Face à la hausse du coût de la vie, les syndicats cambodgiens demandent une revalorisation du salaire minimum dans l’habillement.


Sept syndicats réclament un salaire minimum mensuel de 250,66 dollars en 2027 pour les travailleurs du secteur de l’habillement, des articles de voyage et de la chaussure. Ils estiment que le salaire actuel de 210 dollars ne permet pas de couvrir suffisamment la hausse du coût de la vie et les dépenses des ménages.
Yang Sophorn, présidente de l’Alliance cambodgienne des syndicats, a déclaré lors d’une conférence de presse commune dimanche que les syndicats avaient proposé la somme de 250,66 dollars comme base de négociation au Conseil national du salaire minimum.
Cette proposition repose sur les besoins essentiels des travailleurs et sur les difficultés auxquels ils sont confrontés, notamment le coût de l’alimentation, des services essentiels et des transports, ainsi que les remboursements de dettes, les frais de scolarité des enfants et les dépenses de santé.
« Comment un salaire de base de seulement 210 dollars peut-il permettre aux travailleurs de vivre mieux ? » a-t-elle déclaré. « D’autant que les besoins essentiels de leur ménage coûtent déjà plus de 500 dollars. »
Le coût de la vie pousse les ouvriers aux heures supplémentaires
Yang Sophorn a ajouté que les travailleurs rencontraient de grandes difficultés et étaient contraints de faire des heures supplémentaires afin d’obtenir un revenu complémentaire pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils prennent parfois les postes d’autres travailleurs afin de s’assurer de disposer de revenus suffisants pour couvrir les dépenses du foyer.
« Ils font face à la hausse du coût de la vie en travaillant davantage. La question est de savoir si les travailleurs doivent réellement travailler plus de huit heures pour subvenir aux besoins de leur famille », a-t-elle déclaré.
Ry Sithyneth, président de la Fédération des syndicats indépendants, a indiqué que des syndicats indépendants avaient été créés dans 28 usines, avec la participation d’environ 422 travailleurs à l’enquête sur la consommation.
Il espère que les négociations salariales pour 2027 connaîtront une amélioration, notamment parce que le Cambodge doit organiser des élections des conseils communaux l’année prochaine. Le gouvernement devrait ainsi, selon lui, prendre davantage en considération les préoccupations des travailleurs.
« Comme les élections des conseils communaux auront lieu l’année prochaine, nous remettrons demain une lettre au ministère du Travail afin de demander un salaire minimum de 250,66 dollars en 2027 », a-t-il déclaré.
Au Cambodge, les familles ouvrières peinent à faire face aux dépenses
Khut Sokha, représentante des travailleurs, a déclaré que les prix sur les marchés avaient fortement augmenté, tandis que les coûts de l’eau et de l’électricité avaient également progressé. Elle a trois enfants toujours scolarisés, qui dépendent des revenus de son foyer.
Lorsque ses enfants tombent malades, elle doit payer leurs soins médicaux. Elle est alors contrainte d’emprunter auprès des banques, car ses dépenses dépassent ses revenus, a-t-elle expliqué.
« Mon salaire de base est seulement de 210 dollars. Même lorsque je fais des heures supplémentaires, je ne gagne qu’un petit complément. C’est extrêmement difficile et je dois limiter mes dépenses », a-t-elle déclaré.
« J’espère donc que le gouvernement prendra en considération la proposition de 250,66 dollars. Cette somme ne rendra pas les travailleurs riches ; elle leur procurera simplement un revenu plus décent que le salaire de 210 dollars. »
Hun Sen compare les salaires du Cambodge à ceux de plusieurs pays
Auparavant, le président du Sénat, Hun Sen, avait publié sur sa page Facebook un message indiquant que le salaire minimum global au Cambodge était supérieur à celui du Vietnam, de l’Inde, du Pakistan, du Sri Lanka, du Myanmar, du Bangladesh et du Laos.
Yang Sophorn a reconnu que les salaires avaient progressivement augmenté, mais elle s’est demandé s’ils avaient réellement suivi le rythme de l’inflation. Elle a indiqué que l’inflation prévue s’élevait à 2,6 % l’année dernière, mais qu’elle avait atteint 3,8 % cette année, ce qui représente un écart de 1,7 point de pourcentage par rapport à la progression du salaire minimum.
Les négociations salariales doivent soutenir le secteur textile
Le ministre du Travail, Heng Sour, a déclaré que les négociations salariales, organisées le 1er septembre, n’avaient pas pour objectif d’entraîner des « conséquences négatives » pour une partie ou un secteur quelconque. Elles doivent toutefois permettre au secteur de poursuivre son développement tout en profitant à l’ensemble des parties concernées.
Moeun Tola, directeur exécutif de CENTRAL, a déclaré que la comparaison des salaires du Cambodge avec ceux du Sri Lanka et du Pakistan nécessitait une « vision plus complète », prenant notamment en compte le pouvoir d’achat et la capacité des travailleurs à épargner.
« Une comparaison équitable des salaires dans la région devrait prendre en compte simultanément le coût de la vie, la stabilité des revenus et les systèmes de protection sociale, ainsi que les montants des salaires, au lieu de se limiter aux chiffres », a-t-il déclaré.
Les droits de douane américains sur les exportations cambodgiennes abaissés à 19 %
Le taux des droits de douane appliqués aux exportations cambodgiennes vers le marché américain a été ramené à 19 %, après que le pays avait été confronté à la perspective d’un taux de 49 %, puis de 36 %.
L’incertitude liée aux droits de douane a conduit à des négociations visant à réduire ce taux, afin de rendre les exportations cambodgiennes plus compétitives face à celles des autres pays de la région.
Sovann Sreypich
Avec l'aimable autorisation de CamboJA News, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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