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Pour venir à bout des mariages d’enfants au Cambodge

Malgré la loi, les mariages d’enfants persistent au Cambodge, alimentés par la pauvreté, les traditions et l’abandon scolaire. Des solutions existent pour mieux protéger les jeunes.

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CC : Unicef
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 11 août 2026

Au Cambodge, les mariages d’enfants continuent malgré les lois qui les interdisent. Selon l’UNICEF, le mariage d’enfants désigne toute union officielle ou informelle impliquant une personne âgée de moins de 18 ans.

Or, selon le Child Marriage Data Portal, en 2022, 2 % des filles cambodgiennes étaient mariées avant l’âge de 15 ans et 18 % avant leur majorité. L’Enquête démographique et de santé 2021-2022 indique également que 3 % des garçons étaient mariés avant leurs 18 ans.

Ces mariages privent les enfants de leurs droits, interrompent souvent leur scolarité et renforcent les inégalités entre les filles et les garçons.

Traditions, pauvreté et abandon scolaire au Cambodge

Les mariages précoces sont liés à plusieurs facteurs : les normes culturelles, la pauvreté et l’accès limité à l’éducation. Dans certaines communautés rurales, les filles sont encore considérées avant tout comme de futures épouses et mères.

Dans la communauté kreung, dans la province de Ratanakiri, certaines adolescentes subissent des pressions pour se marier dès l’âge de 14 ans. Sreyda, une jeune fille de la province, avait été contrainte d’abandonner l’école à 15 ans pour épouser son cousin. Avec l’aide des autorités locales et du Groupe consultatif des adolescents et des jeunes (AYRG), elle a refusé cette décision et a pu poursuivre sa scolarité.

Pour en savoir plus : Les jeunes Cambodgiens face au choix du mariage

Les difficultés financières peuvent également pousser certaines familles à voir le mariage comme un moyen de réduire leurs dépenses. Selon Hor Kosal, directeur national de Chab Dai, le retour de nombreux travailleurs migrants sans emploi a accentué les difficultés économiques et contribué à la hausse des mariages précoces cette année.

Une loi cambodgienne appliquée de manière inégale

La loi cambodgienne sur le mariage et la famille fixe l’âge légal du mariage à 20 ans pour les hommes et à 18 ans pour les femmes. Toutefois, cette loi est encore insuffisamment respectée, en particulier dans les zones rurales.

Selon l’UNICEF, le Cambodge ne dispose pas d’une institution unique chargée de suivre les droits de l’enfant. Les responsabilités sont réparties entre plusieurs ministères, ce qui complique la coordination et le suivi des situations.

Des conséquences sanitaires, sociales et économiques au Cambodge

Les mariages précoces entraînent souvent des grossesses adolescentes. Les jeunes mères et leurs nouveau-nés sont alors exposés à des risques importants. Selon l’Organisation mondiale de la santé, ces jeunes filles sont davantage exposées aux complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Leurs nouveau-nés sont également plus exposés à la prématurité et à un poids insuffisant à la naissance.

Les conséquences psychologiques peuvent aussi être lourdes, notamment lorsque ces unions s’accompagnent de violences physiques ou sexuelles. Elles réduisent l’autonomie des filles, renforcent les normes patriarcales et accroissent les risques de violences domestiques et d’isolement.

Les mariages d’enfants ont également un coût économique pour le Cambodge. En interrompant la scolarité des jeunes filles, ils réduisent leurs possibilités d’emploi et leur capacité à disposer d’un revenu indépendant. Selon Yi Kimthan, directrice adjointe de Plan International Cambodge, cette dépendance financière peut permettre aux maris de contrôler les ressources du foyer.

Une pratique encore banalisée dans certaines communautés cambodgiennes

Un débat en ligne relayé par Kiripost au sujet du mariage d’une fille de 14 ans avec un homme âgé d’une cinquantaine d’années a montré que certains internautes continuent de défendre ces unions, parfois au nom de la richesse ou des traditions.

Cette banalisation complique l’application de la loi. Certaines familles et communautés peuvent hésiter à signaler les cas ou à coopérer avec les autorités.

Les traditions ne peuvent pourtant pas justifier des pratiques qui privent les enfants de leur jeunesse, de leur éducation et de la possibilité de choisir leur avenir.

Quelles solutions contre les mariages d’enfants au Cambodge ?

La lutte contre les mariages d’enfants doit associer protection juridique et mobilisation sociale. Le développement des bourses scolaires et des aides financières pourrait aider les familles modestes à maintenir leurs filles à l’école, notamment dans le secondaire.

Les responsables locaux, les enseignants et les parents ont également un rôle essentiel à jouer. Ils doivent mieux faire connaître les droits de l’enfant et signaler les situations à risque. Des dialogues communautaires animés par des femmes ayant subi un mariage forcé pourraient aussi aider les familles à comprendre les conséquences sanitaires, sociales et économiques des mariages précoces.

Mettre fin aux mariages d’enfants exige une mobilisation collective. Tant que cette pratique sera socialement tolérée, les lois cambodgiennes ne suffiront pas à protéger pleinement les enfants.

Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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