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Alice Ïfergan-Rey, rencontre avec une artiste fée

Par Raphaëlle Choël | Publié le 22/04/2021 à 17:45 | Mis à jour le 22/04/2021 à 17:45
Photo : Crédit photo : Mikaël Doulson
Alice Ïfergan-Rey

Saviez-vous que les fées existent ? Elles s’expriment même en allemand, en anglais, en portugais et bien entendu en français. J’en ai découvert une qui, non seulement a su proposer au monde une nouvelle façon de vivre, elle compte également aussi parmi ceux qui ont su se réinventer de façon agile en cette période unique de crise sanitaire. Rencontre avec Alice Ïfergan-Rey, une jeune femme touchante, délicate et résolument hors du commun…

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots

Je m’appelle Alice Ïfergan-Rey, je suis une artiste-fée. Je crée des moments de rêves et de poésie afin de permettre aux gens de voyager en eux-mêmes. Pour cela j’utilise le langage, les contes, ma voix et mes gestes, des objets et des costumes, que j’orchestre dans ce que j’appelle des « rituels ».

Pouvez-vous présenter votre "offre" d'expérience, comment votre démarche est-elle née ?

Le plus simple serait de raconter un de mes rituels phare, « Bouteille à l’Amour », où j’invite le spectateur à écrire la lettre d’amour qu’il n’a jamais osé écrire. Que ce soit à un proche, à eux-mêmes ou à une idée, ils peuvent écrire à qui ils veulent. Une fois la lettre terminée, je la plonge délicatement dans un bain d’eau, les mots s’y dissolvent puis cette eau est récupérée dans une petite fiole de verre, sur laquelle je grave un nom ou un titre. Le spectateur repart avec sa lettre d’amour liquide et transparente à jamais.

Je propose ces expériences dans des cadres de festivals, musées, centres culturels, mais aussi dans des lieux où l’on ne m’attend pas : camping, café, rue, chez des particuliers et peut-être dans d’autres endroits qui restent à imaginer. 

J’ai suivi des études de Beaux-Arts, en France et en Allemagne. Ma pratique, à la frontière entre l’art, le soin et le spectacle, est la continuité de mon parcours artistique.

 

Alice Ïfergan-Rey
Crédit photo : Mikaël Doulson


A qui vous adressez-vous ?

Je m’adresse à tout le monde, eux, elles, ielles  grands enfants rêveurs, businessman pressés, nomades en quête de sens, athlètes de la stabilité, passionnées de la vie, dépressifs aguerris, jeunes hommes en fleurs, Mamies renfrognées ou encore ta voisine au bout de la rue. Vraiment, mon public a de 7 à 107 ans, la question du genre, de la culture ou du statut social n’y a aucune importance. Parce que mes oeuvres se vivent, n’ont pas besoin d’être intellectualisées et font appel à ce qui nous touche tous intimement : les mots. Chacun y insuffle sa langue, son vocabulaire et donc son rapport au monde.


Quel est votre principal défi ?

Ne plus avoir peur. De rien. Surtout de moi-même.


Une expérience / performance en particulier que vous aimeriez évoquer ? 

Lors du premier confinement, mue par mon besoin de partager coûte que coûte rêve et poésie, je me suis mise à raconter des histoires par téléphone. Cette aventure continue encore aujourd’hui, je ne m’y attendais pas. Les gens me commandent des contes en cadeaux d'anniversaire, pour soutenir un proche mélancolique ou pour le plaisir de la surprise. Je cherche des contes qui vont toucher ce que la personne traverse précisément, les apprend par coeur et les raconte les yeux fermés, allongée sur mon tapis volant, un inconnu au bout du fil. Chaque fois c’est un moment d’émotion fort, pour les auditeurs et auditrices bien sûr, mais pour moi aussi car j’ai alors un retour instantané de l’effet produit (ce qui est important pour entretenir la flamme de la créativité et du partage) et le sentiment de vivre quelque chose de vraiment précieux et rare avec l’autre. Pour cette aventure je me suis associée à Flora Delalande, poète tout en douceur et en sourires qui, bien souvent, compose des poèmes sur mesure en fonction de ce que le commanditaire lui a dit de la personne. Nous sommes bien complémentaires toutes les deux et nous échangeons régulièrement notre répertoire.

 

 

 

Avez-vous un rêve, de quoi sera fait demain?

Aujourd’hui je vis déjà mon rêve, à savoir être une fée à temps plein. Mais je souhaite toucher plus de gens, vivre exclusivement de mon art, proposer mes rituels dans le monde entier, collaborer avec d’autres artistes incroyables et faire un feat avec Aya Nakamura.

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raphaelle choel

Raphaëlle Choël

Journaliste globe-trotteur, auteure d’ouvrages et coach, Raphaëlle a été collaboratrice régulière des éditions de Londres, Shanghai, Singapour, Tel Aviv, Manille et de nos pages Mag. Elle y nourrit généreusement nos colonnes de ses portraits inspirants.
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