Samedi 15 mai 2021

Avec la classe inversée, l'apprentissage des élèves réinventé

Par Colin Porhel | Publié le 09/04/2021 à 19:00 | Mis à jour le 09/04/2021 à 19:00
Photo : Pazapa
méthode éducation classe inversée

Très plébiscitée au Canada, la classe inversée ne l’est pas encore autant au Royaume-Uni et en France. Cette approche pédagogique comporte pourtant de nombreux avantages, dont celui de rendre les élèves acteurs de la construction de leur savoir.

 

Conceptualisée par les professeurs américains Jonathan Bergmann et Sams Aaron en 2004, la classe inversée trouve ses origines au cœur du XIXème siècle, par l’intermédiaire du Français Joseph Jacotot. La directrice de Pazapa, établissement scolaire en ligne que nous vous avions introduit récemment et qui a fait de cette méthode d’enseignement une véritable philosophie, définit celle-ci telle « une approche pédagogique qui consiste à inverser la nature des activités d’apprentissage en classe et à la maison. Les tâches de bas niveau cognitif sont réalisées en autonomie par les élèves, tandis qu’à l’école, l’enseignant se focalise sur leur accompagnement en activité ».

 

Une démarche adaptée à l’école à distance, mais pas seulement

Chez Pazapa, les cours magistraux sont abordés grâce à des capsules vidéo que les élèves regardent autant de fois qu’ils le souhaitent chez eux. Le cours défile progressivement à l’écran sous forme de cartes mentales, favorisant ainsi une meilleure compréhension.

En classe, la priorité est donnée à la manipulation et à la réalisation d’exercices, l’apprentissage est ainsi rendu plus concret. A travers différents exercices, les enfants réinvestissent en présence de l’enseignant les notions abordées en autonomie à la maison. « En classe élémentaire (du Cours préparatoire jusqu’à la rentrée au collège, ndlr), les activités se matérialisent beaucoup par le jeu. Ensuite, à partir de la sixième, les travaux de groupe sont privilégiés par les professeurs », explique l’équipe pédagogique, qui tient à souligner que la classe inversée n’est pas réservée à l’enseignement en ligne.

 

Une formation tant pour les enseignants que pour les parents

Devant l’important changement constitué par cette méthode, les équipes de Pazapa ont élaboré leur propre formation à destination des professeurs. Un bagage pédagogique, technique, théorique et pratique leur est par conséquent délivré pendant plusieurs semaines via la technique de la classe inversée. « Des temps sont aussi réservés à la prise en compte des troubles de l’apprentissage », ajoute la directrice. Au cours de l’année, des professionnels de l’éducation observent ensuite les enseignants en activité et font part de leur retour sur les points à améliorer.

Ce suivi continu s’adresse également aux parents, qui jouent un rôle fondamental dans l’épanouissement de leur enfant. Des documents écrits accompagnés de capsules vidéo leur expliquent les fondements de la classe inversée. « Pour que cette méthode fonctionne, il faut vraiment que les familles soutiennent l’enfant dans la consultation des notions de cours. Nous considérons qu’un élève peut travailler en totale autonomie chez lui seulement à partir de la classe de 4ème », indique l’équipe de direction.

 

Quatre fois moins de décrochage scolaire grâce à la classe inversée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chez Pazapa, entre 1,5 et 2 % des élèves se trouvent en situation de décrochage scolaire, contre 8,2 % sur l’ensemble du territoire français. Un écart significatif qui s’explique notamment par la plus grande différenciation pédagogique prodiguée dans le cadre de la classe inversée. Grâce à de petits questionnaires réalisés en amont des cours prodigués en classe, le professeur peut optimiser son enseignement à chaque enfant.

Mais par-delà une efficacité accrue, cette approche pédagogique est aussi synonyme d’un précieux gain de temps. « Les élèves ont une attention réduite et décrochent rapidement lors des cours magistraux. La classe inversée consacre le temps d’interaction grâce à des exercices et des mises en application au cours desquels l’enseignant délivre des explications individuelles à chacun », confirme la directrice.

Un avis partagé par Ouassila, maman d’une élève de 2nde : « les exposés réalisés en classe ont vraiment fait progresser ma fille en vocabulaire. L’inspecteur qui la suit s’est montré satisfait ».

 

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Colin Porhel - journaliste

Colin Porhel

Etudiant en troisième année de licence en Langues Etrangères Appliquées à l’Université de Brest Occidentale (UBO).
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