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PARCOURS - Ces femmes turques qui ont marqué l’histoire #3 

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 18/12/2017 à 19:04 | Mis à jour le 18/12/2017 à 19:23
Photo : De gauche à droite, de haut en bas : Sabiha Bengütaş, Safiye Ali, Saadet Ikesus Altan, Lale Orta, Halet Çambel.
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Pionnières en football, en médecine ou en archéologie… Découvrez le parcours exceptionnel de cinq femmes qui ont marqué l’histoire de Turquie. 

Safiye Ali (1891-1952)

Safiye Ali, la fille d’un pacha ottoman, devient la première femme médecin de Turquie en 1921. Très influencée par la guerre des Balkans, lorsqu’elle est étudiante, elle décide de devenir médecin et se rend en Allemagne pour ses études, car les filles ne sont pas encore admises à la faculté de médecine en Turquie. Safiye Ali se spécialise dans les maladies qui touchent les femmes et les enfants. De retour à Istanbul, elle ouvre son premier cabinet à Cağaloğlu. Elle lutte pour l’égalité des salaires entre les sexes et exige d’être payée comme ses homologues masculins. Safiye Ali milite également contre la prostitution. Elle est aussi la première femme turque à enseigner la médecine et la gynécologie à des filles. Durant toute sa carrière, Safiye Ali représente la Turquie à plusieurs reprises durant de grands congrès internationaux de médecine. 

Halet Çambel (1916-2014)

Halet Çambel est connue comme la première femme archéologue de Turquie. Elle fait des études d'archéologie en France, de 1934 à 1939 à la Sorbonne, à l’Ecole pratique des hautes études et à l’école du Louvre.  De retour en Turquie, elle participe notamment à la découverte du site archéologique de Karatepe,  qui a permis une plus grande compréhension de la civilisation hittite. Elle y travaille pendant plus de 60 ans et contribue à en faire le premier musée à ciel ouvert de Turquie. Dans la région, elle permet de developper la scolarisation des jeunes filles. Halet Çambel marque aussi l’histoire de son pays en se rendant aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 : elle devient alors, avec sa collègue Suat Fetgeri Aşeni, la première athlète musulmane à participer à la compétition. Un exploit quand on sait qu'à l’époque, sur 3.963 athlètes, seules 331 étaient des femmes. Bien qu’elle ne remporte aucune médaille, l’escrimeuse se démarque par son refus de rencontrer Adolf Hitler, rejetant fermement l’idéologie nazie.

Lale Orta (1960-)

Lale Orta est une pionnière du football féminin en Turquie. Très jeune, elle commence à jouer au ballon rond dans les rues de son quartier stambouliote. Elle intègre d’abord un club local masculin à Istanbul. A l’époque, l’absence d’équipe féminine brise son rêve de devenir une grande joueuse professionnelle. En 1985, Lale Orta est choisie pour suivre la première formation d’entraineur ouverte à une femme et elle se découvre alors une passion pour l’arbitrage. En 1995, âgée de 35 ans, elle devient la première femme issue d’un pays musulman à devenir arbitre international de football, élue par la FIFA (Fédération internationale de football association). Elle arbitre son premier match de première division le 29 mai 1999. En 2003, elle est admise sur la liste des arbitres de "première classe" de l’union européenne de football (UEFA). Engagée par la télévision nationale turque, Lale Orta est aussi la première commentatrice de football en Turquie. 

Sabiha Bengütaş (1904-1992)

Sabiha Ziya Bengütaş est connue dans son pays et à l’étranger comme la première sculptrice de Turquie. Elle est en tout cas la première étudiante turque et musulmane dans le département de sculpture de l’Ecole des beaux arts d’Istanbul, en 1921. D’abord inscrite dans le département de peinture, elle se découvre très vite une passion pour la réalisation de bustes en relief. Elle part alors terminer sa formation en sculpture à l’Ecole des beaux arts de Rome, en Italie. De retour en Turquie, elle participe, aux côtés du sculpteur italien Pietro Canonica, à la réalisation de la fameuse sculpture de la République toujours située au milieu de la célèbre place Taksim. En 1938, elle remporte deux concours qui lui permettent de réaliser deux de ses statues les plus connues : celle d’Atatürk, exposée dans le jardin du palais présidentiel d’Ankara, et une statue d’Ismet Inönü.

Saadet Ikesus Altan (1916-2007)

Saadet Ikesus Altan est une pionnière de l’opéra féminin en Turquie. Diplômée de l’enseignement secondaire en sciences, à Ankara, elle s’inscrit à la faculté de médecine vétérinaire. Mais Saadet Ikesus Altan semble beaucoup plus passionnée par ses cours de théâtre et de chant. Elle remporte les examens du Conservatoire d’Ankara, qui l’envoie se former à l’Académie de musique de Berlin.  Elle y jouit d’une grande célébrité mais vit les heures sombres de l’Allemagne nazie. A son retour, Saadet Ikesus Altan développe l’opéra en Turquie avec son ami allemand Carl Ebert. Elle devient alors la première femme directrice d’un opéra en Turquie, forme de nombreux étudiants et met en scène de nombreuses pièces occidentales. 

Solène Permanne (http://lepetitjournal.com/istanbul) mardi 19 décembre 2017

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