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SVAY Angkeara : « Le français devrait être la deuxième langue »

Portrait de SVAY Angkeara, ingénieur cambodgien formé en France, engagé dans le développement local et défenseur de la francophonie.

SVAY Angkeara, directeur technique chez LBL InternationalSVAY Angkeara, directeur technique chez LBL International
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 21 juin 2026

Le 2 juin s’est tenue la 4e édition de la « Journée France Alumni Cambodge » à l’ambassade de France de Phnom Penh, pour célébrer l’excellence des alumni cambodgiens. À l’occasion, des anciens élèves ont présenté leurs projets entrepreneuriaux ou scientifiques au concours « Talents innovants ». Avec son projet sur la cartographie des sous-sols de Phnom Penh, SVAY Angkeara est arrivé à la deuxième position.
Originaire de la province de Takeo, au sud de Phnom Penh, il a grandi dans un environnement rural avant de poursuivre ses études dans la capitale. « Après mes deux ans à l’ITC, j’ai eu la chance de passer le concours de Polytechnique, et d’y être admis. » Il a alors rejoint la France en 2009 grâce à une bourse du gouvernement français. Il a poursuivi sa spécialisation en génie civil à l’École nationale des ponts et chaussées, complétant ainsi une formation d’ingénieur de haut niveau. Il a également obtenu un doctorat en ingénierie géotechnique de l’École Centrale Paris. À l’issue de ses études, SVAY Angkeara a travaillé dans de grandes entreprises nationales et a notamment travaillé sur le chantier du Grand Paris.

Revenir construire au Cambodge

La crise sanitaire de 2020 a agi comme un déclencheur. SVAY Angkeara a choisi de rentrer au Cambodge pour mettre ses compétences au service du pays. Il a rejoint LBL International, où il occupe aujourd’hui le poste de directeur technique. « Je me suis demandé ce que je pourrais faire si je rentrais au Cambodge. Je voulais utiliser ce que j’ai appris pour construire chez moi. » En parallèle, il participe à la création de structures dédiées au conseil en ingénierie et au contrôle technique, contribuant au développement du secteur local. Dans la continuité de son expertise, SVAY Angkeara développe depuis un an et demi un projet de cartographie 3D des sous-sols de Phnom Penh. « Avant chaque construction, on réalise des études de sol. Mais toutes ces données ne sont pas connectées. »

Son projet vise à centraliser ces informations afin de créer une cartographie accessible et exploitable. Actuellement en phase de test, l’outil pourrait contribuer à améliorer la planification urbaine, réduire les coûts et limiter les risques sur les chantiers.

Le français, un levier dans son parcours

C’est à l’ITC que SVAY Angkeara a appris le français, atteignant en deux ans un niveau suffisant pour poursuivre ses études en France. La langue est ensuite devenue un outil central dans son parcours. « J’ai fait toutes mes études supérieures en France et j’y ai travaillé. Le français est devenu naturel. » Aujourd’hui encore, il évolue dans un environnement largement francophone. « LBL est une entreprise franco-cambodgienne, toute la direction est francophone. Je travaille et je communique en français au quotidien », explique-t-il. « Nous travaillons régulièrement avec des investisseurs et des entreprises françaises. »

Sur le plan personnel, le français, qu’il décrit comme « une langue de l’amour », occupe aussi une place particulière : « C’est en France que j’ai rencontré mon épouse. Nous étions tous les deux étudiants cambodgiens. »

Encourager les parcours francophones au Cambodge

Pour cet ingénieur, la maîtrise du français représente un véritable atout pour les jeunes Cambodgiens : « L’anglais est devenu incontournable, mais le français reste une valeur ajoutée absolue à ne pas négliger pour les nouvelles générations. » Il souligne également la dimension internationale de la francophonie, à l’approche du sommet prévu au Cambodge en 2026. « De nombreux pays dans le monde continuent à utiliser le français. » Rentré au Cambodge il y a six ans, il s’implique depuis auprès des jeunes générations en étant « hyper actif dans la communauté ». Il essaye de « transmettre et montrer ce qu’il est possible de faire, que ce soit aux étudiants ou aux jeunes professionnels ».

Par son parcours, de Takeo aux grandes écoles françaises puis aux projets internationaux, il incarne une trajectoire qui illustre les opportunités offertes par la francophonie. « Je ne suis pas une figure publique, mais si mon parcours peut inspirer, alors c’est déjà important », conclut SVAY Angkeara.

Coline LUCZAK


Le Cambodge accueille cette année le 26e Sommet de la Francophonie. Le Cambodge est-il pour autant un pays francophone ? La question reste posée et mérite un long développement.

Au Petit Journal, nous sommes allés à la rencontre de ces Cambodgiens qui font vivre la francophonie au quotidien. Ils sont issus de tous les milieux et leur histoire est, à chaque fois, singulière. Qu’ils exercent dans l’enseignement, les sciences, les arts ou au sein du gouvernement, leurs profils sont multiples, mais toujours passionnants.

Retrouvez les témoignages déjà publiés de en suivant ce lien : Ces Cambodgiens qui font vivre la francophonie

bonnes lectures...

 

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