Malgré des avancées, les femmes restent sous-représentées dans les filières scientifiques au Cambodge. Entre normes sociales et obstacles professionnels, des solutions émergent.


Au Cambodge, les femmes demeurent minoritaires dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques. Malgré une progression de leur accès à l’enseignement supérieur, leur présence reste faible, en particulier dans les secteurs techniques comme l’ingénierie ou les technologies de l’information.
Les choix d’orientation s’expliquent par plusieurs facteurs : réputation des établissements, perspectives professionnelles, mais aussi poids persistant des normes sociales.
Des écarts qui se creusent sur le marché de l’emploi
Les disparités se renforcent au moment de l’insertion professionnelle. Les hommes occupent majoritairement les postes techniques, ainsi que les fonctions à responsabilité dans les filières scientifiques.
Les femmes se heurtent à plusieurs obstacles : accès restreint aux réseaux professionnels, manque d’accompagnement et difficultés d’évolution de carrière. À cela s’ajoute un écart de rémunération notable, estimé à environ 25 % en défaveur des femmes.
Pour en savoir plus : Le salaire des femmes inférieur de 19% à celui des hommes
Le rôle déterminant des normes sociales et familiales
Selon un rapport de Asian Development Bank, les femmes mariées consacrent en moyenne 4,5 heures par jour aux tâches domestiques et au soin, contre 2,2 heures pour les hommes mariés. Cet écart a un impact direct sur leurs opportunités professionnelles, réduisant leur capacité à s’engager pleinement dans les carrières STEM et à y progresser.
Les attentes culturelles et les stéréotypes de genre continuent d’influencer les trajectoires professionnelles, limitant l’accès des femmes aux filières scientifiques.
Des freins structurels persistants
Au-delà des normes sociales, l’environnement professionnel constitue également un obstacle. Certains secteurs sont perçus comme physiquement contraignants ou insuffisamment sûrs, ce qui peut dissuader les candidates.
Les discriminations à l’embauche et à la promotion, ainsi que le manque de figures féminines de référence, contribuent à maintenir ces déséquilibres.
Des leviers identifiés pour favoriser l’inclusion
Plusieurs pistes sont avancées pour améliorer la place des femmes dans les filières scientifiques. Parmi elles figurent la mise en place d’horaires flexibles, le développement du télétravail et l’adoption de politiques d’entreprise intégrant la dimension de genre.
Le renforcement des réseaux professionnels et des dispositifs de mentorat apparaît également essentiel pour soutenir les parcours féminins.
Agir dès l’éducation pour transformer durablement la situation
Les recommandations insistent sur l’importance d’intervenir dès le plus jeune âge. Encourager les filles, notamment en zones rurales, à s’orienter vers les filières scientifiques constitue un levier clé.
La valorisation de modèles féminins, l’adaptation des pratiques pédagogiques et la mise en place de campagnes de sensibilisation sont autant d’outils pour faire évoluer les mentalités et réduire les stéréotypes.
Un enjeu stratégique pour le développement du pays
La réduction des inégalités de genre dans les filières scientifiques dépasse la seule question de l’équité. Elle représente un enjeu majeur pour soutenir une croissance économique inclusive et durable au Cambodge.
Dans cette perspective, la mobilisation conjointe des institutions, des entreprises et du système éducatif apparaît déterminante pour faire évoluer la situation de manière durable.
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