Une journée, pour convaincre que ma bouteille de vin peut devenir un incontournable au Royaume-Uni. Le jeudi 8 janvier marquait la 4e édition de VIN (Tastin’France), l’expérience annuelle offerte par Business France, où nous sommes allés à la rencontre de celles et ceux qui feront, peut‑être, les cartes des vins de demain, au Royaume-Uni. Récit d’une journée, où pour quelques heures, l’Hyatt Regency s’est transformé en hub de rencontres entre vignerons et futurs acheteurs britanniques : “Notre objectif est simple : rencontrer des importateurs et augmenter nos exportations”


Pour sa 4e édition, VIN (Tastin’France), mis en avant par Business France - a de nouveau posé ses verres et ses crachoirs dans les salons du Hyatt Regency à Londres. Un décor élégant, presque feintement sobre, pour un événement qui concentre en moins d’une journée ce que le marché britannique du vin attend aujourd’hui des producteurs français : de la lisibilité, de l’engagement et surtout une vraie identité.
L’excellence viticole française mise à l’honneur à Londres

Alors à peine entré, pas de grands stands clinquants ou de cris dans tous les sens. Les experts goûtent, choisissent, font le tour des stands, prenant des notes à chaque verre. VIN s’est clairement imposé comme un rendez‑vous où l’on prend le temps de parler terroir, prix, positionnement marché et attentes des consommateurs britanniques.
Les Bordeaux : petites surfaces et ambitions ciblées
Sur son stand, Alexandre A. incarne une nouvelle génération de vignerons bordelais qui avancent à la force de leur passion. Vigneron indépendant, il travaille avec son frère un domaine familial certifié bio depuis 2012, entre Bordeaux et Saint‑Émilion Grand Cru. “On est sur de petites productions, donc on fait très attention à ce qu’on propose. Chaque cuvée correspond à une parcelle, surtout sur Saint‑Émilion.”

Présent pour la première fois à Londres après une expérience en Chine avec Test in France, Alexandre assume une approche pragmatique : “Ici, l’objectif est simple : rencontrer des importateurs. La grande distribution, ce n’est pas forcément adaptée à nos volumes ni à notre positionnement bio, mais tout est sujet à discussion, bien sûr. VIN, pour nous, c’est un vrai test du marché britannique.”
VIN : “le rendez‑vous du wine trade autour des vins français au Royaume‑Uni”
Pour Claire Prothon, au sein de l’équipe Business France, la journée dépasse largement le simple salon de dégustation : “C’est vraiment le rendez‑vous du wine trade autour des vins français au Royaume‑Uni. Les producteurs peuvent rencontrer de nouveaux prospects, mais aussi consolider des relations existantes.”
Avec quatre éditions au compteur, l’événement s’est installé dans l’agenda des professionnels. “Les importateurs savent qu’en janvier‑février, ils peuvent découvrir ou redécouvrir les vins français dans un cadre structuré.” Et parfois, les histoires se construisent sur un simple verre… “L’an dernier, un acheteur londonien est tombé amoureux d’un crémant de Loire. Aujourd’hui, c’est l’un de ses vins les plus vendus !”

Beaujolais : déconstruire une image de vin “facile” au Royaume-Uni
De l’autre côté, près de l’espace dédié au Beaujolais, l’ambiance est résolument solidaire. Catherine et Cédric Lecareux, vignerons à Régnié, défendent un domaine de 8 hectares en bio et biodynamie. “On est là pour trouver un partenaire en Angleterre. On travaille déjà avec l’Écosse, mais l’Angleterre reste un marché à construire pour nous.”
Leur cible est clairement identifiée : cavistes indépendants et restauration. “On n’est pas sur des vins pour la grande distribution. On cherche quelqu’un capable de travailler nos vins avec du discours.” À ce titre, le bilan de la journée est nuancé : “Il y a eu beaucoup de monde, mais peut-être pas les importateurs que l’on recherchait, surtout, qu’il y a encore un énorme travail de pédagogie à faire sur le Beaujolais.” Car, les clichés persistent, même outre-Manche : “Le Beaujolais est encore trop souvent résumé à un vin facile, sur le fruit. Oui, ça existe et on en fait. Mais il y a aussi des crus, de la complexité, des vins de terroir qui peuvent rivaliser avec d’autres grandes régions.”
Une carte des vins variés, pour la journée
L’humeur de la journée n’est pourtant pas concurrentielle, comme on pourrait le supposer. Pierre Anderson, chargé du marché britannique pour Terroirs Originels, défend une approche collective assumée : “C’est le seul salon à Londres où toutes les régions françaises sont réunies dans une même salle. Et surtout, ici, il n’y a pas d’esprit de concurrence. C’est de la collaboration. Si je peux aider mon voisin, je le fais. Le marché a besoin de ça aujourd’hui."

Quelques mètres plus loin, du côté de la Loire, Simon Chartereau représente le Domaine Paris‑Simono, installé près de Chenonceaux, avec une histoire viticole remontant au XVIe siècle. Engagé en conversion bio depuis 2022, le domaine est déjà présent au Royaume‑Uni via un importateur, mais cherche à renforcer sa visibilité : “VIN, c’est important pour nous. Ça permet de rencontrer beaucoup de clients en peu de temps, mais aussi d’entretenir les relations existantes.”
Cette 4e édition de VIN confirme ainsi une réalité : le marché britannique ne cherche plus seulement des vins français, mais plutôt des histoires crédibles, des producteurs engagés et des partenaires fiables.
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