette tendance à apposer un cône de signalisation sur des statues historiques est loin d’être unique à la ville de Glasgow. Pour preuve récente : les statues chapeautées d’un cône orange à Picadilly Circus le soir du match opposant l’Angleterre à son plus vieil ennemi du ballon rond, l’Ecosse. Répandue, la tradition de Glasgow témoigne de l’incorruptible sens de l’humour british.

 

Vous ne pouvez décidément pas passer votre chemin sans avoir contemplé cette statue. L’Histoire qui en découle n’a désormais plus de secret pour vous ! Je vous laisse également ouvrir les yeux lors de vos futurs voyages autour du globe, et me languis que vous partagiez, en commentaire à notre rédaction et aux autres lecteurs, les statues que vous auriez repérées au cours de vos voyages.

 

 

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Ines Tancrede - Journaliste junior Londres

Ines Tancrede

Éternelle amoureuse de la nature et de la photographie. Inconditionnelle baroudeuse à la découverte de nouvelles cultures. Curieuse d’esprit, jusqu’au-boutiste et férue de sport. Inlassable bout-en-train et latina dans l’âme.
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