Les 5 et 6 septembre, Siem Reap a accueilli son premier festival de graffiti. Organisé par CREATIF CIC, l’événement a réuni des artistes cambodgiens et internationaux autour d’une fresque collective et d’ateliers destinés aux jeunes. Resté vide durant plusieurs années, un mur de Siem Reap accueille désormais la plus vaste fresque collective de la ville. Le projet a aussi permis à de jeunes Cambodgiens de recevoir une première initiation au graffiti auprès de Nate « Sloke One », artiste reconnu internationalement.


Un premier festival de graffiti à Siem Reap
CREATIF CIC décrit l’événement comme « un rendez-vous inédit pour Siem Reap ». Le programme comprenait deux journées de performances artistiques et d’ateliers ouverts au public. Pour les organisateurs, cet événement a connu un succès immédiat : « Plus de 100 personnes se sont déplacées dès le premier jour. »
L’initiative avait plusieurs objectifs : réunir des artistes venus du Cambodge et de l’étranger, renforcer la visibilité du graffiti à Siem Reap et permettre aux jeunes habitants d’accéder directement à l’apprentissage de cette pratique artistique.
Une fresque collective inspirée par la culture cambodgienne
La réalisation principale a été menée par Nate « Sloke One », artiste originaire d’Austin, aux États-Unis. Il a été rejoint par trois artistes cambodgiens : Phnom 1of1, Candy Skulls et K7 Fonts, venus de Phnom Penh pour présenter leurs styles à Siem Reap.
« Ils ont transformé un mur vierge en galerie à ciel ouvert », selon CREATIF CIC.
L’œuvre constitue la plus importante réalisation de graffiti en une seule fois réalisée dans la ville. Le lettrage de Sloke One forme le nom « Siem Reap ». À ses côtés, K7 Fonts a réalisé une version du nom en écriture khmère.
D’autres créations s’inspirent directement de la culture cambodgienne. Phnom 1of1 a travaillé à partir d’une statue traditionnelle, tandis que Théo Vallier a proposé une interprétation contemporaine du patrimoine khmer. Pour les artistes de graffiti cambodgiens, l’événement était une vitrine importante leur permettant d’acquérir plus de visibilité et de légitimité dans le pays.
« Le résultat dépasse le cadre d’une simple fresque murale », souligne le texte de présentation.
Le développement de la scène graffiti cambodgienne
La scène du graffiti au Cambodge demeure limitée, mais elle progresse par son niveau artistique et sa reconnaissance. Une partie de cette évolution repose sur le travail d’artistes comme Théo Vallier, installé et actif au Cambodge depuis 2007.
Son projet le plus récent, Studio 350, vise à créer une plateforme permanente pour les artistes cambodgiens dans laquelle ces derniers peuvent être vus et accompagnés selon leurs propres orientations.

Atelier collectif apprendre le graffiti à Kampu Hoops
Le festival de Siem Reap s’inscrit dans cette dynamique et donne à la ville une place au sein d’un mouvement artistique cambodgien en développement depuis plusieurs années.
Une rencontre à l’origine du projet
Le projet est né d’une rencontre fortuite. Daniel, fondateur de CREATIF CIC et amateur de longue date de graffiti, a aperçu Nate « Sloke One » en train de peindre à Siem Reap.
Dans une ville où cette forme d’expression artistique apparaît encore rarement dans l’espace public, la scène a retenu son attention. Une discussion a suivi, puis l’idée d’organiser un événement complet a rapidement pris forme.
L’organisation précise que la réalisation a été rendue possible grâce au soutien de Montana Colors, qui a fourni la peinture pour les deux journées. Le bureau du gouverneur de Siem Reap a également soutenu l’initiative et autorisé la transformation du mur en galerie publique permanente.
Le soutien des autorités de Siem Reap
Le résultat dépasse le cadre d’une simple fresque murale. Yun Linneh, vice-gouverneur du conseil des gouverneurs provinciaux de Siem Reap, a salué un projet qui rapproche les scènes artistiques cambodgienne et américaine :
« Siem Reap a toujours été un lieu de rencontre des cultures et de renouvellement de la créativité. Ce projet a réuni un artiste qui a marqué la scène graffiti d’Austin avec plusieurs talents majeurs de Phnom Penh. Ensemble, ils ont créé une œuvre qui appartient à ces deux villes à la fois. »

Nate « Sloke One »
Le vice-gouverneur a aussi souligné l’importance de la transmission aux nouvelles générations. L’art urbain offre aux jeunes un espace d’expression et contribue à faire évoluer l’image de Siem Reap :
« Ce type d’art donne à nos jeunes la possibilité de s’exprimer et montre au monde que Siem Reap n’est pas seulement une ville de temples, mais aussi une ville ouverte aux idées nouvelles. Je suis fier de soutenir les espaces où de tels échanges peuvent avoir lieu. »
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