À 18 ans, la princesse Amrita Norodom s’impose comme une jeune figure de l’équitation cambodgienne. Membre de l’équipe nationale, elle partage son quotidien entre entraînements et études.


Amrita Norodom a découvert l’équitation dès l’enfance, en France.
« J’ai commencé à l’âge de cinq ans. J’avais vu des chevaux dans un pré et j’ai eu envie de pratiquer l’équitation. »
Après son installation au Cambodge deux ans plus tard, en 2015, sa pratique devient plus sérieuse. Elle s’entraîne davantage et entre en compétition.
En 2019, avec 3 coéquipiers, elle a représenté le Cambodge au Mondial des Clubs organisé par la Fédération Française d’Équitation, à l’occasion du Generali Open de France, à Lamotte-Beuvron. Cette épreuve marque une première expérience à l’international.
Depuis, elle a intégré l’équipe nationale cambodgienne et enchaîne les concours en Asie : Malaisie, Thaïlande, Chine, Taïwan, Hong Kong, mais aussi en France, où elle s’entraîne l’été.
Au début de cette année, elle a été sélectionnée parmi une quarantaine de jeunes cavaliers issus de 19 pays pour intégrer l’Asia-Pacific Rising Star Academy de la Fédération Équestre Internationale (FEI), un programme réservé aux 11 meilleurs athlètes âgés de 18 à 21 ans de la région Asie-Pacifique.
Concilier scolarité et sport de haut niveau au Cambodge
Après avoir obtenu son Level A à l’École Française Internationale de Phnom Penh (EFI), grâce à un emploi du temps aménagé, elle intégrera à la rentrée le bachelor multidisciplinaire HEPTA destiné aux jeunes athlètes de haut niveau, dispensé par l’ESSEC, Sciences-Po Paris et CentraleSupélec, qui offrira un emploi du temps aménagé en fonction de son calendrier sportif. Ce format lui permettra de poursuivre son entraînement quotidien et de participer aux compétitions déjà prévues en 2026.
Son objectif est fixé. Elle vise les Jeux d’Asie du Sud-Est de septembre 2027, en Malaisie. Une échéance qui nécessite une préparation sur le long terme.
Son rythme est soutenu. Elle monte plusieurs chevaux chaque jour.
Au sein de l’équipe nationale, « Chaque cavalier a un piquet de chevaux qu’il entraîne. »
Ce système permet de varier le travail et d’anticiper les imprévus, notamment les blessures.
Les contraintes équestres spécifiques à l’Asie
Compte tenu des distances qui séparent un pays d’un autre en Asie, les compétitions imposent des conditions particulières. Les cavaliers ne voyagent pas toujours avec leurs chevaux et doivent concourir sur des montures prêtées.
« Nous devons tirer au sort un cheval que nous avons vingt minutes pour monter. Le lendemain, nous devons concourir avec. »
Cet exercice est particulièrement difficile, car il exige une forte capacité d’adaptation, tout en rappelant les limites de l’exercice, s’agissant d’un sport qui se pratique en couple avec un cheval pour qui la relation de confiance avec son cavalier est déterminante pour qu’il performe.
À l’inverse, lors des grandes échéances comme les Jeux d’Asie du Sud-Est, les cavaliers concourent avec leurs propres montures, dans le respect de protocoles sanitaires spécifiques.
La relation entre le cavalier et le cheval
Au-delà de la compétition, la relation avec le cheval occupe une place centrale dans sa pratique.
« La connexion ne se crée pas uniquement en montant, mais en passant du temps avec le cheval. »
Elle consacre une partie importante de son temps aux soins de ses chevaux. Ce travail en dehors des séances est essentiel pour instaurer la confiance et la complicité entre eux.
Le développement de l’équitation au Cambodge
Au Cambodge, l’équitation se développe progressivement. De nouveaux centres équestres apparaissent et le nombre de pratiquants cambodgiens augmente.
Pour la première fois de son histoire, en novembre 2025, le Cambodge a organisé une compétition internationale sous l’égide de la FEI. D’autres sont prévues en 2026. Le développement repose encore sur plusieurs enjeux : amélioration des infrastructures, accès aux compétitions et visibilité du sport.
Le parcours d’Amrita Norodom s’inscrit dans une dynamique plus large. Celle d’un sport encore en développement au Cambodge, porté par une nouvelle génération de cavaliers, dont le niveau n’a rien à envier à celui de leurs homologues asiatiques évoluant dans des pays où les sports équestres sont bien plus avancés.
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