Le 2 février, c’est la Chandeleur ! Si cette fête fait saliver une grande partie des Français, elle dépasse largement les frontières de l’Hexagone. Outre-Manche et bien au-delà, on ne plaisante pas avec la tradition… même si elle change parfois de forme, d’épaisseur ou même de saison.


La chandeleur, une fête ancienne religieuse, mais pas que
À l’époque des Romains, la Chandeleur était célébrée en l’honneur du dieu de la nature Pan. Avec le temps, elle s’est transformée en fête chrétienne. Elle commémore la présentation du Christ au Temple de Jérusalem, quarante jours après Noël. Son nom provient du latin festa candelarum, la fête des chandelles. À l’époque, des processions aux cierges étaient organisées pour symboliser le voyage de Joseph, Marie et Jésus de Bethléem à Jérusalem.
Mais la Chandeleur possède aussi un héritage païen. Le mois de février marquait la sortie progressive de l’hiver et le retour de la fertilité des terres. Les crêpes, rondes et dorées, symbolisent le soleil et annoncent l’arrivée du printemps. Autrefois, elles permettaient également d’utiliser les excédents de farine de l’année précédente, garantissant prospérité et bonnes récoltes.
Le 2 février est aussi le jour de la marmotte partout aux États-Unis et au Canada : Le principe est le suivant : si la marmotte sort de son terrier ce jour-là et y rentre tout aussi rapidement en voyant son ombre, l’hiver durera encore six semaines. En revanche, si elle ne retourne pas dans son terrier, c’est qu’elle n’a pas vu son ombre, ce qui annonce un printemps plus précoce.
Quand la gourmandise de la Chandeleur devient internationale
Si la Chandeleur s’impose aujourd’hui comme une tradition bien française, les Britanniques possèdent eux aussi leur équivalent : le Pancake Day, célébré cette année le 13 février 2026. Le pancake, cousin britannique de la crêpe, s’en distingue toutefois par son épaisseur qui trahit une gourmandise assumée. Au Royaume-Uni, les pancakes sont mis à l’honneur le jour de Mardi gras. Habituellement, de nombreuses activités sont organisées à travers le pays, notamment les célèbres courses de pancakes où les participants doivent courir tout en faisant sauter leur préparation.
Si la Chandeleur reste solidement ancrée dans la culture française, le monde entier possède ses propres rituels culinaires liés à la fin de l’hiver ou à l’approche du carême. En Russie, par exemple, la fête appelée Maslenitsa, souvent surnommée la semaine des crêpes, se déroule juste avant le grand carême orthodoxe. Bien plus ancienne que sa dimension religieuse, cette célébration marque symboliquement le départ de l’hiver. C’est aussi la dernière occasion de savourer les blini, ces petites crêpes traditionnelles,. En Pologne, la gourmandise prend la forme le Jeudi gras, appelé Tłusty czwartek, célébré six jours avant le mercredi des Cendres. Ici, ce ne sont pas les crêpes qui sont à l’honneur mais les pączki, de généreux beignets fourrés à la confiture. Plus au nord, au Danemark, les æbleskiver sont de petites crêpes rondes et aériennes, cuites dans des moules spécifiques en fonte. Elles sont généralement saupoudrées de sucre glace et dégustées… à Noël.
Les crêpes ont également conquis l’Espagne, probablement grâce aux échanges culturels liés au chemin de Compostelle. Elles y sont dégustées au petit-déjeuner ou au goûter, majoritairement en version sucrée, mais parfois accompagnées de charcuterie ou de fromage. Au Portugal, la Chandeleur est moins associée aux crêpes, la dimension religieuse y restant prédominante. La tradition se perpétue également au sein des communautés françaises expatriées, notamment à Barcelone avec l’UFE. Bonne nouvelle : si la tradition veut que l’on mange des crêpes le 2 février, rien n’interdit d’en préparer le reste de l’année. Après tout, certaines superstitions méritent d’être prolongées… par pure gourmandise.










































