Selon le ministère cambodgien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, la Thaïlande a installé cette statue sur le territoire cambodgien, dans la zone de Phnom Beng. La statue a été mise en place le vendredi 18 septembre, sous escorte de membres des forces armées thaïlandaises et de moines. Le ministère cambodgien dénonce un nouvel épisode de « recours à des structures et à des symboles religieux par la Thaïlande pour empiéter illégalement sur le territoire cambodgien ».


Une pratique récurrente depuis le cessez-le-feu au Cambodge
L’érection de statues dans les zones disputées s’inscrit dans une série d’événements répétés depuis le cessez-le-feu du 27 décembre 2025.
Le ministère affirme qu’au moins 36 statues ont été érigées dans les provinces de Preah Vihear et d’Oddar Meanchey. Les autorités thaïlandaises contestent cette lecture et affirment que ces statues se trouvent en territoire thaïlandais, où elles revêtent une fonction religieuse et symbolique.
Phnom Penh invoque les accords frontaliers franco-siamois
Selon les autorités, cette installation constitue une violation de la souveraineté et des frontières du Cambodge, établies par la Convention franco-siamoise de 1904 et le traité de 1907.
L’initiative thaïlandaise contrevient également à l’article 5 du protocole d’accord de 2000 conclu par les deux pays sur la reconnaissance et la démarcation de leur frontière terrestre.
Selon le ministère cambodgien, elle enfreint aussi les mesures de désescalade prévues par la déclaration conjointe adoptée lors de la troisième réunion spéciale du Comité général des frontières, en décembre 2025.
Le gouvernement cambodgien a condamné la revendication territoriale unilatérale formulée par la Thaïlande. Il a réaffirmé que ces actes ne modifieraient pas la position juridique officielle du Cambodge concernant le tracé de sa frontière.
La Thaïlande se défend dans le différend frontalier
Selon la Thaïlande, les statues de Bouddha ont été installées du côté thaïlandais de la frontière, dans des secteurs que Bangkok considère comme relevant de sa souveraineté.
Elle rejette les accusations cambodgiennes d’incursion et affirme que ces installations respectent les engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu du 27 décembre 2025, qui avait alors prévu le maintien des positions militaires. Les autorités présentent ces édifices comme des symboles religieux destinés à soutenir le moral des militaires, et non comme des instruments de revendication territoriale.
Un différend à l’encontre des récentes démarches bilatérales entre Phnom Penh et Bangkok
Ces accusations réciproques surviennent quelques jours après la clôture, à Singapour, de la première réunion de la commission de conciliation consacrée au différend maritime, organisée du 14 au 16 septembre 2026. Cette démarche visait à maintenir un canal de dialogue et à rétablir progressivement la confiance.
Dans ce contexte, les tensions liées aux installations religieuses dans les zones frontalières terrestres montrent la fragilité du processus diplomatique : alors que les discussions maritimes cherchent à favoriser l’apaisement, les accusations d’atteinte à la souveraineté continuent d’alimenter la méfiance. Le processus de conciliation se poursuit, avec de nouvelles discussions techniques et juridiques attendues.
Article réécrit par : la rédaction du Petit Journal du Cambodge
Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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