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Françoise Chauvet : «France Retour Accueil est un réseau de relations»

Par Aurélie Billecard | Publié le 14/09/2020 à 18:00 | Mis à jour le 15/09/2020 à 15:08
France Retour Accueil Françoise Chauvet

L’association France Retour Accueil, avec à sa Présidence Françoise Chauvet, a trouvé un moyen pour continuer ses activités malgré la crise sanitaire. Un accompagnement virtuel régulier pour les rapatriés, qui ont l’espoir d’être présents physiquement aux différents événements à venir.

 

Pourriez-vous expliquer en quoi consiste votre mission d’accompagnement, une fois que les expatriés et francophones sont rentrés ?

France Retour Accueil est une émanation de la FIAFE (Fédération Internationale des Accueils Français et Francophones d’Expatriés). Il y a cinq ans, elle a eu l’idée de mettre en place un accueil pour les expatriés rentrant en France. La spécialité de l’association est l’organisation de rencontres, comme des cafés, des visites culturelles, des activités sportives, et toute une palette d’activités permettant aux personnes de se distraire et de se rencontrer. Cela permet aux rapatriés d’en rencontrer d’autres, et donc de ne pas se retrouver seul. Souvent, Il faut un certain temps pour reprendre les habitudes quotidiennes, avec les amis d’avant par exemple. Donc, notre association propose des rencontres permettant de se faire un nouveau réseau de relations en arrivant en France. 

 

Votre relation avec les expatriés commence-t-elle lorsqu’ils se trouvent en France ?

Nous avons un vrai contact avec eux une fois qu’ils sont rentrés, afin de les aider à socialiser. Nous pouvons les aider en leur donnant de grandes lignes sur les démarches administratives, mais cela n’est pas notre spécialité. Idéalement, les futurs rapatriés nous connaissent par le réseau FIAFE à l’étranger. 

 

Combien d’expatriés et de francophones accueillez-vous, et de quels pays viennent-ils ?

Aujourd’hui, nous avons 220 familles adhérentes, ce qui est une toute petite proportion du nombre d’expatriés qui rentrent. Nous avions eu beaucoup de rapatriés l’année dernière, et je pense que nous en aurons plus cette année, même si cela ne s’est pas encore concrétisé dans les inscriptions. Nous sommes spécialisés sur les expatriés qui viennent du réseau FIAFE, car ils savent comment nous fonctionnons. Les rapatriés reviennent de partout dans le monde, comme des États-Unis, de Chine, ou du Royaume-Uni.

 

Comment avez-vous accompagné les expatriés virtuellement ? 

Il s’agit de notre problème majeur depuis le début du confinement en mars. Évidemment, nous avons interdit toute rencontre au sein de l’association, et nous avons organisé des cafés et des visites de quartier virtuels. Pour les visites, un intervenant faisait un exposé et les personnes pouvaient y assister en ligne. Nous avons également organisé des séances de pilates et de yoga en ligne, et cela a très bien fonctionné ! Le coronavirus a fortement diminué la large palette d’activités que nous proposerions en dehors de cette crise sanitaire. C’est une vraie difficulté pour nous, car nous sommes réellement spécialisés dans des rencontres physiques.

 

Nous avons décidé de ne pas faire de café d’accueil en présentiel cette année, parce que l’année dernière nous avions accueilli entre 80 et 100 personnes ; compte tenu de ce nombre, nous ne voulons pas prendre de risques, même si les personnes portent des masques et ont du gel hydroalcoolique. Nous avons planifié, le 8 septembre de 10h à 12h, un café virtuel, où toute l’équipe se présentera, puis suivra une séance de questions réponses. Cela sera de tout évident moins convivial, mais pour des raisons de sécurité, ce sont les décisions prises par l’association. 

 

L’association a quand même décidé de reprendre les cafés avec une présence physique, par petits groupes d’à peu près 10 ou 15 personnes. Et, dès mi-septembre, nous allons organiser des cafés de quartiers, où les marraines de l’association vont accueillir dans leurs propres quartiers ou même chez elles des rapatriés, permettant tout de même un regroupement géographique. Dans tous les cas il est préférable d’avoir une présence physique pour rencontrer d’autres personnes.

 

France Retour Accueil activités

 

Avec toutes les restrictions auxquelles nous sommes contraints par le Covid-19, quels conseils pourriez-vous donner aux expatriés à leur retour ?

Je ne pense pas que c’est à l’association de donner des conseils. Nous pouvons donner les grandes lignes, comme le masque obligatoire dans les rues de Paris ou d’autres villes, mais nous ne sommes pas bien placés pour donner ces informations, car les réglementations évoluent et ne sont pas les mêmes selon les endroits.

Nous allons sûrement regarder, avant le café d’accueil, les mises à jour de la Préfecture de Paris, éventuellement en parler, mais cela sera tout.

Cette situation est un vrai casse-tête pour nous ; que proposer à la rentrée ? Nous nous sommes mis comme limite, pour les activités intérieures un nombre maximal de 10 personnes, masquées, et pour celles en extérieur, nous imposons le port du masque, et espérons avoir des groupes d’une quinzaine de personnes. 

 

Comment pourriez-vous définir l’état d’esprit dans lequel les expatriés sont à leur retour lors de cette crise sanitaire ?

Nous avons tous les cas de figures possibles. Les personnes hésitent à prendre des obligations à la rentrée, mais la majorité, une fois écoles et logements trouvés, se met à la recherche d’un travail. Il y a beaucoup de rapatriés cette année. Tous espèrent bien entendu une amélioration de la situation sanitaire.

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Aurélie Billecard

Étudiante en management culturel et journalisme, fille d’expatriés en Asie et en Europe pendant une dizaine d’années, elle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale.
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