Édition internationale

Clémentine Hamdan, la doula qui accompagne les futures mamans à Londres

Après dix ans dans le marketing et la vente, Clémentine Hamdan a choisi de se réorienter pour devenir doula à Londres. Remarquant les difficultés et le manque de repères des futures mamans expatriées face au système de santé britannique (NHS), elle propose un programme d'accompagnement de 9 semaines. Nommé Birth Atelier London, ce projet associe l'explication de la physiologie et le décryptage des réalités hospitalières.

Clémentine HamdanClémentine Hamdan
Clémentine Hamdan, doula à Fulham
Écrit par Tranchand Lina
Publié le 17 juin 2026, mis à jour le 21 juin 2026

Ancienne professionnelle du marketing et de la vente reconvertie en doula à Londres, Clémentine Hamdan accompagne les femmes enceintes expatriées. Rien ne la destinait à se retrouver dans le domaine de la périnatalité. Elle a souhaité changer de parcours à la suite de ses propres maternités. Elle remarque alors un besoin d'écoute et d'information chez les femmes enceintes de son entourage. Après la naissance de son troisième enfant, elle choisit de s'orienter vers le rôle de doula et de formatrice en hypnonaissance. “J’ai réalisé que j’aurais grandement bénéficié de la présence d’une doula pour mes propres accouchements, mais le concept m'était inconnu à l’époque”, confie-t-elle.

 

 

“À Londres, le suivi surprend souvent les futures mamans françaises”

 

 

À Londres, le suivi surprend souvent les futures mamans françaises”

 

La doula n'a pas de statut médical et n'intervient pas à la place des médecins ou des sages-femmes. Elle est là sur le plan du soutien émotionnel, physique et informatif, de la grossesse jusqu'aux six semaines après l'accouchement. “Le personnel médical du système public fait face à un manque structurel de temps et de ressources, ce qui limite l'accompagnement continu et personnalisé des futures mères”, observe-t-elle. Sa démarche consiste donc à préparer les couples en amont pour leur transmettre les informations nécessaires qui leur permettent de formuler leurs choix et les aider à faire face aux imprévus d'une naissance.

À travers sa pratique à Londres, Clémentine observe un décalage, notamment chez les patientes d'origine française. “À Londres, le suivi surprend souvent les futures mamans françaises”, explique-t-elle. Habituées à un suivi médical mensuel et très encadré dès le début de la grossesse en France, beaucoup se trouvent désorientées par le protocole britannique. “Pour une grossesse considérée comme sans risque, le suivi du NHS est relativement léger durant les deux premiers trimestres. Il n’y a pas d'échographie avant 12 ou 14 semaines et des consultations courtes”, détaille-t-elle. À l'inverse, le troisième trimestre est souvent marqué par une incitation plus forte au déclenchement médical. Ce changement de rythme peut engendrer de l'anxiété si les parents n'y ont pas été préparés. Pour Clémentine, l'offre actuelle est souvent marquée par les extrêmes, d'un côté le tout-médical, de l'autre le 100% naturel. Elle a donc conçu son accompagnement comme une passerelle entre ces deux programmes.

 

 

Birth Atelier London, un accompagnement entouré d'expertes

 

 

Le programme se fait sur un cycle de 9 semaines en groupes de 12 participantes maximum. Pour lui permettre de répondre à l'ensemble des problématiques liées à l'accouchement et au post-partum, Clémentine s'est entourée de plusieurs professionnelles. L'équipe a une sage-femme, une kinésithérapeute spécialisée dans la santé pelvienne, une doula experte en post-partum et consultante en lactation, ainsi qu'une doula et enseignante de yoga axée sur la gestion du mouvement. Les séances apportent du théorique et des ateliers pratiques appelés “Integration Labs”, dédiés à la gestion de la douleur, à la relaxation et à la compréhension des protocoles hospitaliers.

 

birth Atelier London

 

Une partie du programme est consacrée aux conjoints, dont la place au sein de la salle de naissance a beaucoup évolué. Pour Clémentine, les partenaires sont trop souvent relégués à devenir spectateur par manque de préparation. “Le conjoint est aujourd'hui le principal point de continuité pour la mère dans un système hospitalier où les équipes de garde tournent constamment”, rappelle-t-elle. Pour leur permettre de jouer un rôle, le programme a une session non mixte dirigée par un homme. Il aborde les aspects logistiques, la gestion du stress face à la douleur et l'apprentissage de gestes de soutien comme les massages ou les contre-pressions. Le cycle se termine par une séance conjointe simulant les différents scénarios possibles pour anticiper au mieux les réalités du jour J. “Une naissance réserve toujours sa part d’imprévus, mais lorsque le partenaire sait comment réagir, le couple aborde l’accouchement comme une équipe soudée et confiante”, conclut Clémentine.

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