Aux fans du Moyen Age, il n'aura sûrement pas échappé que le 25 Octobre dernier marquait le six centième anniversaire de la bataille d'Azincourt. Rien de formidable à célébrer côté français, cependant, puisque cette confrontation fut une écrasante défaite pour les troupes du roi Charles VI, et du coup une superbe victoire pour le roi Henri V d'Angleterre. La Wallace Collection, magnifique musée dans une demeure privée du centre de Londres, illustre cette victoire avec une exposition originale : « Le nerf de la guerre : armes et armures du temps d'Azincourt. »
Une exposition qui s'inscrit naturellement dans les célébrations de cette année 2015, fort généreuse en anniversaires : bataille de Marignan (Septembre 1515), mort de Louis XIV (Septembre 1715), bataille de Waterloo (Juin 1815).
Avec une présentation d'équipement militaire datant du début du 15ème siècle, mais aussi de livres rares et d'enluminures provenant de ses archives, l'exposition et les conférences liées permettent de mieux comprendre la façon dont la bataille s'est déroulée, quels sont les facteurs qui ont permis le succès des archers anglais, mais aussi comment cet évènement majeur fut perçu dans les siècles qui suivirent. Majeur puisqu'il permit à la couronne anglaise de régner à Paris pendant quelques années. Ecoutons les explications du Docteur Tobias Capwell, conservateur du département des armes à la Wallace Collection. « De la Guerre de Cent Ans, on ne retient souvent que les victoires anglaises, » dit-il en guise de consolation, « mais il y a eu aussi de grands succès français. Cependant, les trois batailles les plus importantes, Crécy, Poitiers et Azincourt, donc, ont été, c'est vrai, à chaque fois une perte dramatique pour les Français, même s'ils étaient en surnombre et mieux armés. Et à chaque fois de la même façon. Comme si pendant quatre-vingt-six ans, la chevalerie française, d'une folle bravoure au demeurant, avait refusé de se plier aux leçons des champs de bataille. A Azincourt, les espions anglais avaient réussi en plus à dérober les plans de l'adversaire quelques jours avant la confrontation. Le roi d'Angleterre avait exigé d'être le seul commandant en chef, alors que chez les Français, chaque baron, chaque prince ou duc voulait mener personnellement ses hommes au combat. Il avait beaucoup plu la nuit précédant la bataille, rendant difficile pour les chevaux de se mouvoir facilement. Aussi les chevaliers n'ont-ils jamais pu charger de façon déterminante.
Ariane Sauvage (www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 4 décembre 2015
Exposition: The Sinews of war : Arms and armour from the Age of Agincourt,
Jusqu'au 31 Décembre 2015. Entrée libre, ouvert tous les jours de 10 h. à 5h.
The Wallace Collection, Hertford House, Manchester Square, London, W1.
Tél.: 0207 563 9500.
www.wallacecollection.org
Ecole de joûte médiévale : www.historicequitation.com
TéL ; : 078721 36536















































