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Une année sabbatique pour voir le monde et se retrouver

Par Damien Bouhours | Publié le 02/02/2020 à 18:00 | Mis à jour le 12/02/2020 à 12:05
année sabbatique

S’expatrier ce n’est pas forcément partir pour toujours. Certains optent pour une année sabbatique pour aller voir du pays et engranger de nouvelles expériences. Quelques mois de pause qui peuvent bouleverser toute une vie.

Un sondage réalisé en 2017 par le site VoyagesPirates révélait que 95% des Français rêvent de prendre une année sabbatique alors que seuls 10% ont déjà sauté le pas. Suite à notre appel à témoins, certains d’entre eux ont partagé leurs motivations et ont fait un bilan de cette expérience hors du commun.

Une année de liberté

Que l'on soit salarié ou étudiant en France, il est possible de faire une pause dans son parcours professionnel et de partir à l'aventure. Cette parenthèse permet de réaliser des projets de longue date ou même de faire un tour du monde. Ces quelques mois à l’étranger sont souvent nécessaires pour s’éloigner du carcan du quotidien. « J'ai décidé de faire un tour du monde après 6 années à travailler à Paris où mon quotidien devenait monotone et mon avenir tout tracé. J'avais besoin de changement, de vivre autre chose, d'un peu d’aventure. », nous explique Florie qui a pris sa décision après une soirée avec des amis. Elle ajoute : « Le congé sabbatique étant une grande chance que nous avons en France, je pouvais partir l'esprit libre, mon poste m'attendait en France à mon retour ».

Pour Amélie, ce départ était presque vital : « Je suis partie en 2015 car j'étais au bord du burn-out de la vie française sous plusieurs formes. J'étais conseillère bancaire au téléphone, la pression managériale était énorme et m'asphyxiait chaque jour un peu plus, plusieurs de mes collègues tombaient en dépression les uns après les autres. Il fallait que je m'échappe de cet environnement oppressant. Trop de stress, trop de gens qui se plaignent, trop d'administrations obsolètes et absurdes, trop d'insécurité, je ne supportais plus la France.  Rupture conventionnelle et billet aller simple pour Bangkok, mon sac à dos de 9kg pour seul compagnon. Après plusieurs mois à explorer seule la Thaïlande, je renaissais petit à petit. J'ai repris confiance en moi, en les autres, et en la vie, douce et heureuse. »

Je retiens de cette année des moments merveilleux, une liberté incroyable et enivrante

Agathe et Franck ont décidé de faire un tour du monde lors de vacances passées au Costa Rica : « De cette année sabbatique, nous retenons cette liberté inédite de faire ce que l'on veut, quand on veut et de prendre surtout le temps de vivre chaque moment sans se presser. C'est également beaucoup d'organisation, pour faire nos connexions entre pays, gérer le budget, concevoir l'itinéraire... et c'est aussi énormément d'échanges et une vraie communauté avec laquelle on peut partager nos expériences, se retrouver au détour d'une ville et se donner nos bons plans ! »

Cette liberté a également été ressentie par Florie : « Je retiens de cette année des moments merveilleux, une liberté incroyable et enivrante de faire ce que je voulais quand je voulais (liberté parfois presque angoissante lorsque tout est possible). Et j'ai justement appris que tout était possible. Que je pouvais aller partout et m'adapter et me débrouiller. Qu'être seule me faisait le plus grand bien alors que cela m'angoissait auparavant dans mon petit appartement parisien. J'ai découvert de nouvelles cultures, langues, nourritures et ai enrichi mes connaissances historiques sur le monde. »

Une année sabbatique pour se (re)découvrir

Pour certains la décision de partir à l’étranger pendant une période donnée leur a permis de se retrouver. C’est le cas de Céline qui est partie avec son mari et leurs deux enfants pendant une année en Espagne. Même si l’expérience n’a pas toujours été facile, ce départ prolongé les a rapprochés : « Nous sommes là pour nous retrouver en famille après des années boulots, le speed toujours ! Ça fait du bien de se retrouver, de se reconnecter les uns aux autres. »

Découvrir le monde permet aussi de se recentrer sur soi et d’avoir une autre perspective sur sa propre vie. « Cela a changé ma vision de la vie dans le sens où je me dis aujourd'hui qu'avec un peu de volonté et de courage tout est possible. Qu'il ne faut pas hésiter à aller voir plus loin, tester de nouvelles choses et surtout sortir de sa zone de confort pour grandir, évoluer et trouver la vie qui nous convient vraiment. Depuis ce tour du monde j'ai testé mes rêves d'actrice, de musicienne, et maintenant de coach et d'écrivaine en publiant bientôt le livre qui raconte toutes mes péripéties de tour du monde », explique Florie.

Une expérience inoubliable qui a complètement changé nos vies

Agathe et Franck ont aussi pris de la hauteur sur leur parcours : « Ce voyage a énormément changé notre façon de voir la vie, nous prenons davantage de recul sur ce qui nous arrive, nous faisons plus attention à comment nous consommons que ce soit pour le plastique jusqu'à nos vêtements (nous n'avions que quelques vêtements pour tout le voyage et cela nous suffisait amplement). Tout est un peu remis en question après ce genre de voyage. Maintenant que nous sommes de retour en France, nous allons reprendre nos boulots respectifs. Mais nous savons que ce ne sera qu'une étape avant de trouver ce que nous souhaitons vraiment faire, par passion ! ».

Audrey et Frédéric sont partis pendant un an en sac à dos à travers le monde. « Nous avons décidé de partir en faire un pendant un an afin de chercher où nous installer par la suite, nous disant que nous avions la trentaine et que si cela ne venait pas à nous il fallait aller le chercher. Une expérience inoubliable qui a complètement changé nos vies. »  

Si pour reprendre leur travail, la plupart de ceux qui tentent l’aventure partent entre 6 mois et un an. Cette année sabbatique peut donner des envies de réelle expatriation ou encore d’un autre séjour prolongé à l’étranger. Seb, alors expatrié en Espagne, est « parti 3 mois en Asie du Sud est, un mois en France avec la famille et les proches, 7 mois en Amérique latine puis un dernier mois en France avec la famille et les proches. » Il souhaite désormais repartir en avril avec sa compagne pour ouvrir un business en Amérique Latine.

Amélie a rencontré son mari en Thaïlande et est tombée enceinte lors de son périple. Si elle est de retour en France avec sa nouvelle famille, elle souhaite repartir dans quelques années : « Toute ma vision a changé. Comme si on m'avait enfin tiré du brouillard, comme si je réalisais chaque jour que oui, la vie était belle, et surtout, j'avais une reconnaissance infinie envers l'univers pour le fait de vivre ce que j'étais en train de vivre. Rien n'arrive par hasard, je faisais enfin confiance en mon instinct. Je me suis trouvée mon mantra : la vie est un rêve. »

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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