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Peine confirmée mais aménagée par la Cour suprême cambodgienne pour Rong Chhun

La Cour suprême a confirmé vendredi la condamnation pour incitation de l’ancien dirigeant syndical et conseiller du Nation Power Party, Rong Chhun, tout en suspendant sa peine de quatre ans de prison et en le plaçant sous surveillance judiciaire pendant trois ans.

Peine confirmée mais aménagée par la Cour suprême cambodgienne pour Rong ChhunPeine confirmée mais aménagée par la Cour suprême cambodgienne pour Rong Chhun
Rong Chhun, défile avec ses partisans en direction de la Cour suprême Phnom Penh, le 19 juin . (CamboJA/Pring Samrang)
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 22 juin 2026

Rong Chhun avait été condamné par un tribunal de Phnom Penh en mai 2025 pour incitation à troubler l’ordre social, à la suite de déclarations publiques concernant des opérations d’escroqueries en ligne au Cambodge ainsi que la frontière avec le Vietnam. Il avait été condamné à quatre ans de prison, à une amende de 4 millions de riels (1 000 dollars) et privé de ses droits de vote et d’éligibilité. Son incarcération avait été suspendue dans l’attente de l’appel, bien qu’il soit resté sous contrôle judiciaire.

La Cour suprême a également réduit une interdiction à vie de ses droits politiques à une durée de cinq ans. Pendant les trois années de surveillance, Rong Chhun ne pourra pas quitter Phnom Penh ni participer à des rassemblements publics.

« Cette décision est très injuste et il n’y a toujours pas de réconciliation nationale ni d’unité nationale », a déclaré Rong Chhun aux journalistes devant le tribunal.

Une décision contestée par ses soutiens

« Nous ne pouvons pas accepter ce résultat. Nous espérions être libres de participer aux élections et de contribuer à promouvoir l’image de notre pays, mais cet espoir a échoué », a-t-il ajouté.

 

La police érige des barricades devant la Cour suprême en prévision d'une décision concernant le pourvoi formé par Rong Chhun contre sa condamnation pour incitation à la révolte. Phnom Penh, le 19 juin 2026. (CamboJA/Pring Samrang)

La police érige des barrières devant la Cour suprême en prévision d'une décision concernant le pourvoi formé par Rong Chhun contre sa condamnation pour incitation à la révolte. Phnom Penh, le 19 juin 2026. (CamboJA/Pring Samrang)

 

Des centaines de partisans se sont rassemblés devant la Cour suprême pour l’annonce du verdict. Une mobilisation similaire avait eu lieu lors de l’audience finale lundi, au cours de laquelle des soutiens ont affirmé que les autorités avaient restreint leur accès au tribunal.

« Je suis très contrariée que le tribunal l’ait poursuivi. C’est très injuste car il n’a jamais porté atteinte aux intérêts de la nation », a affirmé Tep Youri, une sympathisante venue de la province de Battambang.

« Le tribunal l’a maintenant réduit au silence en saisissant sa maison », a-t-elle ajouté, estimant que cette décision susciterait des critiques internationales.

Une affaire jugée politique

L’avocat de Rong Chhun, Em Chantha, a qualifié la décision de la Cour suprême d’inacceptable, tout en estimant que la réduction de la peine constituait un point positif.

Rong Chhun, ses partisans ainsi que des organisations de défense des droits humains considèrent que cette affaire est motivée par des raisons politiques. Sa condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de répression visant des figures et partis d’opposition ces dernières années, alors que le Parti du peuple cambodgien consolide son pouvoir après plus de quatre décennies de domination.

Un contexte politique tendu

Ce verdict intervient dans un climat de concessions juridiques limitées pour d’autres figures de l’opposition visées par la justice. Kem Sokha, ancien dirigeant du Parti du sauvetage national du Cambodge désormais dissous, a bénéficié le mois dernier d’une grâce partielle mettant fin à ses 27 années d’assignation à résidence pour trahison, tout en maintenant son interdiction à vie d’exercer une activité politique ainsi qu’une interdiction de voyager à l’étranger pendant cinq ans.

Rong Chhun avait déjà été condamné pour incitation en 2021, après des propos suggérant qu’une communauté située le long de la frontière avec le Vietnam avait perdu des terres lors du processus de délimitation frontalière. Il avait alors purgé plus de 15 mois de prison.

En avril 2025, le tribunal municipal de Phnom Penh avait ordonné la saisie de ses biens, dont sa maison dans la capitale, en raison d’une amende de 400 millions de riels (100 000 dollars) liée à cette condamnation de 2021.

Khuon Narim et Coby Hobbs

Avec l'aimable autorisation de CamboJA News, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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Publié le 22 juin 2026, mis à jour le 22 juin 2026
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