Samedi 4 décembre 2021
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Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, s’est éteint à l’âge de 101 ans

Par Laurent Colin | Publié le 15/10/2021 à 18:17 | Mis à jour le 15/10/2021 à 18:39
Photo : Capture YouTube
Hubert Germain cérémonie d'adieu aux Invalides à Paris

En 1985, Johnny Hallyday chantait « Quelque chose en nous de Tennessee ». Les paroles, signées par Michel Berger, résonnent encore plus fort à cet instant précis. Et il est à espérer que nous ayons tous en nous aujourd’hui quelque chose d’Hubert Germain, décédé deux mois après son cent-unième anniversaire.

 

Ce désir fou de vivre une autre vie … Cette force qui nous pousse vers l'infini … Avec cette formidable envie de vie …

Ces paroles font écho à la vie, au courage et aux combats d'Hubert Germain qui, jusqu’au 13 octobre 2021, fut l’ultime survivant des 1038 résistants engagés dès les premières heures aux côtés du Général de Gaulle, au sein de la France Libre.

 

Hubert Germain, résistant de la première heure

Le jeune homme de l’époque n’a jamais accepté la reddition du Général Pétain appelant à la fin de la guerre et à déposer les armes. Cela a été « un vrai choc » pour lui, « un laïus effrayant ».

A 19 ans, c’est en plein concours de l’Ecole navale qu’il se lève et dit à l'examinateur « je pars faire la guerre », l’idée de la défaite lui étant « absolument intolérable ». Épris de liberté et d’une force qui le pousse vers l’infini… il embarque dans le port de Saint-Jean-de-Luz et arrive à Londres le 24 juin 1940.

C’est lors de l’été 40 qu’il rencontre pour la première fois le général de Gaulle. Selon des propos recueillis par l’AFP, il fut très impressionné : « Il s'arrête un instant, me regarde et me dit : 'Je vais avoir besoin de vous'. Quand, à 18-19 ans, vous vous ramassez ça en pleine figure, dans le désastre général qui règne, il y a quelque chose qui vous émeut profondément ».

 

Hubert Germain, l’étoffe d’un héros

De 1940 à 1944, ce combattant s’est notamment distingué au cours des batailles de Bir Hakeim en Libye, d’El Alamein en Egypte et lors des débarquements en Italie puis en France. A la mi-août 1944, il participe au débarquement de Provence. Arrivé sur la plage, il tombe dans le sable et avoue avoir « pleuré comme un enfant » en « retrouvant son pays ». Avec ses compagnons d'armes, il poursuivra alors sa marche en avant pour la reconquête de la liberté en participant à la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon. Il prendra aussi part aux campagnes des Vosges et d'Alsace.

 

 

Hubert Germain, qui a reçu les décorations les plus prestigieuses : Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, Croix de Guerre 39/45 avec palme, membre honoraire de l'Ordre de l'Empire britannique… reçoit également un hommage national ce vendredi 15 octobre aux Invalides, présidé par le chef de l'État Emmanuel Macron.

 

Depuis le décès de ce Grand Homme, les témoignages se multiplient

Laurent Dumont nous a fait part de son émotion. « En tant que directeur général du Mémorial Charles de Gaulle, la disparition du dernier Compagnon Hubert Germain, me touche tout particulièrement. D’abord, sa trajectoire de vie met un coup de projecteur sur la période complexe que nous vivons actuellement. Par son refus viscéral de l’effondrement, ou encore par son désir d’action et son engagement inconditionnel, qui l’ont amené à rejoindre de Gaulle dès le 24 juin 1940. Ensuite, cette disparition éclaire l’équipe du Mémorial et ses partenaires, qui sont en pleine préparation de l’exposition temporaire Bir Hakeim 2022, bataille à laquelle le Compagnon Hubert Germain a participé. L’équipe du Mémorial CDG donnera le meilleur pour être à la hauteur du symbole, de la mémoire et de l’hommage à rendre ».

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