Édition internationale

Une galerie d’art sous-marin au large du Cambodge

À Kep, le projet S.E.A. Ocean Gallery veut associer art contemporain, restauration marine et tourisme culturel. Son lancement reste toutefois conditionné à plusieurs étapes de développement et d’autorisation.

Photo d'illustration tirée de la présentation sur S.E.A. OCEAN GALLERY. Photo : James deCaires TaylorPhoto d'illustration tirée de la présentation sur S.E.A. OCEAN GALLERY. Photo : James deCaires Taylor
Photo d'illustration tirée de la présentation sur S.E.A. OCEAN GALLERY. Photo : James deCaires Taylor
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 16 août 2026

La province de Kep pourrait accueillir un vaste projet d’art sous-marin baptisé S.E.A. Ocean Gallery. Portée par l’initiative Art for Kep, en lien avec le site de Kep West, le resort Knai Bang Chatt et l’organisation Marine Conservation Cambodia, la future galerie est présentée comme un espace artistique, un dispositif de restauration marine et un nouvel outil de valorisation touristique.

Le projet prévoit l’installation de sculptures sur les fonds marins, dans le but de créer des habitats artificiels favorables à la colonisation par les coraux et d’autres espèces marines. Les œuvres devraient être fabriquées par impression tridimensionnelle à partir de matériaux minéraux ou de géopolymères conçus pour résister au milieu marin.

Selon ses promoteurs, l’objectif est de réunir dans un même programme création artistique, protection de la biodiversité et développement local.

Une implantation au large de Koh Karang

La galerie sous-marine doit être installée dans une zone située au large de Kep, près de Koh Karang, à environ 8,5 kilomètres du littoral. Le site se trouve dans une aire de gestion halieutique protégée.

Le projet devrait comprendre deux espaces distincts : une exposition terrestre et un centre d’accueil des visiteurs à Kep West, ainsi qu’une galerie immergée au large de la province. Les sculptures seraient d’abord présentées sur le site terrestre avant leur installation progressive sous la mer.

L’ouverture officielle de l’exposition terrestre est annoncée vers la fin de l’année 2026. Les premières immersions pourraient débuter à partir de 2027. Le développement de la galerie sous-marine est présenté comme un programme d’environ dix ans, avec un objectif d’achèvement fixé à l’horizon 2035.

Ces échéances restent toutefois prévisionnelles. 

Un partenariat pour promouvoir Kep

Le 7 août 2026, le Cambodia Tourism Board et Art for Kep ont annoncé la signature d’un accord destiné à promouvoir Kep et la future galerie auprès de publics internationaux.

Ce partenariat doit notamment soutenir la communication autour du projet et renforcer le positionnement de Kep comme destination de tourisme culturel et maritime. Il bénéficie du dispositif Cambodia Tourism Board Matching Grant on Overseas Promotion of Events, consacré à la promotion d’événements à l’étranger.

Pour les porteurs du projet, la S.E.A. Ocean Gallery pourrait contribuer à diversifier l’image de Kep, souvent associée à son littoral, à ses produits de la mer et à ses paysages côtiers.

« L’Ocean Gallery associera l’art contemporain à la restauration marine : chaque sculpture deviendra un récif vivant », a déclaré Jef Moons, président d’Art for Kep.

 

Un concept déjà développé dans plusieurs pays

L’idée d’installer des œuvres d’art sous la mer afin de créer un site touristique et de soutenir la biodiversité n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une tradition internationale de parcs et de musées sous-marins.

Le Molinere Underwater Sculpture Park, à la Grenade, créé par l’artiste britannique Jason deCaires Taylor, est souvent considéré comme l’un des premiers projets modernes de ce type. Le MUSA, ou Museo Subacuático de Arte, ouvert en 2009 près de Cancún, au Mexique, est devenu l’un des exemples les plus connus de musée sous-marin consacré à l’art contemporain.

D’autres initiatives ont suivi, notamment le Museo Atlántico à Lanzarote, en Espagne, et le Side Underwater Museum en Turquie. Ces projets utilisent la sculpture immergée pour attirer les visiteurs tout en favorisant la création d’habitats marins.

Il existe également des musées sous-marins consacrés au patrimoine archéologique. Le musée de Baiheliang, en Chine, protège ainsi un site historique accessible depuis la surface, tandis que des projets liés au patrimoine immergé ont été évoqués à Alexandrie, en Égypte.

La S.E.A. Ocean Gallery relève principalement de la première catégorie : celle des projets associant art contemporain, tourisme et restauration écologique.

Une adaptation du modèle à Kep

L’originalité revendiquée pour Kep ne repose donc pas sur l’invention du musée sous-marin, mais sur l’adaptation de ce modèle au contexte cambodgien.

Le projet entend s’appuyer sur les caractéristiques naturelles de la province, son environnement marin et son potentiel touristique. Ses promoteurs souhaitent également que les sculptures servent de supports permanents à la formation de récifs artificiels.

« La vision de la galerie est simple : l’art et la restauration de la mer peuvent être réunis en un seul projet », a expliqué Peter Brongers.

Cette ambition devra néanmoins être évaluée au regard des contraintes environnementales, techniques et réglementaires liées à l’installation d’œuvres dans une zone marine protégée. Les effets réels sur les récifs, les espèces locales et les activités de pêche dépendront notamment des matériaux utilisés, de l’emplacement des sculptures et du suivi scientifique du site.

Si le calendrier annoncé est maintenu, Kep pourrait accueillir une première exposition terrestre en 2026, avant le déploiement progressif des sculptures sous-marines à partir de 2027. La réalisation de la galerie dans son ensemble devrait ensuite s’étendre jusqu’en 2035.

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