Édition internationale

Patricia Connell: “Pendant la campagne, nous avons écouté, maintenant, il faut agir.”

Ils sont vos nouveaux conseillers des Français de l’étranger. Après les élections consulaires du 31 mai qui ont réuni 18.379 votants, nous connaissons les élus qui vont vous représenter pour 6 ans auprès des autorités consulaires et de l'État français. Pour vous apprendre à les découvrir, nous vous proposons une série de portraits et nous commençons aujourd’hui par Patricia Connell.

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Écrit par Ewan Petris
Publié le 11 juin 2026, mis à jour le 19 juin 2026

“Mon rôle est de faire le lien entre ce qui se passe à Manchester, Bristol, Birmingham, Leeds, Cardiff ou Brighton et les décisions prises à Paris.” Patricia Connell est l’une des figures centrales de la représentation des Français du Royaume-Uni. Élue conseillère des Français de l’étranger à Londres à la tête de la liste “Ensemble ! Pour tous les Français du Royaume-Uni”, elle est, depuis plusieurs années, une voix politique active de la communauté française outre-Manche.

 

Engagée dans la vie associative et consulaire, elle siège également à l’Assemblée des Français de l’étranger, où elle défend les intérêts des expatriés sur des sujets comme : l’éducation, les démarches administratives, la protection sociale…

 

Élections consulaires 2026 : les résultats dans la 2e circonscription du Royaume-Uni

 

Quel enseignement principal tirez-vous de ce scrutin ?

 

Personne ne pouvait prédire l’issue de cette élection. Avec dix listes en présence, les équilibres étaient extrêmement fragiles et quelques dizaines de voix pouvaient faire basculer un siège. Les résultats auraient pu être très différents. Je retiens surtout trois choses.

D’abord, les électeurs ont fait confiance à une équipe qui a démontré sa capacité à obtenir des résultats. Ensuite, ils ont validé notre choix du renouvellement. Notre liste obtient trois conseillers des Français de l’étranger et trois délégués consulaires. Parmi ces six élus, cinq sont totalement nouveaux. C’était un pari assumé : associer l’expérience acquise au cours de ces douze dernières années à de nouvelles compétences, de nouvelles énergies et de nouveaux regards.

Enfin, contrairement à beaucoup de campagnes, nous n’avons pas commencé par écrire un programme. Nous avons commencé par poser une question : quels sont vos problèmes, vos préoccupations, vos attentes ? Près de 3 000 Français du Royaume-Uni nous ont répondu. Plus de 800 ont pris le temps de nous laisser des commentaires détaillés. Notre programme est né de cette écoute.

 

Quels seront vos dossiers prioritaires au cours des prochains mois ?

 

Les électeurs ont validé une feuille de route très claire : moderniser, humaniser et anticiper.

Moderniser, c’est poursuivre la transformation des services consulaires afin qu’ils soient plus accessibles, plus simples et plus efficaces. Cela passe notamment par des démarches administratives simplifiées, mais aussi par des tournées consulaires mieux organisées et plus prévisibles pour les Français vivant loin de Londres.

Humaniser, c’est ne jamais oublier qu’avant d’être un dossier, chaque Français est une personne. Nous continuerons à défendre les familles, les étudiants, les entrepreneurs, les retraités, mais aussi les plus vulnérables : personnes âgées isolées, personnes en situation de handicap, familles en difficulté ou Français confrontés à des situations de crise.

Anticiper, c’est préparer l’avenir plutôt que subir les changements. Le Brexit a profondément transformé la vie de nombreux Français du Royaume-Uni. Nous avons appris qu’il ne fallait jamais attendre une crise pour agir.

 

Cela concerne également les nouvelles technologies. Je suis convaincue que les Français de l’étranger pourraient devenir un véritable laboratoire d’innovation pour les services publics de demain. L’intelligence artificielle peut nous aider à mieux informer, mieux orienter et mieux accompagner nos compatriotes, à condition qu’elle reste au service de l’humain.

Enfin, nous continuerons à porter les réformes nécessaires auprès des parlementaires, du gouvernement et de l’administration afin que les réalités vécues par les Français de l’étranger soient mieux prises en compte dans les décisions nationales.

 

La participation reste relativement faible. Comment l’expliquez-vous ?

 

Je suis évidemment attentive à la participation, mais je suis surtout préoccupée par les personnes qui ont voulu voter et qui n’ont pas pu le faire. Il faut regarder avec attention les difficultés rencontrées lors du vote électronique. Nous avons lancé un questionnaire afin de comprendre précisément ce qui s’est passé. En quelques jours, nous avons déjà reçu plusieurs centaines de réponses.

 

Les premiers retours montrent que certains électeurs n’ont jamais reçu leurs identifiants ou leurs mots de passe. D’autres ont rencontré des difficultés techniques. Certains nous indiquent également avoir cru qu’une identité numérique certifiée était indispensable pour pouvoir voter en ligne et ne sont pas allés plus loin dans leurs démarches. Si cela se confirme, cela pose aussi la question de la clarté des informations transmises aux électeurs.

 

Nous allons analyser ces retours avec rigueur et les faire remonter à l’administration.

Le vote électronique est indispensable pour les Français de l’étranger. Encore faut-il que chacun puisse l’utiliser simplement et en toute confiance. C’est d’autant plus important que nous entrons dans une séquence électorale majeure avec les élections à l’Assemblée des Français de l’étranger, les élections sénatoriales puis les échéances nationales de 2027.

 

Comment envisagez-vous de travailler avec les autres élus de la circonscription, y compris ceux issus d’autres listes ?

 

Très simplement : dans l’intérêt des Français du Royaume-Uni. Le prochain Conseil consulaire sera très différent de celui que nous avons connu jusqu’à présent puisque six des neuf conseillers élus n’ont encore jamais siégé dans un Conseil consulaire. Mais les Français n’attendent pas de nous des querelles partisanes. Ils attendent des résultats.

 

Je n’ai jamais considéré qu’une bonne idée devenait mauvaise parce qu’elle venait d’une autre sensibilité politique. Au cours de ces dernières années, nous avons obtenu des avancées concrètes en travaillant avec les parlementaires, les gouvernements successifs, l’administration consulaire, les associations et des élus d’horizons différents.

Je continuerai dans cet esprit. Mon rôle est de faire le lien entre le terrain au Royaume-Uni et les décisions prises à Paris. Les prochaines semaines seront importantes avec l’élection de la présidence du Conseil consulaire puis les élections à l’Assemblée des Français de l’étranger.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux Français du Royaume-Uni ?

 

D’abord, merci.

 

Merci aux 4 075 électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Merci également aux très nombreuses personnes qui se sont mobilisées à nos côtés tout au long de cette campagne. Certaines étaient candidates, d’autres non. Beaucoup ont donné de leur temps, de leur énergie et de leur enthousiasme. Cette victoire est aussi la leur. Je suis particulièrement heureuse de voir arriver une nouvelle génération d’élus. Les électeurs ont montré qu’il était possible de concilier expérience et renouvellement.

 

Je veux également féliciter l’ensemble des conseillers et délégués consulaires élus. Les électeurs ont fait leur choix. À nous maintenant d’être à la hauteur de leur confiance.

Cette élection n’est pas une ligne d’arrivée, mais un nouveau point de départ. Les électeurs nous ont confié une mission : moderniser, humaniser et anticiper. Pendant cette campagne, nous avons beaucoup écouté. Maintenant, il est temps d’agir.

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