Deux mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile à la frontière thaïlandaise, plus de 65 000 Cambodgiens restent déplacés, confrontés aux mines, aux destructions et à l’incertitude.


Deux mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu ayant mis fin à vingt jours d’intenses affrontements frontaliers, plus de 65 000 Cambodgiens demeurent dans l’impossibilité de regagner leur domicile en raison des risques liés aux mines et des tensions territoriales persistantes, a indiqué le ministère de l’Intérieur le 24 février.
Plus de 65 000 personnes toujours déplacées
Selon les données du ministère, 65 175 personnes — dont environ seulement 15% d'hommes — vivent encore dans des abris temporaires ou chez des proches. Si quelque 1 500 déplacés ont pu regagner leur foyer le 23 février, des dizaines de milliers d’autres attendent toujours l’autorisation de rentrer, conditionnée à des garanties de sécurité.
Ces familles n’ont pas accès aux « zones jaunes », où les équipes de déminage poursuivent leurs opérations de neutralisation des engins non explosés (UXO), ni aux « zones rouges », situées dans des secteurs à haut risque le long de la frontière thaïlandaise. Les conséquences humanitaires dépassent largement la seule question du déplacement. Au total, 42 écoles et 20 hôpitaux restent fermés dans trois provinces.
Destruction massive après vingt jours de combats
Le ministère souligne que le cessez-le-feu a permis d’éviter de nouveaux dégâts depuis son précédent rapport publié le 4 février. Toutefois, l’ampleur des destructions causées par le conflit du 7 au 27 décembre reste considérable. Les affrontements ont détruit 980 habitations ainsi que des infrastructures essentielles, dont des hôtels, des stations-service et un marché privé.
Les biens publics ont également subi d’importants dommages : 87 tronçons de route, trois lignes de transmission électrique et 42 bâtiments gouvernementaux ont été touchés. Le patrimoine culturel n’a pas non plus été épargné. Dix-neuf pagodes et quatre temples ont été endommagés au cours des combats, laissant des traces durables dans le paysage culturel du pays.
Par CHHUON Kongieng
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