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Un plan pour lutter contre les incendies dans les forêts Cambodgiennes

Au Cambodge, communautés et satellites s’unissent pour contenir les incendies menaçant les forêts du Tonlé Sap et les ressources vitales de millions d’habitants.

Un plan pour lutter contre les incendies dans les forêts CambodgiennesUn plan pour lutter contre les incendies dans les forêts Cambodgiennes
Des agents de l'environnement ont éteint un feu de forêt. Photo publiée sur la page Facebook du ministère de l'Environnement le 19 janvier 2026.
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 26 juin 2026

Autour du Tonlé Sap, plus grand lac d’Asie du Sud-Est, les forêts inondées évoluent au rythme des saisons. Durant la saison sèche, à partir de janvier, le retrait des eaux laisse place à un tapis dense de végétation desséchée, particulièrement inflammable. 

Ce phénomène naturel est accentué par le changement climatique. La période sèche s’allonge et la saison des pluies a perdu environ un mois en quelques décennies. 

Dans la majorité des cas, les départs de feu sont liés à des activités humaines : feux de cuisson mal maîtrisés, mégots de cigarette et défrichements illégaux.

Plus de 30 % des forêts inondées du Tonlé Sap ont disparu entre 1993 et 2017, sous l’effet des incendies et de l’expansion agricole. 

Un impact direct sur la sécurité alimentaire

 L’ONG Conservation International-Cambodge, qui a pour but de préserver la biodiversité  alerte sur les impacts de ces incendies sur les ressources halieutiques. Le sol forestier, riche en matière organique, permet un habitat pour les poissons, des escargots et des crabes ainsi que leur reproduction. 

Sokrith Heng, responsable du projet de détection des incendies indique « Si ces forêts brûlent, les cendres rendent ces eaux épaisses et inhabitables et dans une région où des millions de personnes dépendent des pêcheries du lac, chaque incendie peut devenir une crise de sécurité alimentaire. »  

La technologie au service des communautés locales

La rapidité d’intervention reste déterminante. Les incendies se déclenchent souvent loin des zones habitées, invisibles jusqu’à ce qu’ils prennent de l’ampleur.

Jusqu’à récemment, les systèmes de surveillance disponibles transmettaient les alertes avec plusieurs heures de décalage. Depuis 2022, l’ONG Conservation Internationale et l’entreprise OroraTech, utilisent des satellites afin de détecter les incendies. 

« L’alerte indique aux équipes exactement où aller alors que le feu est encore maîtrisable avec un équipement de base », explique Sokrith Heng. « Mais ce sont les communautés qui font la vraie différence. Lorsqu’elles reçoivent des informations à temps et disposent des compétences et de l’équipement nécessaires pour intervenir, elles peuvent arrêter les petits incendies avant qu’ils ne deviennent des pertes forestières catastrophiques. »

Pendant deux ans, chaque alerte a été vérifiée. Le taux de précision, évalué entre 80 % et 90 %, a fini par convaincre les communautés locales.

Biodiversité et protection des populations

Les enjeux dépassent la seule question des ressources alimentaires. Ces forêts comptent parmi les écosystèmes les plus riches de la région.

Selon Chanthorn Srorn, de Conservation International-Cambodge, il y a un signal encourageant : « Nous avons récemment observé un chat pêcheur à Pursat pour la première fois depuis 15 ans. Pour moi, cela veut tout dire. Ces forêts, quand on les protège, reprennent vie. »

Les forêts jouent également un rôle de protection pour les habitants du lac. Lors des tempêtes, les familles vivant dans des villages flottants déplacent leurs habitations vers ces zones boisées afin de se protéger des vents et des vagues.

Vers une extension du dispositif

Le projet pilote de Conservation International a démontré son efficacité. En trois ans, plus de 50 incendies ont été contenus, protégeant environ 64 000 hectares de forêt. Ce modèle devrait être étendu à l’ensemble du Tonlé Sap et le long du Mékong, où les mêmes dynamiques de sécheresse et de pression humaine sont observées.

« Cette combinaison de technologie et de gestion locale est essentielle pour protéger ce qui reste — et ce qui peut encore être sauvé », conclut Sokrith Heng.

 

 

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