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Alerte nationale au Cambodge après 839 feux de forêt en une semaine

Face à une multiplication des incendies de forêt à travers le pays, les autorités cambodgiennes renforcent les interdictions de brûlage, tandis que des chercheurs pointent un manque de coordination entre ministères.

Alerte nationale au Cambodge après 839 feux de forêt en une semaineAlerte nationale au Cambodge après 839 feux de forêt en une semaine
Des agents de l'environnement ont éteint un feu de forêt. Photo publiée sur la page Facebook du ministère de l'Environnement le 19 janvier 2026.
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 23 janvier 2026

Le Cambodge a enregistré 839 incendies de forêt en une seule semaine, incitant le ministère de l’Environnement à ordonner à l’ensemble des 25 provinces et de la capitale de lancer des campagnes de sensibilisation et d’interdire strictement le brûlage des déchets, de la paille de riz et des zones forestières. Un chercheur alerte toutefois sur un manque de coordination dans les mesures gouvernementales.

Selon un communiqué du ministère, les incendies ont été recensés sur tout le territoire entre le 12 et le 18 janvier. La province de Preah Vihear arrive en tête avec 192 cas, suivie d’Oddar Meanchey et de Kratie (111 cas chacune), puis de Mondolkiri avec 107 incendies.

Des consignes strictes pour préserver la santé publique

Le ministre de l’Environnement, Eang Sophalleth, a donné instruction lundi à tous les départements provinciaux et municipaux de l’environnement de mener des actions de sensibilisation et de faire respecter l’interdiction totale des feux à ciel ouvert, qu’il s’agisse de déchets, de résidus agricoles ou de forêts, afin de prévenir la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé publique.

« La qualité de l’air doit être protégée à tout prix pour le bien-être du peuple cambodgien et de l’environnement », précise le communiqué.

Une qualité de l’air actuellement jugée « bonne »

D’après les données officielles, l’indice de qualité de l’air (AQI) à Phnom Penh et dans plusieurs provinces était qualifié de « bon » entre dimanche soir et lundi matin. La concentration moyenne de particules s’élevait à 35,03 µg/m³, en dessous du seuil de référence fixé à 50 µg/m³. Dans la capitale, la concentration atteignait environ 11,82 µg/m³, un niveau également considéré comme satisfaisant.

Les zones dites bleues, correspondant à une qualité de l’air « très bonne », concernaient notamment Kampong Chhnang, Kampot, Kampong Thom, Prey Veng, Kampong Speu, Kratie, Preah Sihanouk, Mondolkiri, Svay Rieng et Tbong Khmum. Les zones vertes, où l’air est jugé « bon », incluaient Battambang, Kampong Cham, Koh Kong, Phnom Penh, Preah Vihear, Pursat, Ratanakiri, Stung Treng, Kep, Pailin et Oddar Meanchey.

Un contraste avec la situation de l’an dernier

Cette situation contraste fortement avec celle de l’année précédente, lorsque Phnom Penh avait été classée « deuxième ville la plus polluée au monde » par la société suisse IQAir, avec un indice AQI de 191 et une concentration de particules atteignant 125 µg/m³, des niveaux alors jugés « malsains ».

Un manque de coordination pointé par les chercheurs

Pour l’Institut de Technologie du Cambodge, le professeur associé Or Chanmoly, rattaché au centre de recherche et d’innovation, estime que les responsabilités ministérielles restent trop cloisonnées, ce qui nuit à l’efficacité des mesures mises en œuvre.

« Comme on peut le constater, les instructions gouvernementales n’ont pas été efficaces pour atteindre les agriculteurs à la base, car les responsabilités de chaque ministère semblent limitées », explique-t-il.

« Le ministère de l’Environnement est chargé de la qualité de l’air, tandis que le ministère de l’Agriculture supervise la foresterie et la production rizicole. Or, le brûlage de la paille de riz, lié aux pratiques agricoles, a un impact direct sur la qualité de l’air », poursuit-il, soulignant « un fossé entre les deux ministères qui conduit à des mesures inefficaces ».

Selon lui, la qualité de l’air se dégrade d’année en année en raison du brûlage des déchets, des incendies de forêt et des émissions du secteur industriel.

Des incendies récurrents en saison sèche

À Mondolkiri, le directeur adjoint provincial de l’environnement, Din Bounthoeun, indique que les incendies de forêt surviennent chaque saison sèche, en particulier le long des routes. Ils sont majoritairement dus à des activités humaines, comme des mégots de cigarette jetés négligemment ou des brûlages à ciel ouvert, y compris dans des zones protégées.

« Nous n’avons pas encore pu évaluer les dégâts, car les incendies se sont produits dans des zones isolées », précise-t-il. « Les feux ont endommagé de jeunes arbres et la faune, perturbé les écosystèmes et aggravé la pollution de l’air liée au brûlage des forêts et des déchets ».

Les services provinciaux travaillent en étroite collaboration avec les autorités concernées, notamment la police, afin de mobiliser des camions de pompiers et d’intervenir rapidement. Les autorités ont également rappelé de manière stricte aux particuliers et aux entreprises l’interdiction de brûler des déchets à l’air libre.

Le porte-parole du ministère de l’Environnement, Kvay Athiya, n’a pas pu être joint pour commenter ces informations.


KHUON Narim

Publié avec l’aimable autorisation de CamboJA News, qui nous permet d’offrir cet article à un lectorat francophone.

 

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