Le dernier baromètre Odoxa sur le moral économique des Français, publié en janvier 2026, dresse un constat préoccupant. Malgré une très légère amélioration par rapport au mois de décembre 2025, le niveau de défiance reste historiquement élevé et atteint un record négatif pour un début d’année depuis près de vingt ans. Décryptage.


2026, un moral économique au plus bas en France
Le décor est planté dès le début de l’année. Selon le baromètre Odoxa, 82 % des Français se déclarent défiants quant à la situation économique du pays. Ce chiffre de janvier 2026 recule de trois points par rapport à décembre, mais demeure à un niveau extrêmement élevé. L’indice de moral économique, qui mesure l’écart entre optimistes et pessimistes, s’établit à -64. Il s’agit de la pire mesure enregistrée pour un mois de janvier depuis la création de ce baromètre en 2008… Pour le dire autrement, les projections économiques des Français pour l’année 2026 apparaissent particulièrement pessimistes.
72 % ne croient pas à une forte hausse des marchés boursiers

Selon l’enquête, 67 % des Français estiment que 2026 sera une année de difficultés économiques. Plus de huit Français sur dix s’attendent à une hausse des impôts (83%) et à un faible niveau de croissance (81%). Dans le même temps, la confiance dans une amélioration du pouvoir d’achat atteint son plus bas niveau : 89 % des individus interrogés n’y croient pas. La baisse du chômage est également jugée improbable par 88 % des Français. Enfin, 72 % ne croient pas à une forte hausse des marchés boursiers.
Plus marquant encore, 70 % pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux.

La confiance en l’avenir se dégrade en France
Cette perception s’exprime également dans la comparaison intergénérationnelle. En janvier 2026, 61 % des Français estiment que leur situation sociale est moins bonne que celle de leurs parents au même âge. Plus marquant encore, 70 % pensent que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. Les difficultés économiques se traduisent aussi au cœur du tissu entrepreneurial français. En 2025, le nombre de procédures collectives ouvertes en France a atteint 63.112, selon le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, soit une hausse de 6,3 % par rapport à 2024. Selon les estimations du cabinet Altares, le nombre total de cessations de paiements sur l’ensemble du territoire devrait dépasser les 69.000 en incluant les procédures de sauvegarde.
Pour Odoxa, ces résultats traduisent clairement l’installation d’une fatigue économique durable. Inflation, tensions budgétaires et incertitudes internationales, renforcées par le retour de Donald Trump au pouvoir, ont profondément affecté la capacité des Français à se projeter positivement dans l’avenir. Malgré le relèvement des prévisions de croissance par l’INSEE, la confiance reste donc absente.
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