Un nouvel épisode de tensions linguistiques agite l’Inde, notamment au Tamil Nadu, qui s’oppose fermement à la politique des trois langues prônée par la National Education Policy (NEP). Derrière cette réforme éducative, se cache une question plus profonde : celle de l’imposition de l’hindi et de ses implications culturelles et politiques.


La politique des trois langues : de quoi s’agit-il ?
La NEP prévoit que les élèves indiens apprennent trois langues : leur langue maternelle, l’hindi et l’anglais. Si cette réforme se veut inclusive, elle est perçue comme une tentative d’uniformisation au détriment des langues régionales, notamment au Tamil Nadu, où seul l’anglais est enseigné en plus du tamoul.
L’opposition du Tamil Nadu : une question identitaire
Le Tamil Nadu rejette depuis longtemps l’imposition de l’hindi. Pour cet État, la politique des trois langues est une menace pour la survie du tamoul et un outil de domination culturelle. Cette résistance s’inscrit dans une tradition historique : déjà dans les années 1960, des manifestations massives avaient eu lieu contre l’hindi.
Une dimension politique et religieuse ?
L’hindi est souvent associé au nationalisme hindou et à l’idéologie du BJP, le parti au pouvoir. Son imposition dans l’éducation pourrait renforcer l’hindouisation du système scolaire, ce qui inquiète les États du sud, où la culture dravidienne et les influences locales sont très marquées. Cette tentative d’unification linguistique va de pair avec une centralisation du pouvoir par New Delhi.
Les risques d’une telle politique
Au-delà de l’opposition politique, cette réforme pourrait créer une fracture sociale et renforcer le sentiment d’exclusion chez les non-hindiphones. De plus, elle risque d’augmenter le taux d’abandon scolaire, notamment chez les élèves ayant du mal à assimiler une troisième langue.
Loin d’être une simple réforme éducative, la politique des trois langues pose la question de la diversité culturelle en Inde. Le Tamil Nadu rappelle que l’unité du pays repose sur la pluralité et non sur l’uniformisation. Cette résistance pourrait bien inspirer d’autres États à défendre leur patrimoine linguistique face à une centralisation croissante.
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