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Umami : manger à petit prix à Phnom Penh

Depuis juin, à Phnom Penh, l’application Umami, lancée par Laurine Chateau et Steven Quach, permet d’acheter à prix réduit les invendus des restaurants et commerces cambodgiens afin de lutter contre le gaspillage alimentaire.

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Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 20 août 2026

Vous l’avez peut-être remarqué : depuis le mois de juin, une application propose des repas à moindre coût à Phnom Penh. L’application cambodgienne Umami permet d’acheter des produits invendus de restaurants, de boulangeries et de commerces alimentaires à des prix avantageux.

Lancée par Laurine Chateau, française, et Steven Quach, franco-khmer, Umami aide les établissements à vendre leurs produits invendus plutôt que de les jeter. Les réductions peuvent atteindre jusqu’à 80 %, offrant ainsi aux utilisateurs la possibilité de réduire leur budget alimentaire tout en découvrant de nouveaux commerces.

Le projet s’inspire de l’application Too Good To Go, que Laurine Chateau utilisait lorsqu’elle vivait en France et au Royaume-Uni. À son arrivée au Cambodge, elle a constaté qu’aucun service similaire n’était encore proposé.

« J’ai donc regardé si des projets similaires existaient déjà », raconte Laurine Chateau.

Quelques initiatives avaient déjà vu le jour dans le Royaume, mais leur développement était resté limité. Laurine et Steven ont donc décidé de lancer leur propre solution. Pour mieux comprendre les besoins du secteur, ils ont rencontré des restaurateurs et des professionnels de l’hôtellerie.

Avec l’inflation, le coût du gaz et de l’électricité, le pouvoir d’achat de nombreux clients diminuait.

« Les restaurants doivent augmenter leurs prix alors que les salaires ne suivent pas forcément. Nous nous sommes demandé ce que cela représentait pour la majorité des Cambodgiens », explique Laurine Chateau.

Umami repose ainsi sur un double objectif : aider les restaurants à limiter leurs pertes et permettre aux consommateurs d’acheter certains produits à un prix plus abordable.

Le nom de l’application fait référence à l’une des cinq saveurs reconnues. « L’umami est une saveur difficile à décrire, mais dont on se souvient. Nous voulions aussi changer l’image des invendus, afin qu’ils ne soient pas considérés comme des déchets », précise Laurine Chateau.

Des restaurateurs et des consommateurs rapidement convaincus au Cambodge

Les restaurateurs ont rapidement compris l’intérêt du dispositif. La plupart utilisaient déjà des plateformes numériques comme Grab ou Foodpanda. Ajouter leurs invendus sur une nouvelle application ne modifie donc pas leurs habitudes.

La réaction des consommateurs préoccupait davantage l’équipe. Au Cambodge, les invendus peuvent parfois être associés à une qualité moindre ou à un risque pour la santé.

« Quand on explique bien le concept, les gens comprennent qu’un produit reste le même, qu’il soit vendu au prix normal ou avec une réduction », souligne Laurine Chateau.

L’application compte déjà plus de 4 000 clients et une vingtaine de commerces partenaires en phase pilote. Les premiers utilisateurs sont principalement des étudiants et de jeunes salariés cambodgiens. Pour eux, Umami rend plus accessibles certains cafés et restaurants habituellement trop chers.

« Beaucoup d’étudiants aimeraient découvrir les nouveaux cafés à la mode, mais ils ne peuvent pas toujours se permettre d’y commander plusieurs plats. Nous voulons leur permettre de se faire plaisir plus facilement », explique la cofondatrice.

Les rabais peuvent atteindre 80 %, ce qui permet aux utilisateurs de découvrir des établissements parfois trop chers pour leur budget habituel, tout en réalisant des économies.

Laurine Chateau, de Quimper à Phnom Penh

Laurine Chateau vit au Cambodge depuis un peu plus de quatre ans. Rien ne la destinait toutefois à s’y installer.

Pendant ses études de commerce, elle s’est spécialisée dans les marchés asiatiques, notamment au Japon. Lorsque le Covid se propage, les frontières japonaises ont été fermées. Son établissement lui propose alors une expérience dans un nouveau pays partenaire : le Cambodge.

« Je ne connaissais presque rien du Cambodge. Je savais à peine le situer sur une carte. Je suis arrivée sans vraiment savoir à quoi m’attendre », se souvient-elle.

Elle devait initialement rester trois mois. La découverte du pays l’a poussée finalement à prolonger son séjour, avant son départ au Japon pour obtenir un master.

Après ses études, Laurine Chateau est revenue s’installer au Cambodge. Elle a commencé par travailler à distance dans le conseil en développement commercial pour des clients situés en France et dans d’autres pays. Ses expériences professionnelles l’ont conduite ensuite vers l’indépendance, puis vers la création d’entreprise.

« La théorie était là. Je voulais maintenant passer à quelque chose de concret », explique Laurine Chateau.

Par l’intermédiaire d’amis, elle a rencontré son associé. Tous deux souhaitaient créer une activité au Cambodge. Après avoir étudié plusieurs idées, ils ont choisi de développer une solution consacrée au gaspillage alimentaire.

L’avenir d’Umami au Cambodge

L’équipe souhaite d’abord étendre Umami à plusieurs quartiers de Phnom Penh, avant de développer le service dans d’autres villes du Cambodge.

« Nous voulons rendre la nourriture accessible au plus grand nombre et aider davantage de commerces à transformer leurs invendus en une nouvelle opportunité », indique Laurine Chateau.

Umami participe aussi aux activités de la French Tech au Cambodge. Cette initiative vise à rapprocher les entreprises françaises de l’écosystème local et à favoriser les collaborations dans les domaines du numérique et de l’innovation.

Comment fonctionne l’application Umami à Phnom Penh ?

L’utilisateur ouvre l’application et découvre les paniers disponibles autour de lui. Il peut effectuer une recherche par catégorie, comme les boulangeries, les sandwichs ou la cuisine japonaise, ou consulter les commerces partenaires sur une carte.

Les offres prennent la forme de paniers surprises. Le client connaît le type de repas proposé, mais pas son contenu exact. Un restaurant peut proposer un plat accompagné d’une boisson ou d’un dessert.

Le contenu dépend des produits restants à la fin de la journée. Le client réserve son panier directement sur l’application, puis le récupère dans le commerce durant le créneau indiqué.

Le paiement s’effectue pour l’instant avec ABA. Umami travaille à l’ajout du paiement par carte et d’un service de livraison.

L’application permet également de signaler une allergie ou des restrictions alimentaires, de suivre les économies réalisées et d’estimer la quantité de déchets évitée grâce aux commandes.

L'application UMAMI est disponible sur App Store et Android 

Ecrit par Ludivine Nicolas

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