Il va sûrement neiger à Londres et ça va être horrible

Par Judith Chouzenoux | Publié le 24/11/2021 à 18:21 | Mis à jour le 24/11/2021 à 18:34
Photo : Timo - Flickr
i hate snow écrit sur une voiture

Billet d’humeur - Avez-vous fait un tour dehors dernièrement ? Si c’est le cas, votre balade dans le centre ville de Londres n’a pas dû être très agréable. Entre le froid, la pluie, l’humidité et l'obscurité, cette ville est devenue le dixième cercle de l’enfer.

 

Comme tout expatrié, j’adore slalomer et me perdre dans les rues chics et glamours de la capitale, profiter de sa vie nocturne festive et de ses musées majestueux. Mais ce que je préfère par-dessus tout reste de perdre l’usage de mes doigts congelés par le froid près d’un abribus à Piccadilly le vendredi soir. Je dis vendredi soir, mais en fait, il n’est que 16h30 et il fait déjà nuit noire.

 

Une « rafale de froid arctique » va s’abattre sur tout le pays

Bien que je sois tombée amoureuse de Londres, la météo britannique m’a menée à une triste conclusion : ce pays vous veut du mal. Il fait froid, depuis quelques semaines maintenant, et je suis à bout. Pourtant, ma peine ne risque pas de s’arrêter là puisque les météorologues prévoient une « rafale de froid sur tout le pays, tout droit venue de l’arctique » pour les prochains jours. Cette dernière est censée « apporter les premières températures hivernales de la saison. » Tout ça sonne très fin du monde, j’en conviens, mais j’ai l’impression que personne ne relève le plus gros problème de cette phrase : les météorologues nous parlent de « températures hivernales », personnellement je suis toujours en novembre, mois qui, dans ma dimension, fait toujours partie de la saison que l’on appelle « l’automne. » Je suppose qu’ici l’automne n’existe pas. Personne ne m’avait prévenue, sinon, j'aurais peut-être pris mes dispositions avant de venir, et j’aurais choisi un stage dans une autre région du monde.

 

Selon le Met Office, les températures ont chuté à -4°C dans la nuit de lundi à mardi dans certaines régions rurales de l’Angleterre. Les experts estiment également que des températures aussi basses que -2°C pourraient être ressenties dans certaines parties du pays, entraînant de la neige dans la capitale à partir de mercredi prochain. Traduction : il va faire froid, tellement froid que même les légumes dans le bac du frigo seront plus réchauffés que nous.

 

Marco Petagna, l’un des représentants du Met Office, s'est réjoui : « Je ne pouvais pas imaginer une meilleure météo pour les fans de temps froid, avec des modèles de prévision montrant un souffle nord directement venu de l’Arctique. » J’aimerais qu’on me présente ces personnes « fans de temps froid » pour qu’ils m’expliquent comment, et surtout pourquoi. Je ne plaisante pas, leur témoignage m'intéresse vraiment.

 

Il va neiger (un peu) et il va y avoir du vent (beaucoup)

Oui, il est très probable que nous observions des flocons dans la capitale ces prochains jours, mais ne vous réjouissez pas trop vite. Le Met Office a prévenu que, bien que des averses de neige soient probables, elles ne se déposeront sûrement pas durablement. Vous pouvez donc effacer tout de suite de votre tête toutes les stories Instagram que vous prévoyiez avec Let it snow en fond sonore, ça n’arrivera pas, jamais, la neige sera grise et sale. La météo britannique a juste décidé qu’elle allait venir nous agacer et faire patauger notre dépression saisonnière dans de la bouillasse grisâtre. Au Québec, ils appellent cette purée de neige sale de la « sloche », moi, j’appelle juste ça une vaste blague.

 

Certaines sociétés de bookmakers, comme William Hill et Ladbrokes, ont cependant décidé de voir au delà des prévisions et prennent déjà des paris sur la possibilité que la Grande-Bretagne connaisse son premier véritable Noël blanc depuis 2010. Concrètement, lorsque vous sortez acheter un paquet de mouchoirs pour vous débarrasser de votre vilain rhume, d’autres espèrent que la vague de froid qui l’a provoqué va continuer pour pouvoir gagner de l’argent sur votre malheur.

 

Les services météo du pays ont également lancé une « alerte jaune au vent » pour l'Écosse, l'Irlande du Nord et certaines parties du nord de l'Angleterre vendredi. Cette dernière a même été étendue au sud-ouest du Royaume-Uni. Le Met Office a demandé aux Britanniques de se préparer face à de potentiels dommages que vont subir les bâtiments, tels que des tuiles qui risquent de tomber des toits, des retards dans les transports et des coupures de courant. Je pense que ces informations pourraient se passer de commentaire mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le chaos que ce vent va créer lorsqu’il va se mélanger à la neige qui tombe déjà sur les Highlands depuis quelques semaines. Amis Écossais, bon courage.

 

Paragraphe où je me plains juste de l’hiver et du climat britannique

Je reste persuadée que la nature est bien faite et que ses choix ne sont jamais aléatoires. De fait, si l’évolution à choisi de nous enlever notre fourrure, c’est sûrement pour de très bonnes raisons, mais ça, le Royaume-Uni semble n’en avoir rien à faire. Il fait froid, si froid que toutes les couches de manteaux, de gants et de bonnets que je superpose pour pouvoir sortir de chez moi m’empêchent de me mouvoir correctement. Je ressemble à un gros bonhomme de neige qu’il faudrait faire rouler pour avancer.

 

Vous trouverez sûrement que me plains assez facilement et vous avez raison, mais le climat ici fait tout pour vous pousser dans vos derniers retranchements. La fraîcheur ambiante qui règne depuis un mois devient étouffante lorsque l’on passe les portiques de la central line et de ses couloirs trop chauffés et mal aérés. Il fait froid, je le répète (encore), mais il fait surtout humide. Le temps londonien, en plus de changer toutes les demies-heures, est l’ennemi numéro un de mon brushing. En emménageant ici, j’ai découvert l’existence des déshumidificateurs d’air. J’ai regardé celui de ma chambre en rigolant pendant trente-cinq secondes, en me demandant si je venais de m’installer dans un marais, et puis j'ai senti l’humidité de mes draps et je ne l’ai plus jamais débranché.

 

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Judith Chouzenoux - Journaliste Londres

Judith Chouzenoux

Etudiante à Sciences Po Aix, spécialiste de pas grand chose, curieuse d’à-peu-près tout.
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