Mardi 28 septembre 2021
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Après Harvey Nichols, Mary conquiert l’Italie

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 01/08/2021 à 21:43 | Mis à jour le 01/08/2021 à 21:43
Une bouteille de Drink Mary sur fond de place Saint Pierre

Rappelez-vous : nous nous demandions si Eric Sampers allait pouvoir se rendre en Italie, là où son gin low alcohol dénommé Drink Mary est déjà référencé dans des bars de prestige. C’est chose faite ! De succès en succès, il nous raconte ici un nouvel épisode inspirant de son beau parcours entrepreneurial.

 

L’histoire débute à la fin de l’été 2020, dans un bar londonien, pourtant réputé pour des boissons bien plus coriaces tels que ses excellents dry martini. Il s’agit du Duke’s hotel, dans le quartier huppé de Mayfair. Ce petit hôtel chic, connu des amateurs de notre cocktail so british et, à l’époque, prisé par Ian Lancaster Fleming, le célèbre romancier d’espionnage. Je m’y étais rendu avec un groupe d’Italiens pour discuter de la distribution de Mary. Mais le chef de bar Alessandro Palazzi à l’oreille bien tendue m’accoste : il détient un contact chez Fine Spirits SRL, une société renommée de distribution d’alcools premiums basée à Gêne, dont il serait ravi de me faire profiter.

J’envoie donc un échantillon à Paolo Gargano, son dirigeant. Lui et son équipe de connaisseurs (ancien bartenders, compétiteurs…) l’adoubent et souhaitent le distribuer. Je pense que les saveurs très herbacées, très sudistes ont parlé à ces méditerranéens. Qui plus est, l’Italie ne possède pas la même culture de la boisson qu’ici, ou qu’en France par exemple. Ils apprécient boire avec modération, non sans un certain raffinement. Nous demeurons en contact très étroit avec Paolo, qui avait déjà collaboré avec une marque de spiritueux sans alcool auparavant, mais la pandémie, frappant alors l’Italie puis le Royaume-Uni de plein fouet, ne nous donne pas l’opportunité de débuter une aventure ensemble illico. Pour autant, et ce malgré le secteur en perpétuelle souffrance, il ne se désintéresse pas et affiche un soutien sans faille. En janvier 2021, nous parvenons à un accord sur les tarifs et sur l’investissement, la négociation fut d’ailleurs très aisée. Une première commande est passée en février, à hauteur de 96 caisses, à savoir 576 bouteilles de 70cl.

Un petit drame survient : là où une telle palette aurait fait son chemin en 48 heures en temps normal, celle-ci n’arriva qu’au bout de 50 jours. Par moments je ne pouvais même plus suivre la livraison, nous avons même cru qu’elle était perdue à tout jamais. Or, le délai de paiement de 30 jours vient s’ajouter à cette attente interminable… Encore une fois, Paolo sauve la mise avec un paiement plus rapide que ce que j'escomptais, fort bienvenu. Un vrai gentleman en somme !

Le calendrier de réouverture des marchés demeure compliqué au fil des vagues de coronavirus. Nous discutions alors avec beaucoup d’équipes marketing externes en préparation d’une exportation à Rome et à Milan, avec le lancement presse qui l’accompagne. Notre équipe est prête à investir, quand bien même un coup de feu trop fort comporterait de grands risques en termes de budgets et de restrictions, notamment avec les couvre-feux alors en place. Vient notre heure de gloire tant espérée en juin 2021 : deux évènements sont entrepris dans les villes susmentionnées pour entamer la distribution italienne de Mary.

Le planning est serré, j’y voyage du 14 au 18 juin, et le premier lancement a lieu à Rome, le 15 juin. Le Drink Kong nous accueille, bar à l’atmosphère très futuriste, jugé comme étant le 45ème des 50 meilleurs bars de la planète. Ils réalisent un cocktail signature tout spécialement pour l’évènement, le Queen Mary.

 

Le bar Drink Kong lors de l'évènement

 

À Milan, le 17, nous nous rendons au Ceresio 7, à l’adresse éponyme, dans un environnement beaucoup plus urbain. Le rooftop offre une vue époustouflante. La soirée voit s’inviter Vogue, Vanity Fair, mais aussi tout un tas de blogueurs spécialistes. Nous travaillions déjà depuis quelques semaines avec l’influenceuse florentine Inka Larissa, qui a imaginé plusieurs cocktails à partir de Mary, dont l’un était de la partie ce soir-là. Parmi la vingtaine d’autres convives, on retrouve beaucoup de journalistes avec lesquels j’ai pu m’entretenir individuellement, avec une excitation non mesurée.

 

Le bar Ceresio 7 lors de l'événement

 

Mes rencontres méditerranéennes ne s’arrêtent pas là. Avant l’event milanais, nous sommes allés déjeuner dans un café littéraire… Le serveur prépare un Mary & Tonic, puisque je voulais lui faire goûter le produit. Il commence à se lancer dans des expérimentations avec, et nous a concocté des cocktails délicieux et sublimes tout à la fois. La brand ambassader de Fine Spirits Chiara Beretta, une aide précieuse en ma compagnie, est tout aussi impressionnée que moi. Quel moment magique, quelle consécration émotionnelle que de voir un barman s’arrêter de travailler pour s’exercer avec notre marque Mary ! D’autres bars très chics ont pareillement adoré, nous devrions assister à des référencements de plus en plus nombreux. Nous avons même rencontré des cavistes à proximité du Vatican !

 

Un serveur prépare un Mary & Tonic

 

Nous avons eu beaucoup de chance, puisque la semaine en question intervenait tout juste entre la fin du couvre-feu et la fermeture des frontières avec le Royaume. Qui plus est, j’ai fait les bonnes rencontres au bon moment, et la culture italienne modérée en termes d’abreuvage a été propice au succès d’une boisson comme la mienne.

Mais par-delà ces aubaines, je retiendrai une autre leçon dans mon parcours d’entrepreneur : je n’aurais certainement pas pu espérer les mêmes résultats si je ne m’étais pas rendu sur place. Le contact humain est essentiel à ma pratique. Il m’a permis de déclencher plus de discussions, avec des distributeurs portugais par exemple. J’ai assisté à un véritable effet boule de neige, au fur et à mesure de mes rencontres et interactions avec des professionnels, influenceurs, journalistes… J’ai bien compris que je ne pouvais absolument pas m’autoriser une quelconque timidité, toute l’industrie reposant sur ces relations interpersonnelles. Bien évidemment, la pandémie complique tout mais je demeure en contact avec mes interlocuteurs, rencontrés en Italie et avec lesquels le courant est bien passé : on me fait savoir que les ventes ont bien démarré et que Mary s’exporte de plus en plus. Je rentre des étoiles plein les yeux, renfloué en motivation pour les mois à venir, lesquels comportent de belles surprises aussi…

 

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Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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