Après dix ans d’interruption, le Cambodge et les États-Unis prévoient de reprendre leurs exercices militaires conjoints en 2027, dans le cadre d’un rapprochement progressif en matière de défense.


Le Cambodge et les États-Unis devraient reprendre leurs exercices militaires conjoints en 2027, après une interruption de dix ans. L’annonce a été faite le 14 août à Phnom Penh par le Premier ministre cambodgien Hun Manet, à l’issue d’une rencontre avec Elbridge Colby, haut responsable américain de la défense.
Les deux pays avaient organisé des exercices communs pendant sept ans avant leur suspension au début de 2017. Cette décision était intervenue quelques mois après le lancement des premiers exercices militaires conjoints entre le Cambodge et la Chine.
Selon Hun Manet, cette reprise doit servir de « pont pour construire une amitié étroite entre les armées des deux pays ».
Angkor Sentinel et l’exercice maritime CARAT
La rencontre a également porté sur les préparatifs de l’exercice militaire Angkor Sentinel, prévu en 2027. Le Premier ministre cambodgien a salué les initiatives destinées à renforcer les capacités des forces armées du pays.
Les exercices et les formations conjoints doivent, selon lui, contribuer à améliorer les compétences militaires tout en favorisant des relations plus étroites entre les deux armées.
Les deux pays prévoient également de relancer l’exercice maritime Cooperation Afloat Readiness and Training, connu sous l’acronyme CARAT. Cette coopération vise notamment à renforcer la sécurité maritime dans la région indo-pacifique.
La visite d’Elbridge Colby est intervenue quelques jours après celle de l’amiral Steve Koehler, commandant de la flotte américaine du Pacifique, au Cambodge les 6 et 7 août.
Washington veut renforcer ses relations de défense avec Phnom Penh
Au cours de son entretien avec Hun Manet, Elbridge Colby a souligné les progrès réalisés dans les relations bilatérales, en particulier dans le domaine de la défense. Il a réaffirmé la volonté des États-Unis de développer une coopération fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et des intérêts communs.
Le responsable américain a également qualifié le Cambodge de partenaire important pour Washington. Lors d’un échange avec des journalistes, il a déclaré que les États-Unis souhaitaient « travailler à l’élargissement du partenariat avec le Cambodge en matière de défense ».
Il a précisé que cette coopération devait s’inscrire dans une démarche « pragmatique », destinée à « aider le Cambodge à protéger son intégrité territoriale et sa souveraineté ».
L’équilibre entre Pékin et Washington
Cette reprise intervient alors que le Cambodge entretient des liens étroits avec la Chine, devenue l’un de ses principaux partenaires économiques et militaires. Phnom Penh et Pékin ont organisé en 2025 leurs plus importants exercices conjoints, avec notamment des pièces d’artillerie, des navires de guerre et des chiens-robots de combat chinois.
Les États-Unis suivent par ailleurs avec attention la rénovation de la base navale de Ream, sur la côte sud du Cambodge. Les travaux sont financés par la Chine, ce qui alimente les inquiétudes américaines quant à une éventuelle présence militaire chinoise durable dans cette installation stratégique.
Washington rappelle que la base avait été partiellement construite à l’origine avec des fonds américains. Les autorités cambodgiennes affirment cependant qu’elle n’est destinée à aucune puissance étrangère en particulier. Un navire de guerre américain y a fait escale en janvier.
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