L’introduction du gaélique par la police écossaise critiquée par sa population

Par Judith Chouzenoux | Publié le 29/09/2021 à 19:42 | Mis à jour le 30/09/2021 à 13:48
police ecossaise

Le gouvernement écossais a décidé d’introniser un plan national destiné à plébisciter l’utilisation de la langue gaélique. Des retours mitigés se font entendre du côté de la population.

 

Ce plan, discuté par le gouvernement depuis 2015, vise à sauver le gaélique, langue régionale écossaise, de moins en moins comprise et parlée par sa population. L’objectif était alors d’introduire le gaélique au sein de tous les corps de services publics, y compris la police, garantissant ainsi son statut de langue officielle de l'Écosse, communément avec l’anglais.

L’idée portée par le projet est que cette langue ancestrale fait partie intégrante du "patrimoine, de l'identité nationale et de la vie culturelle actuelle" de l’Écosse.

 

Un projet mal reçu par la population

Pour orienter au mieux son plan, le gouvernement a organisé une consultation de sa population. Sur les 6 700 réponses que la police écossaise a reçues, The Times rapporte que trois quarts d’entre elles faisaient état d’une "gêne ou d'une ambivalence générale à l'égard du concept dans son ensemble".

 

La population a globalement admis que l’introduction du gaélique n’était pas le rôle de la police. Aujourd’hui, seul 1,7% de la population est en capacité de le comprendre, la décision du conseil des langues officielles d’accorder une subvention à la police pour soutenir le plan a donc étonné de nombreuses personnes. Les écossais ont estimé que l’argent public investi dans le projet, comme la commande de voitures de polices signalisées en anglais et en gaélique, aurait pu être investi dans d’autres secteurs plus importants. Par ailleurs, beaucoup pensent que la politique devrait seulement être basée sur le volontariat et offrir un signe distinctif, comme un badge, à ceux qui choisissent d’y prendre part. Car de fait, seuls 434 agents sont aujourd’hui en capacité de s’exprimer et de comprendre la langue selon un audit mené au sein des forces de police écossaises.

 

Linda Jones, chargée de superviser le plan de déploiement du gaélique, a rapporté que les écossais ont eu l'impression que le projet était "motivé par des considérations politiques" qui équivalait à une "ingérence du gouvernement".

 

Le gouvernement se défend

Un porte-parole du gouvernement a rappelé que la loi sur la langue gaélique qui somme les organismes publics d’améliorer leur offre en gaélique, fut adoptée à l'unanimité des partis en 2005. Il a explicité son propos en déclarant que « toutes les autorités publiques doivent avoir un plan de langue gaélique en vertu de la loi, qui vise à garantir son statut de langue officielle de l'Écosse, dans un exercice égal, parallèlement au développement de tout plan ».

 

Linda Jones a également déclaré que le plan était une preuve de l’engagement du gouvernement pour ses communautés. « Dans les communautés où le gaélique est un moyen de communication, les actions de toutes les autorités publiques suscitent un intérêt considérable... Si la publication et la mise en œuvre d'un plan en gaélique est une obligation légale pour la police écossaise, elle offre également une opportunité importante de s'engager auprès des membres de nos communautés qui utilisent le gaélique ».

 

Par ailleurs, même si le plan ne rencontre pas un franc succès auprès de la population, un certain nombre d’écossais ont invité la police à suivre l’initiative des forces de l’ordre galloises qui « donnent l'exemple et encouragent activement l'utilisation du gallois en interne, afin de multiplier les occasions de voir, d'entendre et d'utiliser cette langue dans le cadre des activités de la police. »

 

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Judith Chouzenoux - Journaliste Londres

Judith Chouzenoux

Etudiante à Sciences Po Aix, spécialiste de pas grand chose, curieuse d’à-peu-près tout.
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