Le 1er novembre, Pondichéry fête sa libération !

Par lepetitjournal.com de Chennai | Publié le 03/11/2022 à 01:00 | Mis à jour le 03/11/2022 à 11:58
Le Palais du gouvernement illuminé à Pondichery pour le jour de la libération

Avant l’indépendance de l’Inde le 15 août 1947, Pondichéry était, comme Chandernagor, Karaikal, Mahe et Yanaon, un comptoir français. Les cinq comptoirs français n'intégrèrent pas l’Union indienne dès 1947 mais plus tard.

Chandernagor rejoignit l’Union indienne en mai 1950, cependant la cession des 4 autres comptoirs fut plus compliquée. Ils furent transférés de facto à l’Union indienne le 1er novembre 1954, mais le traité de cession ne fut signé que deux ans plus tard et n’entra en application que le 16 août 1962. 

 

C’est la raison pour laquelle Pondichéry, Karaikal, Mahé et Yanaon fêtent leur indépendance le 16 août et non le 15 août comme le reste de l’Union indienne. Le 1er novembre, jour du transfert de facto des comptoirs à l’Union indienne, a été déclaré jour de la libération et est un jour férié à Pondichéry.

Ce jour-là, un défilé militaire est organisé sur le bord de mer de la ville. Cette année, il se fit sous les premières pluies de la mousson du nord-est.

 

Défilé pour le jour de la libération à Pondichéry
@ twitter All India Radio News

 

Interviewé par la rédaction, Raj, un habitant de Pondichéry, a déclaré que la majorité de la population locale sait que le 1er novembre est le jour de la libération de Pondichéry et que c’est un jour férié. Mais, selon lui, en dehors des événements institutionnels, personne ne le fête en famille. 

 

Le transfert des comptoirs français à l’Union indienne

Selon David Annoussamy, auteur de L’intermède français en Inde, jusqu’à l’indépendance de l’Inde, il n’existait pas de mouvement anti-français à Pondichéry. Brusquement, quand l’indépendance fut assurée, la presse indienne se lança dans une violente diatribe contre ce qu’elle appelait « les poches étrangères en Inde ». Tout de suite après l’indépendance, le gouvernement indien déclara à son tour qu’il ne reconnaissait pas les droits de la France sur les comptoirs. Et dès le 28 août 1947, la France et l’Inde par une déclaration conjointe expriment leur désir de régler à l’amiable l’avenir des comptoirs. 

 

Le rattachement de Chandernagor fut rapide

Le rattachement de Chandernagor à l’Union indienne se fit rapidement. La ville fut d’abord sortie de la tutelle de Pondichéry, puis un référendum fut organisé en 1949 durant lequel les électeurs refusèrent le maintien de la ville au sein de l’Union française. Cependant, la discussion sur le traité de cession trainant et l’ordre public commençant à être menacé, la France demanda à l’Inde de prendre en charge le territoire de facto, ce qui fut accompli le 2 mai 1950.

 

A Pondichéry, Karaikal, Mahé et Yanaon, l'intégration dans l'Union indienne fut plus laborieuse

La cession des 4 autres comptoirs fut plus longue et compliquée : organisation d’élections municipales, proposition de référendum sur le rattachement à l’Inde qui fut finalement abandonnée, blocus des frontières des comptoirs et suspension de la fourniture d’électricité à Pondichéry… les années qui suivirent l'indépendance de l'Inde furent mouvementées.

Ni la France ni l’Inde ne s’entendirent sur les modalités d’interrogation de la population et ce fut finalement un événement extérieur qui déclencha, en 1954, la cession de Pondichéry et des 3 autres comptoirs à l’Union indienne.

Selon David Annoussamy, le gouvernement français, dirigé par Mendès France, qui était résolument  engagé dans une politique de décolonisation, avait besoin de l’aide du gouvernement indien pour les négociations avec le Viet-minh après la chute de Dien Bien Phu au Vietnam. Aussi accepta-t-il en juillet 1954 le principe du transfert immédiat de facto des établissements, remettant à plus tard la discussion et la signature du traité de cession en bonne et due forme.

 

Un accord fut préparé et accepté rapidement par les deux pays et le 1er novembre 1954, Pondichéry, Karaikal, Mahé et Yanaon, furent de facto transférés à l’Union indienne. La population n’a finalement jamais été consultée dans ce processus. 

Le traité de cession en bonne et due forme fut signé deux ans plus tard, le 28 mai 1956, et entra en vigueur le 16 août 1962, six ans plus tard. 

 

Le choix de la nationalité pour les habitants des comptoirs français 

En vertu du traité de cession, Pondichéry est redevenue territoire indien à partir du 16 août 1962, et ses habitants se sont vus conférer la nationalité indienne.

Toutefois, le traité prévoyait dans ses articles 5 et 6 une possibilité d’option à exercer dans les 6 mois en vue de la conservation de la nationalité française pour toutes les personnes nées à Pondichéry et domiciliées dans l’Inde, y compris les Établissements, au moment de l’entrée en vigueur du traité. D’après les articles 7 et 8, les personnes nées à Pondichéry et domiciliées ailleurs, et qui ne se trouvaient pas touchées par le traité, pouvaient opter pour l’acquisition de la nationalité indienne dans le même délai.

 

Dès le rattachement de facto des comptoirs à l’Union indienne, une première vague d’habitants tamouls de ces territoires ayant la nationalité française émigra en France puis une deuxième en 1962 lors de l’entrée en application du traité. Pour ces personnes, l’intégration en France fut plus compliquée que ce à quoi ils s'attendaient (Les Franco-indiens en Métropole, le choc des cultures). 

 

Aujourd’hui, des enfants de Pondichériens émigrés en France reviennent dans l’ancien comptoir français à la recherche de leurs racines, comme Vinna que nous avions interviewée (Vinna Vienne, portrait d’une jeune franco-indienne de retour au pays de ses ancêtres).

 

 

 

 

 

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