

Le Halifax Security Forum et le Munich Leaders Forum ont réuni au cours des dernières semaines des responsables politiques de plus de 25 pays, lors de conférences sur la sécurité. Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français de l’étranger, et spécialiste des questions de défense et sécurité, y était présente.
Une fois de plus, la guerre en Ukraine était au cœur des débats des conférences du Halifax Security Forum et du Munich Leaders Forum, à Bucarest. Quels sont les trois points à en retirer ? Nous avons posé la question à la sénatrice Hélène Conway-Mouret.
À l’occasion du Munich Leaders Forum à Bucarest, vous avez échangé avec les conseillers des Français présents sur place. Les Français en Roumanie et Moldavie sont-ils préocuppés par les questions sécuritaires ?
La guerre en Ukraine a conduit à un rapprochement de la Roumanie et de la Moldavie. Je ne sens pas les Français si angoissés par rapport à la situation. Je constate surtout la grande mobilisation des habitants et des Français dans les deux pays pour accueillir des réfugiés ukrainiens. La France a aussi une place privilégiée sur le plan militaire en Roumanie car elle a disposé une base militaire en plein coeur du pays. Celle-ci permet d’apporter des équipements et de former les soldats roumains, qui sont d’ailleurs très reconnaissants de cette présence française sur leur sol.
Quelle importance est donnée à l’OTAN lors de ces sommets depuis le début de la guerre en Ukraine ?
L’OTAN apparaît pour beaucoup de pays d’Europe de l’Est qui se sentent menacés par l’invasion ukrainienne, comme la seule solution. Les États-Unis ont montré leur puissance militaire avec le déploiement massif de leur armement en Ukraine. L’Union européenne n’en n’est pas capable pour le moment, et l’idée d’une défense européenne n’est pas crédible aux yeux de nombre de responsables politiques.
Un projet comme le Système de Combat Aérien du Futur lancé en 2017 va-t-il permettre une avancée majeure vers une défense européenne ?
Malheureusement, le SCAF n’est pas assez européen. Seuls la France, l’Espagne et l’Allemagne coopèrent sur ce projet, tandis que l’Italie, le Royaume-Uni et la Suède travaillent ensemble avec le Japon sur un autre projet d’armement. Il n’y a aucun projet qui rassemble pour l’instant largement les pays européens.
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