Édition internationale

Olivier Cadic : “Nous vivons une lutte pour le leadership mondial"

Guerres hybrides, retour de “la force brute à l’étranger”, Europe sommée de se réveiller : Olivier Cadic, sénateur des Français de l’étranger, dresse le bilan à l’aube de 2026. Depuis l’église protestante française de Soho, à Londres, il a livré des vœux pour une année qu’il juge décisive. Fort de son regard au cœur du Sénat, il n’a pas hésité à évoquer l’état réel du pays, les urgences qui s’imposent au gouvernement et les actions à promouvoir au Royaume-Uni.

Olivier Cadic à l'église protestante de SohoOlivier Cadic à l'église protestante de Soho
Depuis l’église protestante française de Soho, à Londres, Olivier Cadic a livré des vœux pour une année qu’il juge décisive
Écrit par Ewan Petris
Publié le 15 janvier 2026

C’est à l’église protestante de Londres, dans un lieu chargé de mémoire, qu’Olivier Cadic a dressé le bilan de 2025. Face à une centaine d’invités, le sénateur des Français de l’étranger a livré une analyse du moment historique que nous allons traverser, en 2026. 

 

D’emblée, il ancre son propos : “Il y a quelque chose de presque magique ici-même. Ce lieu raconte l’histoire des Français de Londres, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui. Et c’est précisément depuis un lieu comme celui-ci qu’il faut regarder le monde tel qu’il est.”

 

Un monde entré “dans l’ère du rapport de force” 

 

Vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, spécialiste de la cybersécurité, Olivier Cadic déroule sa lecture du monde : “Nous vivons une rivalité structurante entre les États-Unis et la Chine. Une lutte pour le leadership mondial, où la loi du plus fort revient au premier plan. La guerre aujourd’hui est hybride : cyberattaques, désinformation, sabotages, narcotrafic, groupes terroristes, sociétés militaires privées.”

Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche marque, selon lui, un tournant stratégique majeur. “Quand Donald Trump parle du ‘retour à l’âge d’or du capitalisme américain’, il parle de 1900 : protectionnisme, non-interventionnisme européen, et recours assumé à la force.”

En revoyant l’actualité, dont celle de Nicolas Maduro, il détaille clairement que Washington agit désormais au nom de ses intérêts directs, sans représailles.

 

L’Europe n’est plus une priorité stratégique pour les États-Unis. Il n’y a plus de plan A. Si un plan B existe, il faut le mettre en œuvre maintenant. 

 

Retour en France, où “la démocratie sous tension”

 

Alors qu’il revient sur le sujet qui concerne l’assemblée, à savoir le cas de la France, le sénateur ne mâche pas ses mots : “Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, nous sommes dans un équilibre instable. Les débats sont devenus difficiles à regarder. On a du mal à s’écouter.” 

 

Il évoque par exemple la crise agricole, où il a tranché à contre-courant : “Pour la première fois, la France est déficitaire sur le plan agricole. C’est un problème de compétitivité.” Il évoque à ce titre l’accord du Mercosur : “Je suis le seul sénateur à avoir défendu l’accord. Et pourtant, il profiterait à nos entreprises, à nos industries, à nos viticulteurs. L’agriculture représente 1 % du PIB. Ce 1 % arrive aujourd’hui à bloquer le pays.” Refuser l'accord reviendrait selon lui à “se fermer les portes de l’Amérique latine, y compris le Brésil, voisin direct de la France via la Guyane.”

 

Le nœud du système : le budget

 

“Le budget est notre vraie difficulté. La charge de la dette augmente mécaniquement chaque année.” Face à cela, Olivier Cadic dénonce les “fausses bonnes idées” : comme la création de nouveaux impôts, comme la taxe sur les yachts, qui revient à perdre de l’activité, des emplois et des recettes à la sortie.

 

Mais le bilan n’est pas tout noir, dans un registre plus concret, il met en avant les avancées obtenues : loi sur la résilience, 17 Cyber, coopération renforcée avec le Royaume-Uni. Il salue également la visite d’État du Président français à Londres : “Défense, nucléaire, intelligence artificielle, migrations : cette visite est un véritable game changer.”

 

Macron à Londres : “Oui, enfin, nous nous retrouvons”

 

Brexit : dix ans après, le temps des questionnements 

 

La conclusion du discours se fait plus personnelle, presque intime : “Dix ans après le référendum, 58 % des Britanniques voteraient aujourd’hui pour rester dans l’Union européenne. Chez les 16-24 ans, c’est 87 %.” Olivier Cadic termine sur une note de combativité lucide, loin du catastrophisme : 

 

Oui, les nouvelles sont anxiogènes. Mais il ne faut jamais laisser tomber. On se serre les coudes. Ensemble, on trouvera les solutions.


 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.