Édition internationale

Patricia Connell : “Moins de discours, plus de solutions aux Français du Royaume-Uni”

À l’approche des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste candidates au Royaume-Uni. Avec dix listes en lice, les Français établis outre-Manche auront un large choix. Patricia Connell conduit la liste : Ensemble ! Pour tous les Français du Royaume-Uni. Elle nous présente les points clés de son programme.

Patricia Connell Ensemble pour tout les français du Royaume-UniPatricia Connell Ensemble pour tout les français du Royaume-Uni
Patricia Connell conduit la liste : Ensemble ! Pour tous les Français du Royaume-Uni.
Écrit par Ewan Petris
Publié le 1 avril 2026, mis à jour le 2 avril 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

 

Je suis présidente sortante du conseil consulaire et conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger. Cela fait plus de dix ans que je suis engagée au service des Français du Royaume-Uni. Mais avant cela, je suis surtout une Française de l’étranger depuis plus de quarante ans. J’y ai construit ma vie, ma famille et mon parcours professionnel. Les questions d’éducation, d’intégration, de droits ou de protection sociale, je ne les ai pas découvertes dans des dossiers : je les ai vécues.

 

Je ne suis pas entrée en politique par ambition, mais parce que, lorsque les Français de l’étranger ont besoin d’être défendus, il faut quelqu’un capable de le faire concrètement.

 

Patricia Connell élections consulaires 2026

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

 

C’est une mission profondément humaine. Être conseiller, ce n’est pas traiter des dossiers, mais accompagner des vies. Derrière chaque situation, il y a une famille, un parent inquiet, un entrepreneur bloqué, un retraité isolé. Notre rôle est d’être ce point de repère : celui qui répond, qui explique, qui oriente et qui agit quand c’est nécessaire. Parce qu’au fond, les Français de l’étranger ne demandent pas de discours. Ils demandent quelqu’un qui soit présent quand ça bloque.

 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

 

J’ai voulu une équipe qui ressemble aux Français du Royaume-Uni. Notre liste rassemble des profils variés : entrepreneurs, enseignants, chercheurs, responsables associatifs, jeunes et élus expérimentés. Des personnes issues de différentes régions du Royaume-Uni, avec des parcours différents, mais une même volonté d’agir. Nous partageons une conviction forte : rien de durable ne se construit seul.

 

C’est une liste de rassemblement, ouverte et pragmatique, ancrée au centre, avec une ligne claire : travailler avec tous pour faire avancer des solutions concrètes. Car au final, le travail doit se faire ensemble. Notre communauté n'attend pas de postures, elle attend des résultats.

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

 

Parce que ces élections ont un impact direct sur leur quotidien, mais aussi sur la représentation des Français de l’étranger au niveau national. Les conseillers consulaires sont les élus de proximité. Ce sont eux que l’on contacte quand on ne sait plus vers qui se tourner, quand une situation se complique, ou lorsqu’il faut comprendre et faire avancer un dossier.

 

Mais leur rôle ne s’arrête pas là. Ces élus sont aussi des grands électeurs. Ce sont eux qui élisent les sénatrices et sénateurs des Français établis hors de France. Au total, 12 d’entre eux seront élus ou renouvelés lors des prochaines échéances : 6 en septembre et 6 autres dans trois ans. Ils désignent également, parmi eux, les conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger, qui portent les sujets au niveau national. Ces responsabilités impliquent aussi de faire des choix. On parle parfois d’indépendance en politique. Mais au moment de voter, notamment pour élire des sénateurs, il faut prendre des décisions, construire des majorités et assumer des orientations. C’est pourquoi nous assumons un positionnement clair, tout en restant ouverts au dialogue. Autrement dit, voter à ces élections, c’est aussi choisir celles et ceux qui représenteront les Français de l’étranger dans les grandes décisions nationales. Ces élections sont discrètes. Leurs conséquences ne le sont pas.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

 

Le principal défi aujourd’hui est un sentiment d’isolement face à des systèmes devenus complexes. Malgré les progrès réalisés, beaucoup de nos compatriotes ne savent toujours pas comment faire face à certaines démarches, ni à qui s’adresser. Le vocabulaire administratif reste souvent difficile à comprendre, et certains renoncent à leurs droits. On demande souvent aux Français de s’adapter en vivant à l’étranger. C’est normal, mais l’administration doit aussi s’adapter à eux. Nous avons la chance d’avoir un consulat d’exception engagé dans cette démarche. De grandes avancées ont été réalisées, mais nous devons continuer.

 

À cela s’ajoutent des enjeux spécifiques au Royaume-Uni : les conséquences durables du Brexit, le coût de la vie, l’accès à l’éducation française, ou encore le vieillissement d’une partie de notre communauté. L’après-Brexit reste une réalité. Pour beaucoup, l’incertitude demeure, et nous devons rester vigilants. Dans certains cas, des Français installés de longue date ne peuvent pas revenir en France, mais ne trouvent pas non plus de dispositifs adaptés sur place.

 

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?

 

Notre programme repose sur trois priorités : moderniser, humaniser et anticiper.

Nous ne partons pas de zéro. Au cours de ce mandat, nous avons obtenu des avancées concrètes : élargissement des horaires du consulat, amélioration de l’accès aux services, renforcement du dialogue avec les associations et mobilisation constante pendant les crises, notamment concernant le Brexit et pendant la pandémie.

Nous avons également travaillé en lien étroit avec les parlementaires des Français de l’étranger, notamment Vincent Caure et Samantha Cazebonne, pour faire le lien entre le terrain et les décisions nationales, car c’est à cette condition que les choses avancent réellement. Mais soyons clairs : ce qui a été fait n’est pas suffisant. Et c’est précisément pour cela que nous voulons aller plus loin. Moderniser, en rendant les services consulaires plus efficaces et plus accessibles, et en utilisant pleinement les outils numériques, notamment l’intelligence artificielle, pour simplifier les démarches.

 

Humaniser, en garantissant un accompagnement réel. La modernisation ne doit pas remplacer le contact humain. Dans les situations complexes, chacun doit pouvoir parler à quelqu’un, être compris et accompagné.

 

Anticiper, enfin. Aujourd’hui, les dispositifs sont encore trop souvent réactifs. Nous voulons mieux identifier les situations à risque, accompagner plus tôt et éviter que les difficultés ne s’aggravent.

 

Ce programme repose sur une base solide. Nous avons mené une large consultation en envoyant un questionnaire auquel près de 3.000 Français ont répondu. Il était proposé en français et en anglais, afin de toucher aussi celles et ceux qui ne maîtrisent pas ou peu la langue, et ils sont nombreux. Ces Français ne doivent pas être oubliés ni laissés de côté. Ils font pleinement partie de notre communauté et doivent pouvoir comprendre leurs droits et accéder aux services.

 

Nous portons également une attention particulière à plusieurs enjeux clés : l’éducation et l’accès au français, la santé et la protection sociale, les opportunités pour les jeunes, ainsi que le renforcement du lien entre nos compatriotes. Enfin, un point essentiel concerne les seniors. Dans certains cas, notamment au Royaume-Uni, une partie de notre communauté vieillit et ne peut pas toujours envisager un retour en France. Les dispositifs actuels ne sont pas toujours adaptés à leur réalité. Nous voulons mieux les accompagner, lutter contre l’isolement, adapter les aides et renforcer les réseaux de solidarité, pour permettre à chacun de vieillir dignement, même à l’étranger.

 

Car au-delà des dispositifs, il y a un enjeu essentiel : celui du lien. Trop de Français vivent leur expatriation de manière isolée. Nous voulons une communauté plus solidaire, plus connectée et mieux accompagnée. Moins de bruit, plus de résultats. Nous agissons ensemble, pour tous les Français du Royaume-Uni !

Ewan Petris
Publié le 2 avril 2026, mis à jour le 2 avril 2026
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